Unspoken : The Walking Dead, l’Ascension du Gouverneur

Au vu du succès du comics et de la série TV, les éditeurs ont proposé à Kirkman d’écrire une trilogie inspirée du comics originel. Ce premier tome intitulé Rise of the Governor (L’Ascension du Gouverneur) est paru aux États-Unis en octobre 2011 et en France en mars 2012. Il a été écrit par Jay Bonansinga sur la base des indications données par Kirkman et se penche sur le personnage du gouverneur.

Ce livre nous donne un nouveau point de vue sur l’aventure Walking Dead. De nouveaux personnages, de nouveaux lieux… une autre histoire ? Et non, puisque les membres de l’équipe que l’on suit ici seront amenés – pour certains – à rencontrer les héros de la série. On suit donc les aventures d’un petit groupe composé de deux frères, Brian et Philip Blake, Penny, la fille de Philip, Bobby Marsh et Nick Parsons, deux amis d’enfance de Philip… encore lui, tout de suite, on sait que ce personnage tiendra le rôle central. Ils se sont réunis un peu par hasard suite à l’irruption des premiers morts vivants dans leur quotidien. L’histoire se situe au tout début de la pandémie – pendant le coma de Rick donc – et les personnages sont totalement dépassés par les évènements, incrédules et perdus.

Philip, qui a le caractère le plus fort, prend les choses en main tout de suite et devient le leader par défaut de la bande. Brian, à l’état de santé fragile, a beaucoup de mal à assumer de tuer des êtres qui ont autrefois été humains et se montre faible et lâche. Il se laisse donc mener par son petit frère, tenant le rôle de baby-sitter de sa nièce, Penny. Celle-ci, orpheline de mère, semble s’enfermer dans un état catatonique, elle est hébétée la plupart du temps. Les autres membres du groupe sont deux amis d’enfance de Philip, de solides gaillards prêts à en découdre s’il le faut avec les morts-vivants, même si Nick, profondément croyant, s’interroge sur le sens divin à donner à tout ceci.

On a donc ici une équipe totalement banale, pas de super héros, pas de scientifique de génie ni de pro du maniement des armes, aucun proche du gouvernement… bref, des gens comme nous. Des caractères qui s’accordent plus ou moins pour survivre, avec toutes les dissensions qu’il peut y avoir entre des personnes qui se connaissent depuis longtemps et qui ont conscience des qualités et des défauts de chacun. Peu à peu, sans plan d’action, ils s’installent dans des lieux, essayant de maintenir un semblant de normalité (avant tout pour ménager la petite), s’en font chasser, décident de rallier la ville la plus proche, Atlanta, espérant y trouver un abri sûr, doivent fuir à nouveau. Évidemment, tout va de mal en pis et ils doivent bientôt se rendre à l’évidence que le gouvernement et l’armée les ont abandonnés, qu’ils ne peuvent compter que sur eux. Les rares humains qu’ils croisent se montrent aussi dangereux – sinon plus – que les zombies « les Bouffeurs » comme ils les appellent .

Ce livre explore les difficultés à faire face à des situations extrêmes, quand tout s’écroule autour de soi, quand les valeurs qui permettent à la société de fonctionner s’effondrent. De telles crises font ressortir ce qu’il y a de pire en chacun et les survivants rencontrés ne sont que de nouvelles menaces. Les rencontres avec leurs semblables nous montrent l’impossibilité de créer des relations humaines saines dans de telles circonstances. Peu à peu, nos « héros » basculent dans la folie, l’instinct de survie remplaçant les notions humanistes d’entraide, de compassion, et même d’amour. Les liens d’amitié se distendent. La seule valeur qui semble tenir bon, c’est la famille. Brian refuse de trahir et d’abandonner son frère alors que celui-ci s’enfonce dans la barbarie. La petite Penny tient une place centrale, c’est pour elle qu’ils tentent tous de rester soudés ou de montrer un semblant de cohésion, et surtout qu’ils refusent d’abandonner tout espoir. De sa survie dépend la santé mentale du groupe.

Philip & Penny version série TV

On en est là quand le groupe se retrouve à Woodbury, petite ville où plusieurs survivants se sont regroupés, complètement désorganisés, où règne le chacun pour soi. Un groupe hétéroclite prisonnier du major Gavin, instructeur de survie dans l’armée, qui s’autoproclame chef de la petite communauté et se montre despotique dans ce rôle.

Je ne peux en dire plus sans spoiler. Mais juste une chose, allez-y !

L’ambiance est extraordinairement sombre et flippante. Les zombies sont superbement bien décrits, leur attitude, leurs pas traînants et leurs gémissements, les bruits de mastication quand ils dévorent un être vivant… à faire froid dans le dos. L’ambiance est angoissante, prenante. Les zombies sont partout, tout le temps, mais on finit par y faire abstraction, l’horreur de leur présence devient banale, quotidienne. On rentre vraiment dans la peau des personnages principaux, on comprend leur déchéance et on ne peut pas les juger. Peu à peu, eux non plus ne sont plus vraiment humains mais tous tentent de se raccrocher aux valeurs profondes qui les caractérisent, l’amour d’un père, le respect d’un frère, la foi en Dieu.

Une lecture indispensable pour tous les fans de l‘univers Walking Dead, et le tome 2 est sorti en octobre sous le titre La route de Woodbury… à suivre !

A propos NightRunner 15 Articles
Liseuse de livres sans images fraîchement convertie aux comics, je vous propose des critiques de romans en rapport avec cet univers ainsi que des interviews d'artistes français. Suivez moi !

2 Comments

  1. J’ai le livre à la maison mais n’ayant toujours pas commencé le comic je me le réserve pour plus tard. Par contre ma femme elle la lu et ça a l’air de lui avoir plu.

    En fait le seul truc que j’ai commencé pour le moment c’est le jeu vidéo qui lui aussi est vraiment bien. 

  2. Je n’ai pas lu le comics encore et je n’en suis qu’à la saison 2 de la série. Mais je pense que tu peux y aller, sans problème. Il n’y a pas d’interférences avec les héros principaux, pas de spoil. Cela apporte juste un éclairage sur le perso du Gouverneur (qui n’apparaît qu’à partir du tome 5 du comics et dans la saison 3 je crois). Et en plus, il se lit vraiment très facilement, l’atmosphère est prenante, il se dévore même (ahaha, jeu de mot pourri pour une histoire de zombies !)

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