Unspoken VF : Astonishing X-Men – Xénogenèse

AXMxenogenesis

Crédits : 

Scénario : Warren Ellis

Dessin : Kaare Andrews

Editeur VF : Panini Comics

AXMxenogenesisLa série : A la suite de House of M le gêne X a presque disparu de la planète, alors quand des bébés manifestent des pouvoirs dans un petit village africain, les X-Men vont enquêter pour connaître le fin mot de l’histoire.

Avis : Après deux arcs sur la série Astonishing X-Men, qui ne resteront pas dans les mémoires comme le meilleur boulot de Warren Ellis, le scénariste a eu droit une à prolongation pour un arc supplémentaire par le biais d’une mini-série. Encore une fois cela ne restera pas comme un boulot mémorable, mais le choix de Panini de publier cet arc en recueil améliore beaucoup les choses. Et oui encore une fois l’écriture Trade à frapper !

Scénario : mais qu’est ce que l’écriture trade ? c’est simple, c’est un style narratif qui s’est développé en même temps que le marché des recueils explosait aux USA, en gros + 100 % en 10 ans. Ce style emprunte beaucoup à la narration ciné avec une montée en puissance progressive, le tout s’achevant sur un final explosif. On est bien loin de l’écriture old school où l’on avait droit à du développement de personnages, des relations, et de la baston presque obligatoirement dans chaque épisode. Cela en devenait presque comique quand pour donner un peu d’énergie à un épisode, on inventait une rencontre prétexte avec un gros dur (en général Juggernaut) pour avoir au moins quelques pages de baston.

Même si cette écriture a permis de renouveler la narration des comics, à mon avis on arrive aujourd’hui au bout de cette mode, et je pense qu’une narration plus condensée serait plus adaptée. En somme il va falloir que les scénaristes se remettent en cause, tout comme leurs éditeurs.

Du côté de l’histoire, on ne peut pas dire que Ellis apporte de nouveaux éléments, en fait c’est plutôt le contraire avec ce qu’on pourrait appeler un grand recyclage des concepts qu’il avait intégré dans son run, comme la Ghost Box, les voyages trans-dimensionnels,  et les mutations … exotiques. En outre comme les X-Men se déplacent en Afrique, il se permet un petit laïus sur l’ignorance des occidentaux en général sur le continent Africain. Même Wolverine y va de son petit « les dirigeants africains sont tous des cinglés ».

Regardez moi dans les yeux !

A noter aussi que Ellis se fait un petit plaisir en ramenant les Fury, machine à tuer inventées par Alan Moore lors de son run sur Captain Britain, et que l’on avait plus revu depuis un moment sur les X-Men. En fait la dernière fois cela date d’un des retours de Chris Claremont sur Uncanny X-Men (le 2e ou 3e), si ma mémoire est bonne dans les épisodes 444 à 447. Je trouve d’ailleurs étrange que l’on ne les voit pas plus souvent, alors que l’on voit les sentinelles toutes les 5 min, étant donné leur potentiel.

Comme je l’ai écrit le fait de lire cet arc en recueil rend la lecture bien plus agréable, et il est à peu près sûr que si j’avais chroniqué chaque épisode à leur sortie, j’aurai sorti un traditionnel « c’est de la daube » (imaginez Nonö en train de m’imiter là). Si l’on est attentif on voit par exemple qu’il ne se passe rien dans le 1er épisode, qui se contente d’exposer la situation. Le scénariste prend clairement son temps, et aime s’attarder sur les liens entre les personnages, et leurs échanges qui sont bien sentis.

Et oui comme d’habitudes les dialogues sont savoureux, et personnellement j’ai bien retrouvé la personnalité de chacun, là où les lecteurs Marvel ont tendance à reprocher à Ellis de réinterpréter les persos à sa sauce. Emma est particulièrement savoureuse !

Une fois passé les premiers épisodes qui sont un peu mous, l’action est clairement au rendez vous, en gros dès que les Fury entrent en scène. Et ces saletés de machines sont redoutables, demandez à Wolverine ! On verse carrément dans le gore par moment.  Même si la résolution du problème peut sembler « facile », les dernières pages laissent un goût amère dans la bouche, car non Ellis ne choisit pas une fin « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants »…

Dessin : j’ai particulièrement apprécié la partie graphique. Oui je sais Kaare Andrens a tendance à diviser, et certains n’apprécieront pas le trait « exagéré » qu’il a choisi. Au contraire j’ai adoré qu’il exacerbe les caractéristiques physiques de chacun des X-Men. Entre Beast qui ressemble vraiment à une bête, Cyclope et Wolverine qui sont body-buildés, une Storm longiligne et une Emma en bimbo assumée !

En fait dès que comme moi vous adhérez à son style, toutes ses exagérations passent comme une lettre à la poste. Et certaines scènes sont énormes ! La scène du massacre est tout simplement superbe par exemple.

Couverture : là aussi on retrouve le style parodique de Andrews et certaines couvertures sont à hurler de rire !

Note : 7,5/10 – l’histoire respecte les reflexions personnelles de l’auteur, mais il reste à la surface et ne développent pas vraiment. Le dessin est tout simplement génial, c’est dommage qu’on ne voit pas Andrews plus souvent au dessin de pages intérieures.

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