Stumptown

Greg Rucka Stumptown #1

Crédits :

Scénario : Greg Rucka

Dessin : Matthew Southworth

Couverture : Matthew Southworth

Éditeur : Oni Press

Greg Rucka Stumptown #1La série : Dex Parios est une detective privée qui opère à Portland. Accro au jeu et fauchée, l’un amenant souvent l’autre, elle accepte un boulot qui pourrait lui permettre d’effacer ses dettes de jeu. Son travail : retrouver la petite fille d’une dirigeante de casino indien. C’est là que les ennuis commencent pour Dex, car elle va vite réaliser que cette affaire de disparition implique des gens très puissants.

Avis : j’en entends déjà certains dire, encore ? une chronique sur une série de Greg Rucka ? et oui après Batwoman et Queen and country je remets le couvert avec le dernier né du scénariste. Y aurait il un message caché ? chercherai je à dire que Greg Rucka est juste l’un des meilleurs auteurs du monde comics ? Et bien oui. Très au dessus de certains de ses collègues, dont je ne citerai pas le nom mais qui à mon avis sont largement surestimés, l’auteur nous délivre toujours des histoires superbes centrées sur des personnages, souvent féminins,  magistralement écrits.

Publiée en 2010 chez Oni Press, Stumptown est sa dernière série en date, et compte à ce jour seulement 4 épisodes qui regroupe seulement le premier arc de la série intitulé : the case of the girl who took her shampoo (but left her mini). Pour les non anglophones veuillez comprendre : l’affaire de la fille qui a pris son shampoing (mais a laissé sa mini), la mini est un bagnole je précise. En effet en raison des difficultés de son dessinateur à produire ses pages dans des délais raisonnables, Greg Rucka a décidé d’attendre que le prochain arc de sa série soit totalement réalisé avant de le faire publier. Il a profité de ce laps de temps pour se concentrer sur ses romans. Mais, heureusement pour nous, il n’a pu se tenir éloigné des comics bien longtemps. Comme vous le savez sans doute il a accepté de reprendre la série Punisher chez Marvel, et les nouveaux épisodes de Stumptown sont annoncés pour le second semestre 2011 (voire début 2012).

Scénario : En terme d’ambiance on se situe dans le domaine du polar pur, genre dans lequel le scénariste excelle. On se souvient tous de ses travaux précédents sur Detective Comics et la regrétée Gotham Central. Mais en réalité le véritable intérêt de la série repose presque entièrement sur le personnage de Dex Parios, qui clairement n’a pas « gagnante » écrit sur son front. Elle a tendance à cumuler les vices et les problèmes : accro au jeu, avec un penchant certain pour la bouteille, sa vie personnelle et professionnelle est proche du désastre. En effet comme elle le dit elle même, son frère mentalemnt attardé gagne plus d’argent qu’elle et la dernière fois qu’elle s’est envoyée en l’air le président était blanc et débutait son premier mandat, donc on peut dire que ça remonte.

En fait si Dex est douée pour un truc, c’est pour s’attirer des problèmes et des gens qui veulent la frapper. On pourrait dire que Greg Rucka a chargé la barque en créant ce personnage, tant il lui a collé de défauts. Et pourtant il réussit à last_01_029 rendre attachante alors qu’elle se débat dans les mystères d’une affaire complexe. L’histoire de l’héroïne ne nous est encore pas totalement révélée. il semble qu’elle ait des liens avec les familles indiennes qui dirigent les casinos à Portland, mais aussi qu’elle ait appartenu à la police. Elle y dispose encore de connexions, ce qui lui permet d’obtenir des informations assez facilement. Et dans cette affaire elle en aura diablement besoin, puisqu’elle n’est pas la seule à recherche la jeune femme. Et les autres sont tout sauf des tendres, Dex dispose de cotes brisées, et de bleus pour le prouver. Il faut d’ailleurs bien dire qu’elle dérouille au cours de ses quatres épisodes, on lui tire dessus, on l’assomme, … Y a quelqu’un qui ne l’aime pas trop là haut.

D’ailleurs ici bas non plus il semble qu’on ne l’aime pas beaucoup. Au niveau personnel Dex s’occupe seule de son frère Hasel, atteint de mongolisme (ou trisomie 21). A propos du frère de Dex, j’ajouterai une mention sur un blague de Greg Rucka qui parlera aux geeks. En effet le jeune homme est un fan de halo, et à un moment Dex lui dit « ok tu peux jouer,mais pas en ligne, je ne veux pas te revoir te disputer avec ce Captain Cold ». Pourquoi la référence est marrante, c’est simple, Captain Cold est le vilain préféré de Geoff Johns dans le comic book Flash, en outre l’auteur est un fan connu et reconnu de ce jeu…Pas d’informations sur ses parents, sauf que manifestement ils ont jugé bon d’appeler leur fille : Dexedrine. Pour ceux qui le savent pas, la dexedrine est une drogue … Donc on peut dire qu’elle commençait bien dans la vie.

Au delà de Dex c’est bien à un portrait de  l’Etat de l’Oregon et de de la ville de Portland auquel nous avons droit. Je ne connaissais la ville que de nom, mais Rucka la décrit comme une ville où la corruption et le crime prospèrent presque ouvertement. Ainsi Dex va vite rencontrer des gens très puissants dans cette ville et dans un Etat qui accueillent des entreprises comme Intel ou Nike, « puissant » n’est pas un vain mot. Des gens liés à la mafia locale qui verrouillent  nombre des aspects de la vie dans la cité.

La vie de Dex sera en danger assez souvent lors de ces 4 épisodes. Mais en fait à force de connaître misère sur misère, le personnage n’en devient que plus attachant. Un de ses points forts est que malgré le nombre de coups qu’elle recoit elle ne se laisse jamais abattre. Si elle est poissarde, Dex compense par un caractère bien trempé et une intelligence affûtée qui lui permet de se tirer de nombre de situations périlleuses. Si elle reçoit pas mal de coups en l’espace d’à peine 4 épisodes,  elle a aussi l’occasion d’en rendre, et apparemment elle dispose d’un sacré direct du droit.

A noter que outre les 4 épisodes parus l’année dernière, le recueil contient une petite histoire en 8 pages absolument hilarante. Beaucoup moins sombre que les épisodes de la série, cette petite histoire nous montre à quel point Dex peut pourrir la vie d’un autre être humain.

En résumé la série et le personnage sont juste excellents. Si vous avez adhéré aux précédents travaux de Greg Rucka, que vous aimez les polars bien ficelés. et bien n’hésitez pas. Par contre je vous le dis il sera assez difficile de vous la procurer pour l’instant (oui je sais je suis sadique). Après sa publication l’année dernière, le premier TPB de  la série a été épuisé très vite. Cette année Oni Press s’est décidé à sortir une nouvelle édition Hardcover, en rupture de stock à peine mis en vente. En fait je n’ai réussi à me le procurer que parce que j’attendais sa sortie depuis un moment et je guettais de près tout réassort. A l’heure où j’écris ces lignes l’ouvrage est à nouveau disponible, donc un conseil jetez vous dessus.

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Dessin : l’autre grande force de la série est le trait sombre de Matthew Southworth. Assez proche dans l’esprit du trait d’un Michael Lark, avec lequel Rucka a longtemps collaboré. Il donne à cette série son ambiance si particulière. Un grand talent, malheureusement trop lent pour assurer un rythme mensuel. Il faut aussi dire que les épisodes de Stumptown sont plus long et font en général plus de 30 pages. En outre le trait de Matthew Southworth est particulièrement détaillé, donnant à la ville une grande présence dans le récit.

Couverture : mélange de couleur et de dessin en noir et blanc, chaque couverture est juste superbe et résume assez bien l’action présente à l’intérieur de chaque épisode.

Avis : 9/10 – MUST BUY – une excellente série, se jeter dessus … tant qu’elle est disponible.

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