Ventes US – Janvier 2011

Après une fin d’année morose, c’est vers la dépression que se dirigent les éditeurs de comics, avec une baisse des ventes de 25% tant pour les singles que pour les TPB. Dans cet article, je vais donc tenter d’expliquer l’origine d’une chute qui est une première depuis presque 14 ans.

Tout d’abord, la baisse était prévisible, en effet le mois de janvier est traditionnellement un mois assez plat en terme de vente, la plupart des ménages américains ont dépensé le gros de leur revenus au moment des fêtes de Noël et du Nouvel An, et du coup, tirent un peu la langue en janvier.

Signalons ensuite l’absence de gros crossovers cette année pour tirer les ventes. L’année dernière, le marché voyait s’affronter Blackest Night chez DC et Siege chez Marvel, le tout accompagné d’une floppée de titres annexes. Cette année, le seul événement notable est la sortie des Fantastic Four #587 qui contient la mort d’un des membres de l’équipe, du coup c’est assez logiquement que ce titre arrive en tête des ventes du mois.

Il faut également noter des événements conjoncturels, le temps qui a été particulièrement médiocre sur la côte Est des Etats-Unis, où sont concentrés une grande part des comic shops encore existants. Les points de ventes étant difficilement accessibles, certains ont préféré fermer boutique face à la neige… De plus, il ne faut pas oublier que Marvel et DC ont concentré leurs grosses sorties sur la fin du mois, du coup nombre de ventes se sont faites en février, les gens préférant attendre.

Singles

Marvel reprend la tête

Après plusieurs mois, au cours desquels Marvel avait vu DC lui grignoter des parts de marché pour finalement faire jeu égal, la maison d’édition semble avoir repris le dessus en ce début d’année. Je dis semble, car en vérité, Marvel subit la baisse des ventes comme tout le monde et ne revient à 39% de parts de marché uniquement que par un effet mécanique.

Une bonne nouvelle tout de même le score des Fantastic Four #587, qui avec 115 000ex, établit les meilleures ventes du marché depuis 6 mois, dernière date à laquelle un titre a dépassé la barre des 100 000ex vendus. Mais c’est un peu l’arbre qui cache la forêt, tant les autres titres restent à la traîne : les titres Avengers passent sous la barre des 65 000ex, Uncanny X-Men continue de perdre des lecteurs, les ventes de Amazing Spider-Man fluctuent entre 52 et 54 000ex, rien de bien glorieux lorsque l’on sait que le titre vendait trois fois plus il y à peine 4 ans.

Les nouvelles ne sont tout de même pas toutes mauvaises, en effet le bon score des Fantastic Four et le prochain relaunch pourraient attirer l’attention des lecteurs sur un titre qui depuis des années n’est plus un gros vendeur. Même chez les X-Men il y a de l’espoir puisque l’on constate la remontée du titre grâce au commencement d’un nouvel arc et l’arrivée de Chris Bachalo au dessin, l’épisode en question étant en plus bien meilleur que l’arc Curse of the Mutants, certains lecteurs auront ainsi peut être envie de continuer.

La baisse de DC

Après des mois conquérants, DC repart à la baisse, non en raison d’un regain d’affection pour Marvel, mais tout simplement parce que ses titres les plus vendeurs : Batman Inc, Green Lantern, Dark Knight et Flash sont absents ce mois-ci. A eux seuls, ces titres représentent plus de 300 000 ventes, l’édifice DC est donc fragile, puisqu’il repose seulement sur un poignée de séries.

Le retour de ces titres dans les mois à venir assurera probablement un remontée de la maison d’édition. 2011 est sans doute l’année où DC a le plus de chance de dépasser Marvel, entre Green Lantern War et Flashpoint, elle a de sérieux arguments pour s’imposer . Par le passé, Geoff Johns a prouvé qu’il savait manoeuvrer ces grands évents, en n’oubliant pas la qualité.

De manière globale, DC subit malgré tout la baisse générale des ventes, puisque en ce mois de janvier, des titres comme Brightest Day qui étaient très stables autour de 80 000ex baissent de plus de 10%.

Le retour de Image au 3e rang des éditeurs

Voilà un nouvelle qui fait plaisir, Image est redevenu le 3e éditeur du marché ce mois-ci. Tout d’abord grâce au succès de Spawn #200, qui arrive à la 4e place du classement avec 65 000ex, des chiffres que le titre n’avait pas connu depuis des années. Il faut dire que McFarlane n’a pas lésiné avec 10 couvertures variantes, à cela s’ajoute l’effet anniversaire et le changement d’équipe créative, sans oublier l’attente, puisque le titre a connu plusieurs retards. Malheureusement, l’épisode suivant chute lourdement en passant à la 82e place et revient à son niveau habituel de vente.

L’autre bonne nouvelle chez Image est l’entrée de Walking Dead dans le Top 50 des ventes. Le titre, qui devrait très prochainement franchir le cap des 30 000ex vendus, ne cesse de gagner des lecteurs mois après mois et dépassent largement ses confrères en terme de ventes.

De manière générale on peut constater que les indépendants s’en tirent mieux que Marvel et DC, leur ventes étant bien plus stables.

Pour voir le détail des ventes, c’est par ici.

TPB

Du côté des TPB, ce n’est guère mieux, puisque la meilleure vente ne dépasse pas les 4000ex. Et là, on peut s’interroger sur la fiabilité des chiffres de Diamond, car un titre comme Superman Earth One apparaît en lourde baisse par rapport au mois précédents et continue pourtant à être en tête des ventes du classement du New York Times. Mon explication tient à la plus faible présence de Diamond sur le marché des TPB, on sait que tous les éditeurs ont, de ce point de vue, diversifié leurs réseaux de distribution pour couvrir l’ensemble des librairies du pays.

En première position, le nouveau tome de Jack of Fables, suivi par le premier tome de Walking Dead, série très présente dans le Top des ventes de TPB.

L’autre bonne affaire est réalisée par Marvel, qui après des mois de faible ventes, parvient à nouveau à bien classer certaines de ses séries telles que Dark Tower, Iron Man ou bien encore Avengers.

Sur les TPB, les chiffres Diamond ne représentent au mieux qu’une tendance et un reflet partiel des ventes. Pour vous faire une idée c’est par là.

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3 Comments

  1. mon dieu je sais je radote, mais être 4ème du classement avec 65000 ex c’est déplorable, ça montre bien la chute du marché d’année en année.

    Le spawn #01 c’est vendu à 1,7 millions, millions, maintenant tu mets autant de variante cover si ça vends plus de 100 000 ex c’est la fète.

    En septembre 96 Spaw était 11ème du classement avec 161,450 ex

    En fait tout c’est écrouler entre 98-99, si on regarde les ventes de septembre 98 et septembre 99 il y a un fossé. Depuis ça ne fait que descendre.

  2. Sur le premier point que tu soulèves, je peux difficilement dire le contraire, 65 000ex c’est effectivement un faible score pour une quatrième place.

    Ensuite s’il est évident que Spawn ne vend plus comme avant il faut tout de même dire que le titre conserve une base de fans solide, ce qui fait que le titre connaît des ventes stables aux alentours de 20 000ex. Ce n’est pas glorieux, mais il ne faut pas oublier que Spawn reste un titre non publié par Marvel ou DC donc 20 000ex c’est déjà franchement bien.

    De fait Spawn est longtemps resté la meilleure vente de Image, même aujourd’hui, il reste la seconde vente de l’éditeur derrière Walking Dead.

    Sur l’effondrement de la fin des années 90 c’est une réalité, bien que la récession ait en fait commencer à partir de 94.

    Mais il faut noter que cette baisse s’est arrêté en 2003, 1ère année depuis 1993 de croissance du marché. Cette croissance s’est poursuivie jusqu’en 2008, et a atteint son sommet avec Civil War qui s’est écoulé à plus de 400 000ex.

    A partir de 2008, la crise économique a aussi frappé le marché des comics, et aujourd’hui on paye les erreurs de marketing des deux grands, et oui je parle des hausses de prix. Les éditeurs ont maintenu leur niveau de cash par ce stratagème alors que les ventes baissaient. On est arrivé au bout de cette stratégie aujourd’hui, car que ce soit Marvel et DC, les deux se sont bercés d’illusion en pensant qu’ils ne seraient pas touchés par cette crise parce qu’ils font parie de l’industrie du divertissement qui est une industrie dite contra cyclique c’est à dire qui connait des périodes de fortes croissances alors que l’économie générale souffre. L’explication est simple, quand c’est la merde les gens veulent se changer les idées et du coup consomment plus de divertissements : cinéma, livres, séries TV, livres et autrefois aux US des comics.
    Malheureusement cette analyse n’est valable que pour ce qu’on peut appeler des industries de masse, or aujourd’hui les comics sont une niche économique au public très limité. Il est communément admis que les lecteurs de comics aux US sont entre 200 et 300 000, et que en outre ce sont toujours les mêmes. Le public ne s’est pas renouvelé après le retrait des éditeurs des kiosques américains lors des années 90.

    Donc nous avons un public fixe, assez âgé qui suit ces séries depuis des années, parfois des décennies.

    Donc le problème est que les éditeurs ont augmenté leurs prix au moment où le faible public qui les lit encore étaient exsangues à cause de la crise.

    Le grand défi des éditeurs maintenant est de renouveler le lectorat tout en ménageant leur audience traditionnelle, mais aussi de se  diriger vers les comics digitaux tout en ménageant les comics shops qui représentent toujours l’essentiel de leur ventes de singles

    D’ou un stratégie un peu prise entre deux chaises, pas très lisible pour le moment.

  3. Pour Spawn, c’était plus un exemple de la chute des ventes qu’autre chose.
    Pour le reste ben on connaît le problème,  public de niche, souvent zombie qui achète en masse la même soupe, du coup non renouvellement (par exemple pour spidey qui au lieu d’évoluer avec son public n’en finit plus de stagner) des histoires, crossover à gogo et effets d’annonces et relunch à outrance pour garder le lecteur éveillé et le forcer à acheter une série qu’il ne suivrait pas d’habitude, du coup le jeune lectorat qui aurait permis un renouvelement ne vient pas car complètement largué dans toutes ces histoires imbriquéset les relance de séries tous les six mois, sans compter que les comics sont maintenant uniquement en comic shop et non plus en kioskes comme à l’époque ce qui permet un développement et un renouvellement de la masse de fan.
     
    Les comics en ligne arrive, mais nous n’en sommes qu’au balbutiement et du coup ça reste difficielement quantifiable, mais bon le papier ocntinue à avoir de beaux jours de vant lui.
     
    La eule inconnu reste pour moi les TPB, comme tu l’as dit Diamond, n’a pas le monopole du coup on a que ses chiffres et on trouve difficilement le nombre d’exemplaire vendus réel, n’empêche que vu l’écriture en arc de trois ou 6 je me dis que ce doit bien fonctionner et qu’au pire le single disparaitra pour des arcs ou des histoire plus longue.

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