Days of Future Past : l’influence éternelle

Après un premier article partant sur la comparaison entre X-Men: Days of Future Past et Terminator pour s’aventurer en profondeur sur les œuvres qui ont pu inspirer ces deux histoires, nous nous tourneront aujourd’hui davantage vers l’avenir, et plus précisément sur les retombées du classique de Chris Claremont et John Byrne dans les comics et même au-delà !

La suite du prélude de la version alternative

Les conséquences de Days of Future Past ne s’arrêtent pas à la simple arrivée de Rachel dans l’équipe des X-Men au milieu des années 80. Puisque le sombre avenir existe toujours, les scénaristes ne vont pas se priver pour l’utiliser à nouveau, sans compter les très nombreuses émules qu’il aura engendrées.

Days of Future Present, un imboglio spatio-temporel où les X-Men et les Quatre Fantastiques affrontent le terrible Ahab et rencontrent une version adulte de Franklin Richards rescapé comme Rachel du futur de Days of Future Past.

On trouve donc tout d’abord les différentes suites ou préludes à l’histoire en elle-même. Si Rachel parvient à atteindre le présent de la Terre-616[1], elle n’est pas la seule à trouver le chemin et se retrouve confrontée dès 1985 à l’arrivée de Nemrod, la super-Sentinelle du futur qui aura par la suite une longue histoire de haine avec les X-Men (et qui pour le coup rappelle un peu Terminator, voire l’article précédent pour plus de détails).

Une véritable suite à Days of Future Past est publiée en 1990 avec Days of Future Present, un crossover entre les annuals des différents titres des équipes X (Uncanny X-Men annual #14, New Mutants annual #6 et X-Factor annual #4) de l’époque et de Fantastic Four annual #23 sous l’instigation de Chris Claremont ainsi que de Louise et Walter Simonson. On y découvre Ahab, l’ancien tortionnaire de Rachel dans le futur apocalyptique, qui poursuit dans le présent la version futuriste de Franklin Richards, le fils de Mister Fantastic et de la Femme Invisible cherchant à retrouver sa dulcinée Rachel. Le couple formée par la descendance de deux des mariages super-héroïques les plus emblématiques des comics va d’ailleurs être un leitmotiv récurrent dans les futures possibles comme on le verra ultérieurement. Ahab est depuis devenu un ennemi coriace des X-Men et la némésis de Rachel, ayant fait d’elle par le passé un Hound (traduit tantôt par Chien, tantôt par Limier) chargé de traquer ses semblables mutants. Cette histoire est très importante pour le développement de Rachel qui, outre de brèves retrouvailles avec son amoureux, révèle à Jean Grey et Scott Summers qu’elle est leur fille. Mais un autre élément est sous-entendu dans l’épisode du crossover Chris Claremont (Uncanny X-Men annual #14) Sue Storm et Scott Summers, transformés en Limiers par Ahab, recherchent leurs enfants pour le compte du vilain ; si la Femme Invisible n’a aucun mal à trouver les deux versions de son fils qui coexistent alors Cyclope ne détecte pas Rachel. Le doute est alors permis concernant l’identité du véritable père de la jeune mutante rousse mais le scénariste n’en fera plus mention ni dans le crossover ni dans aucun des épisodes suivants de sa série…. ou du moins durant son premier passage sur les mutants.

En effet, lors de son retour sur la franchise en 2000, Claremont confronte dans Uncanny X-Men #384 Jean Grey et Wolverine par le négrier extraterrestre Tullmore Voge qui estime qu’un mélange de leurs gènes aurait un intérrêt commercial très important, projette des images des deux personnages dans des costumes semblables celui affublé par Rachel lorsqu’elle était sous le joug d’Ahab et compare Wolverine à un limier ! S’il est depuis très longtemps admis que Rachel est bien la fille de Scott, peut-être faut-il y voir ici l’intrigue que le scénariste aurait eu en tête durant Days of Future Present. Comme il a été expliqué dans le précédent article, si Rachel a eu une vie éditoriale compliquée il a toujours été question pour ses deux créateurs qu’elle soit la fille de Jean et Scott, changer l’identité de son père aurait été pour Claremont une modification de ses propres plans. On peut se demander si cela ne découlait pas de la guerre que le scénariste a mené à son ancien partenaire John Byrne à travers leurs séries, l’un défaisant ce que l’autre avait fait dès qu’ils le pouvaient, ou si cela ne venait pas non plus de la très ancienne volonté affichée de Claremont de mettre des bâtons dans les roues du plus mythique couple des X-Men avec l’attirance de Jean pour Wolverine. Dans tous les cas cette idée n’a plus été ne serait-ce qu’évoquée hors des deux épisodes cités, mais rien ne dit que Chris Claremont lui-même ou un autre auteur n’y refasse allusion un jour.

Cyclope, finalement pas le père de Rachel ? C'est une idée que Chris Claremont semble avoir au moins caressée deux fois, sous-entendant même que la paternité de la mutante reviendrait à Wolverine !
Cyclope, finalement pas le père de Rachel ? C’est une idée que Chris Claremont semble avoir au moins caressée deux fois, sous-entendant même que la paternité de la mutante reviendrait à Wolverine !

C’est toujours en compagnie de Rachel, mais membre alors de l’équipe mutante européenne Excalibur, que les lecteurs découvrent toujours un peu plus son monde dystopique sous la plume et les pinceaux du multitâche Alan Davis aussi à l’aise aux dessins qu’à l’écriture. Tout d’abord dans  Excalibur #52 à travers des flashbacks révélant au lecteur des pans du passé de Rachel, puis avec le diptyque Excalibur #66-67 qui cette fois-ci donne une réelle suite à l’histoire de Claremont et Byrne. En effet le temps de ces deux épisodes Rachel emmène ses coéquipiers faire un tour à son époque pour affronter les Sentinelles aux côtés de versions vieillissantes des héros britanniques de l’univers Marvel, non sans révéler au passage le surprenant sort de Kate Pryde après son voyage spatio-temporel. Excalibur #67 avait déjà été évoqué dans le précédent article pour sa couverture rendant hommage à Terminator, et l’épisode va également faire le lien de manière évidente avec la saga originelle des X-Men en arborant Days of Futures Yet to Come (littéralement « Les jours des futures à venir ») comme titre tandis que le #66 est intitulé Back to the Present ( « Retour au présent ») pour signifier le retour de Rachel à son époque.

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Wolverine avant les cheveux gris et le blouson marron…

Un prélude à Days of Future Past se matérialise également en 1997 sous la forme de la mini-série en trois parties Wolverine: Days of Future Past réalisée par Joe Casey et Joe Benett. Bien que centré sur le griffu, le récit révèle certains aspects de ce monde restés encore mystérieux pour les lecteurs jusque-là comme l’origine de la paralysie de Magneto, qui avait remplacé Charles Xavier à la tête des X-Men mais aussi dans son fauteuil roulant chez Byrne et Claremont.

Seul coup de projecteur dirigé sur le devenir d’un personnage non-mutant dans le futur sombre des Sentinelles, l’histoire courte Out of Time ( qui donnerait quelque chose comme « Manque de temps » en français) présente dans le second épisode de la mini-série Hulk: Broken Worlds décrit la vie de Bruce Banner dans un camp de prisonniers surveillé par les Sentinelles. Très fort malgré son faible nombre de pages, ce récit signé Jason Henderson et Juan Santacruz est toujours inédit aujourd’hui en France.

La Terre-811 est également l’inspiration de plusieurs autres réalités alternatives à la situation très proches, comme dans l’histoire intitulée Days of Future Tense imaginée dans Excalibur #94 par Warren Ellis et Casey Jones. Ici les survivants de l’équipe britannique doivent affronter les Sentinelles dans un contexte très similaire à celui de Days of Future Past, où les héros sont trahis par une organisation gouvernementale travaillant de concert avec l’ennemi mécanique. Le titre peut être traduit par « Jours des tensions futures » mais perd alors le double-sens que l’on semble y dénicher, le future tense désignant en anglais le futur comme temps grammatical ; on peut donc se demander pour Warren Ellis il ne s’agit pas ici de peindre le tableau d’un « futur tendu » qui serait également l’avenir orwellien vers lequel se dirige le monde. Publié en 1996, cet épisode précède de un an le lancement de la série Transmetropolitan dans laquelle le scénariste utilise à nouveau un futur proche pour offrir une critique satirique et acerbe de la société. L’idée du rapprochement entre un gouvernement et des super-héros se retrouve également en 1999 dans Authority, cette équipe outrepassant le droit international pour intervenir partout dans le monde.

... qu'il porte même dans des univers dérivés de Days of Future Past !
… qu’il porte même dans des univers dérivés de Days of Future Past !

L’influence du classique des X-Men se ressent aussi dans Weapon X: Days of Future Now, la conclusion de la défunte série Weapon X de Frank Tieri qui lie dans le futur la menace des Sentinelles au programme responsable d’expériences sur les mutants, dont la greffe de l’adamantium sur les os de Wolverine. Proche de l’original dans le ton et le décor avec les camps pour mutants ou la résistance de X-Men survivants guidées ici par Wolverine, la ressemblance se poursuit dans la conclusion du récit par une tentative de changer le cours des évènements à l’aide d’un voyage temporel à l’efficacité encore plus douteuse que celui dont il s’inspire. Cette mini-série étant toujours inédite en France, le paragraphe qui suit contient des spoilers sur la résolution de l’histoire :

[spoiler effect= »blind »]Afin d’empêcher Malcolm Colcord de remettre sur pied le Programme Arme X et de provoquer la situation défavorable envers les mutants, Rachel renvoie l’esprit de Wolverine dans son propre corps le jour où le Programme lui a implanté l’adamantium sur les os et qu’il s’est échappé du complexe militaire. Le but est ici que Wolverine se retienne de défigurer Malcolm Colcord, alors un simple garde, et ne pas faire naître chez lui la haine des mutants qui le fera devenir le terrible directeur. Le plan semble se dérouler sans accrocs jusqu’à ce que Sublime, réfugié dans le futur dans le corps de Fantomex, n’infecte Wolverine et prenne possession de son esprit afin de le faire perpétrer l’acte même que le griffu voulait se retenir de faire.[/spoiler]

Parmi les quelques rescapés de l’équipe de Charles Xavier, la version grisonnante de Wolverine est sans doute celle qui a le plus marquée les esprits des lecteurs ainsi que des auteurs, comme en témoigne sa réutilisation dans deux histoires impliquant des réalités alternatives. On trouve tout d’abord son retour dans Paradise X, dernière partie de la trilogie de Jim Krueger et Alex Ross dépeignant leur vision du futur de l’univers Marvel, où le mutant canadien est ressuscité par le robot X-51 pour jouer un rôle important dans la sauvegarde de cette Terre. L’histoire se passe donc clairement après Days of Future Past, au contraire de l’apparition suivante du héros griffu dans Exiles #85-86 réalisés par Tony Bedard et Paul Pelletier. Dans ces épisodes Wolverine se retrouve extrait de sa ligne temporelle un instant avant de se faire incinérer pour diriger une équipe composée uniquement de ses doubles, devant vraisemblablement retourner à son sort funeste une fois leur mission effectuée.

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Wolverine vieillissant, ou la figure la plus emblématique de Days of Future Past qui sera même ressuscité à deux occasions.

Enfin, il faut citer le futur surnommé Days of Present Future apparu en 2010 durant le crossover Second Coming[2]. Il s’agit ici d’un monde très proche de celui de Days of Future Past qui ne découlerait non pas de l’assassinat du sénateur Kelly mais de celui du messie mutant Hope Summers par Bastion et le Human Concil. La version de X-Force dirigée par Wolverine et rejoint par Cable s’y rend le temps de trois épisodes pour découvrir notamment un tableau de chasse qui n’est pas sans rappeler l’affiche présente sur la célèbre couverture d’Uncanny X-Men #141.

L'équipe d'X-Force dans un avenir sombre qui emprunte même à Days of Future Past le fameux poster reprenant les statuts des mutants.
L’équipe d’X-Force dans un avenir sombre qui emprunte même à Days of Future Past le fameux poster récapitulant le statut des différents mutants.

The tomorrow people

Chris Claremont semble avoir été très marqué par le personnage de Rachel qu’il remet à l’honneur au milieu des années 2000 après qu’elle ait été largement sous-exploitée pendant de nombreuses années, et pour ne plus retomber dans les limbes depuis. Son arrivée chez les X-Men en 1985 aura aussi ouvert la voie à l’intégration de nombreux autres mutants issus de lignes temporelles différentes, comme ses « demi-frères » Cable et X-Man, ou encore Bishop, Nocturne et très récemment Kymera. Ces différents personnages ont également en commun avec Rachel d’être des descendants possibles ou alternatifs de membres importants des X-Men avec un parcours parfois encore plus alambiqué que le sien[3].

Cable, X-Man, Bishop, Nocturne ou encore Kymera : quelques suiveurs de Rachel parmi les recrues des X-Men provenant d'univers alternatifs.
Cable, X-Man, Bishop, Nocturne ou encore Kymera : quelques suiveurs de Rachel parmi les recrues des X-Men provenant d’univers alternatifs.
Valeria Richards, un personnage introduit par Chris Claremont dans Fantastic Four (à gauche) et réinventé dans Exiles (à droite).
Valeria Richards, un personnage introduit par Chris Claremont dans Fantastic Four (à gauche) et réinventé dans Exiles (à droite).

Le scénariste le plus marquant des mutants a même recyclé en partie la télépathe rousse lors de son passage sur Fantastic Four, introduisant en 1999 dans Fantastic Four #15 Valeria Richards, la fille de Reed et Sue Richards que l’on pensait mort-née mais que son frère avait envoyé dans un monde alternatif (pour faire court). Outre des origines compliquées et ses pouvoirs sur les esprits et le temps, le personnage se rapproche également de Rachel en prenant pour pseudonyme Marvel Girl, nom de code utilisé autrefois par Jean Grey, et qu’utilisera à son tour Rachel lorsque Claremont la réintroduira chez les X-Men en 2004. Si cette Valeria a depuis été renvoyé à l’état de nourrisson en 2002 dans Fantastic Four #49 par Jeph Loeb qui a succédé à Chris Claremont sur le titre, celui-ci n’abandonne pas pour autant le personnage puisqu’il introduit en 2007 une version alternative au costume assez similaire dans Exiles #93, faisant d’elle un personnage récurrent qui rejoindra finalement l’équipe dans New Exiles #18, ironiquement le dernier épisode de la série.

Les liens entre Rachel et la famille Richards ne s’arrêtent pas là, puisque sa romance avec une version âgée de Franklin Richards évoquée plus haut s’est montrée fructueuse dans plusieurs futurs. Le descendant le plus marquant est Hyperstorm ; devenu fou après avoir réussi à unir son monde face aux Sentinelles, il remontera le temps pour chercher des noises à ses aïeux (Fantastic Four #406-409, 413-414). La série Exiles présente une histoire assez semblable avec David Richards, qui lui aussi prendra une tournure plus sombre alors qu’il décide de régler le problème des Sentinelles en éliminant les Sentinelles au passage (Exiles #12-13, 58, 63). La seule fille de cette lignée improbable est à rechercher non pas dans les comics mais du côté des romans, Dream Richards-Summers apparaissant en 1998 dans le roman Time’s Arrow: The Future écrit par Tom DeFalco et Eluki Bes Shahar qui, comme son nom l’indique, présente un futur possible pour l’univers Marvel.

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Jonathan Richards alias Hyperstorm et David Richards, deux mutants surpuissants né des amours futurs de Franklin et Rachel dans des futurs peu reluisants qui emploieront la manière (très) forte pour faire changer les choses…

Une influence toujours d’actualité dans les comics…

De nombreux univers alternatifs comme l'Age of Apocalypse ont adopté la menace planante des Sentinelles dans le ciel comme image de marque du monde au bord de la destruction.
De nombreux univers alternatifs comme l’Ère d’Apocalypse ont adopté la menace planante des Sentinelles dans le ciel comme image de marque du monde au bord de la destruction.

La marque de Days of Future Past se retrouve également dans d’autres récits qui ne s’en réclament pas toujours ouvertement. Tout d’abord chez les X-Men à l’occasion du crossover l’Ère d’Apocalyspe (plus connue sous son nom original d’Age of Apocalypse) qui a plongé l’ensemble des titres mutants durant quatre mois dans une réalité alternative où l’Amérique a été dévastée par le mutant Apocalypse suite au meurtre accidentel de Charles Xavier dans le passé par son fils Legion. Si dans son exécution l’histoire est très différente de sa grande sœur de plus de dix ans, quelques points communs sont à relever : des mutants chassant d’autres mutants, une résistance formée par des X-Men dirigés par un Magneto qui a remplacé un Charles Xavier décédé et une menace planante d’attaque de Sentinelles…

Dans un cadre totalement différent, la maxi-série House of M de Brian Michael Bendis et Olivier Coipel présente en 2004 un monde où les mutants sont devenus rois. Les Sentinelles, devenues une arme du pouvoir détenu par Magneto, n’en restent pas moins une menace sinistre planant dans le ciel. L’image des robots géants planant dans le ciel est donc devenue depuis très longtemps une représentation récurrente des réalités alternatives qui n’ont pas bien tournées, épée de Damoclès à la chute quasiment inévitable.

Il est aussi difficile aujourd’hui de ne pas penser à Days of Future Past dès qu’un avenir qui s’en rapproche par certains aspects est dévoilé, comme le récent Age of Ultron de Brian Michael Bendis à nouveau où ce n’était pas les chasseurs de mutants mais l’ennemi des Avengers qui régnait sur un monde qu’il avait dévasté, poussant les super-héros rescapés à manipuler le cours du temps pour changer la donner.

Futures End, ou quand même la concurrence se met au règne des machines.
Futures End, ou quand même la concurrence se met au règne des machines.

Ce postulat est d’ailleurs assez proche de la série hebdomadaire Futures End publiée actuelle par DC qui voit des héros, dont un successeur de Batman débarqué du futur mais à la mauvaise époque dans une situation qui n’a rien à enviée à celle de Rachel, tenter d’empêcher une intelligence de prendre le contrôle de l’humanité et de la plonger dans le chaos à l’aide de ses robots chasseurs de surhumains. La comparaison a sa place ici à plus forte raison que les robots en questions s’apparentent à Deathlok, étant formés à partir des corps des surhommes abattus, et qu’ils sont commandés par Brother Eye. Encore une fois, rien ne se perd et tout se recycle dans les inspirations des comics.

Très récemment, Days of Future Past a inspiré directement au moins deux histoires chez Marvel. Tout d’abord le crossover Battle of the Atom (avec Brian Michael Bendis encore une fois au scénario mais aussi Jason Aaron et Brian Wood), où X-Men et Confrérie du futur remontent le temps jusqu’à l’époque actuelle pour renvoyer les X-Men originaux amenés dans le présent par le Fauve à leur époque. L’influence est ici à voir entre les lignes, il s’agit plus d’une histoire s’inspirant des codes établis par les épisodes de 1981 que de reprendre exactement la même trame qui s’inscrit dans la volonté de Bendis de rendre hommage au run mythique de Chris Claremont. Arrivé sur la nouvelle mouture d’Uncanny X-Men (avec un Cyclope en chef d’une équipe dissidente considérée comme une cellule terroriste) et ayant lancé All-New X-Men (centrée les X-Men originaux coincés dans le présent), le scénariste semble reprendre les différents grands arcs de son illustre prédécesseur comme la Dark Phoenix Saga à travers le Trial of Jean Grey ou bien God Loves, Man Kills avec des flashbacks dévoilant des évènements datant de cette histoire et une utilisation du fils du révérend Stryker.

Battle of the Atom, ou un Days of Future Past moderne en plus compliqué et nébuleux...
Battle of the Atom, un Days of Future Past moderne en plus compliqué et nébuleux où X-Men du passé, du présent et du futur affrontent des X-Men du futur devenu la nouvelle Confrérie des Mutants voulant renvoyer les X-Men du passé à leur époque…
Une illusion qui met à l'honneur un classique.
Une illusion qui met à l’honneur un classique.

Ensuite vient la série Uncanny Avengers Rick Remender remet d’actualité la menace d’un futur très proche où les mutants seraient décimés, cette fois-ci par Crâne Rouge ; ayant acquis les pouvoirs de Charles Xavier le super-vilain nazi offre à son ennemi éternel Captain America la vision de Havok et de la Sorcière Rouge aux prises avec des Sentinelle relookées à son effigie dans un décors rappelant très fortement la célèbre couverture de X-Men #141. Le scénariste ne s’arrête toutefois pas là et promet depuis de nombreux mois une évolution de la némésis du héros aux couleurs de l’Amérique en Red Onslaught (en référence à Onslaught, dangereux mutant qu’était devenu Xavier dans les années 90 après avoir absorbé la psyché de Magneto) qui précipiterait le monde dans une situation très semblables à celle aperçue dans Days of Future Past et ses variantes à coup de camps de concentration et de charniers pour mutants, se payant même le luxe d’être épaulé par un Ahab à l’apparence similaire à celui que les lecteurs de longue connaissent déjà et déployant des limiers dont un ressemblant beaucoup à Rachel. Si cette avenir sombre n’a été qu’aperçu lorsque cet article paraît, sa réalisation (ou plutôt la lutte pour l’empêcher) sera au cœur de l’event Avengers & X-Men : Axis qui secouera l’univers Marvel à partir de septembre.

Déjà tortionnaire de Rachel dans la réalité de Days of Future Past où il en avait fait un limier expert dans la traque des mutants (à gauche), Ahab semble avoir réitérer ses méfaits dans le nouveau futur sombre dépeint dans les pages d'Uncanny Avengers (à gauche) et qui sera l'enjeu du prochain event Marvel appelé AXiS.
Déjà tortionnaire de Rachel dans la réalité de Days of Future Past où il en avait fait un limier expert dans la traque des mutants (à gauche), Ahab semble avoir réitérer ses méfaits dans le nouveau futur sombre dépeint dans les pages d’Uncanny Avengers (à gauche) et qui sera l’enjeu du prochain event Marvel appelé Avengers & X-Men: Axis.

… et même au-delà des pages

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Cable et Bishop, unis dans la série animée X-Men pour lutter à travers le temps.

Bien avant le film de la Fox, Days of Future Past aura fait l’objet de plusieurs adaptations à la télévision. Cette histoire aura inspirée plusieurs scénarios de la série animée X-Men des années 90, couplée à des éléments issus d’Age of Apocalypse et des futurs respectifs de Cable et de Bishop[4]. Les deux personnages se retrouvent chacun à jouer en quelques sorte les rôles de Kitty puis de Rachel, une idée que l’on retrouve dans les épisodes d’Ultimate X-Men scénarisés par Robert Kirkman où les deux mutants sont originaires d’un futur plutôt proche de l’Age of Apocalypse qu’ils tentent d’éviter. Cette situation a bien failli se produire au cinéma puisque Matthew Vaughn, réalisateur de X-Men : Le Commencement (X-Men: First Class, 2011) et pendant très longtemps également attaché au projet X-Men: Days of Future Past, prévoyait d’utiliser l’un ou l’autre de ces personnages pour le voyage vers le passé, avant que Bryan Singer n’hérite de la réalisation et les évince au profit de Wolverine, gardant tout de même Bishop (sous les traits d’Omar Sy) pour la partie de l’histoire située dans le futur. Il est amusant de noter quand dans l’univers Ultimate Cable n’est pas le fils de Cyclope mais un alter-ego du futur de Wolverine, prédatant donc en quelque sorte son utilisation dans le film X-Men: Days of Future Past tout en rappelant Weapon X: Days of Future Now.

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Dans la série animée Wolverine & the X-Men, c’est Charles Xavier qui voit a conscience voyager à travers le temps, et pour une fois du passé vers le futur.

Le futur des Sentinelles sera plus présent dans Wolverine & the X-Men diffusée en 2009 où de nombreux épisodes y tiennent lieu. Ici c’est la conscience du Professeur Xavier qui se retrouve projeté dans le temps, mais dans le sens inverse cette fois-ci car il disparaît du présent pour se réveiller dans le futur. Le plus grand télépathe de la Terre arrivera au fil des épisodes à contacter les X-Men du passé pour tenter d’endiguer la menace, notamment un Wolverine présent dans le futur et le passé servant de lien entre les deux époques, ce qui n’est pas sans présager à nouveau l’utilisation du griffu hirsute dans le film de la Fox ou de rappeler encore la mini-série de Frank Tieri. Comme pour les autres versions remaniées de Days of Future Past, on s’apercevra également que Bishop y est à nouveau associé.

Mais l’influence de Days of Future Past dans le monde audio-visuel dépasse aussi très largement celui du seul cadre des adaptations de comics. De manière générale, les comics-books ont influencé plusieurs générations de lecteurs devenus scénaristes ou réalisateurs de films, qu’ils s’en réclament au point d’être devenu des acteurs de premier plan de la culture dite « geek » comme Kevin Smith ou qu’ils soient des créateurs de renom récompensés de multiples fois par les instances les plus prestigieuses comme Quentin Tarantino dont la présence au San Diego Comic-Con vient d’être révélée, et qui plus est pour y présenter une mini-série Django/Zorro qu’il a coécrit pour Dynamite et DC[5]. Cette improbable suite à son film Django Unchained n’est d’ailleurs pas son premier coup d’essai, puisqu’il avait également écrit un préquel sorti en même temps que le film en salle. Les influences des comics sont parfois à rechercher là où on ne les attend pas, comme en témoigne les multiples sources ayant inspirées la récente série-évènement True Detective qui est un véritable foisonnement d’idées trouvant leurs sources dans les comics, notamment dans les œuvres d’Alan Moore et de Grant Morrison[6].

Dans Heroes, c'est Hiro Nakamura qui joue les Kitty Pryde avec une version futuriste très sérieuse (à droite) tranchant dans tous les sens du terme avec celle plus enjouée du présent (à gauche).
Dans Heroes, c’est Hiro Nakamura qui joue les Kitty Pryde avec une version futuriste très sérieuse (à droite) tranchant dans tous les sens du terme avec celle plus enjouée du présent (à gauche).

L’influence de Days of Future Past dans l’audio-visuel n’est toutefois pas très cryptique, et concerne principalement les séries télévisées. L’héritier le plus évident reste sans doute Heroes (2006-2010) dont l’inspiration serait même à rechercher chez les X-Men en général ; en effet la série se concentre sur différents protagonistes développant des facultés surhumaines sur fond de prochaine étape de l’évolution et de traques menées par des organisations qui ne voient pas d’un très bon œil l’émergence d’une nouvelle catégorie d’humains. La série puise ses idées principalement dans Days of Future Past avec dès le premier épisode une citation explicite de la saga par Hiro Nakamura, l’un des protagonistes principaux se découvrant la capacité de contrôler le temps. La filiation va encore plus loin puisque dès la première saison il est question d’éviter un futur sombre pour les surhommes sur fond de menace d’apocalypse nucléaire avec un Hiro vieux et taciturne voyageant d’une époque à l’autre pour prévenir les homologues du passé de ses compagnons d’arme comme de lui-même des dangers qui les guette, une ficelle qui se poursuivra sur l’ensemble de la série. À partir de la saison 3 c’est carrément la menace de camps pour surhommes qui se matérialise, tandis que d’autres intrigues issues d’histoires des X-Men apparaissent clairement comme un virus touchant les surhommes dans la saison 2 qui rappelle clairement le virus Legacy qui n’attaque que les mutants.

En contactant le docteur Faraday pour l'aider avec ses sauts dans le temps, Desmond devient sa constante, son point d'accroche dans le temps quels que soient les changements.
En contactant le docteur Faraday pour l’aider avec ses sauts dans le temps, Desmond devient sa constante, son point d’accroche dans le temps quels que soient les changements.

Parmi les séries influencées par les comics de ces dernières années, Lost : Les Disparus(Lost, 2004-2010) se place sans doute sur le haut du panier. Si les références sont parfois directement cités ou montrées (le jeune Walt lisant un épisode de JLA ou des personnages débattant sur qui est le plus rapide entre Flash et Superman), des liens très forts apparaissent dès lors que l’on s’intéresse aux scénaristes qui ont œuvrés sur le show, que ce soit par la présence de scénaristes de comics très reconnus (Jeph Loeb, Brian K. Vaugh) ou d’autres qui s’y sont essayés par la suite (Damon Lindelof, Paul Zbyszewski, Drew Goddard, Javier Grillo-Marxuach…). Si Lost fait la part belle aux sauts dans le temps à partir du milieu de la série, l’épisode The Constant (Perdu dans le temps, cinquième épisode de la saison 4) se réapproprie le mécanisme élaboré en leur temps par Byrne et Claremont : durant tout l’épisode le spectateur suit la conscience de Desmond Hume qui fait des allers et retours entre son corps de 2004 et celui de 1996, le personnage devant composer avec ces voyages pour tout remettre en ordre quitte à modifier le cours du temps en contactant le docteur Faraday qu’il est amené à croiser sur l’île où se déroule la série ou sa chère et tendre. Si au-delà du thème de la conscience qui voyage dans le même corps à deux époques différentes rien ne rapproche cet épisode du célèbre story-arc des X-Men, celui-ci doit sans doute faire partie du cocktail d’œuvres qui ont pu inspirer des créateurs qui n’ont jamais caché leur amour pour les comics ou la science-fiction en général.

Le futur de Jean-Luc Picard !
Jean-Luc Picard dans le futur.

Du propre aveu de Damon Lindelof sa principale source d’inspiration a été Toutes les bonnes choses… (All Good Things…), l’épisode final de Star Trek : La Nouvelle Génération (Star Trek: The Next Generation, 1987-1994) qui voyait la conscience du capitaine Jean-Luc Picard (interprété par Patrick Stewart, aussi connu pour être le Professeur X au cinéma… dont tout récemment ans X-Men: Days of Future Past !) voyager entre son présent, son passé et son futur. L’idée de la « constante » à travers les changements temporels qu’est ici Desmond Hume n’est pas sans rappeler un artifice un peu similaire qui sera utilisé dans la série animée Wolverine & the X-Men où un Charles Xavier propulsé dans le futur communique à travers le temps avec le mutant griffu avant de rencontrer finalement sa version plus vieille.

Kitty contre les vampires

Joss Whedon, le saint patron des geeks.
Joss Whedon, le saint patron des geeks.

S’il est une œuvre audio-visuelle qu’on ne peut pas éluder dans un tour d’horizon de l’influence exercée par Days of Future Past hors des pages des comics, c’est bien celle de Joss Whedon. Créateur de séries aujourd’hui pour la plupart cultes, comme les incontournables Buffy contre les vampires (Buffy the Vampire Slayer, 1997-2003) et Angel (1999-2004) ou les plus éphémères Firefly (2002) et Dollhouse (2009-2010), Joss Whedon s’est progressivement imposé auprès des lecteurs Marvel par son passage remarqué sur Astonishing X-Men accompagné du dessinateur John Cassaday avant d’exploser littéralement auprès du grand public en réalisant l’adaptation cinématographique des Avengers, soit le troisième film le plus rentable de l’histoire du cinéma à ce jour ! La boucle n’est d’ailleurs peut-être pas bouclée, car après avoir lancé la série télévisée Marvel’s Agents of S.H.I.E.L.D. et s’être imposé comme le garant de la continuité de l’univers cinématographique de la Maison des Idées, le réalisateur tourne actuellement Avengers: Age of Ultron, le second volet de l’équipe super-héroïque qui s’annonce déjà comme l’un des films les plus attendus de 2015. Fait peu connu du grand public, Joss Whedon a participé à l’élaboration du scénario du premier film X-Men, même si de sa participation seule une phrase de dialogue semble se retrouver dans le rendu final.

Quand Willow se la joue Dark Phoenix.
Quand Willow se la joue Dark Phoenix.

Cette passion pour les héros Marvel, et à plus forte raison des X-Men, se ressentait déjà dans ses précédents travaux, Buffy contre les vampires en tête de prou. Difficile en effet de ne pas penser au Dark Phoenix lorsque Willow, jeune femme rousse devenue une sorcière surpuissante au fil des saisons, passe du côté obscur avant de chercher à se repentir… et à plus forte raison que l’un des personnages la compare directement à la version maléfique de Jean Grey dans Tout la peine du monde, partie 1 (Two To Go, épisode 21 de la saison 6) ! On retrouve dans la caractérisation de nombreux autres protagonistes de la série des racines tirées indubitablement des comics que Whedon a pu lire dans sa jeunesse : ainsi Oz et sa quête de maîtrise du loup-garou qui sommeille en lui n’a rien à envier aux diverses histoires de Hulk où Bruce Banner pense avoir réussi à contrôler ses transformations, et il est difficile de ne pas voir en Faith l’alter-ego sombre de l’héroïne, ayant même droit à une rédemption que ne renierait pas Magneto[7].

Joss Whedon n’a jamais non plus caché les racines mutantes de Buffy Summers, qui outre le fait d’avoir le même patronyme que Cyclope est basée selon lui sur la vision qu’il a toujours eu de Kitty Pryde. Comme la benjamine des X-Men dans les années 80, Buffy est une jeune fille se retrouvant investie de capacités surhumaines du jour au lendemain mais qui ne désire pourtant que vivre sa vie d’adolescente. Le parallèle avec les X-Men peut-être poussé plus loin, la Tueuse de vampire étant en prise continuellement avec une succession d’ennemis l’attaquant pour ce qu’elle est même lorsqu’elle désire laisser cette vie derrière elle, à la manière des X-Men constamment contraint de combattre le Mal. La figure du vieux mentor sage qui se manifeste dans la série à travers Rupert Giles a même sous certains aspects de furieux airs de Charles Xavier, aussi bien par son statut de spécialiste des forces occultes que de figure paternelle pour la jeune fille.

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Buffy et Angel, Kitty et Peter : deux couples maudits magnifiquement dépeints par Joss Whedon.

Le choix de Kitty Pryde n’a d’ailleurs rien d’étonnant pour qui a lu les épisodes d’Astonishing X-Men scénarisés par Whedon qui va réhabiliter le personnage après des années de sous-exploitation et la faire passer de fille à femme dans un procédé qui n’est pas sans rappeler celui utilisé dans la série. Il serait en effet très tentant de voir dans le couple formé par Kitty et Colossus (son ancien petit ami mutant revenu d’entre les morts) dans Astonishing X-Men une réminiscence de la façon dont s’est déroulée la relation entre Buffy et (un vampire doté d’une âme), le passage à l’acte des deux couples formant un véritable point important dans les intrigues suites auxquelles les choses finissent tragiquement pour chacune des romances. On reconnaîtra ici facilement la figure des amants maudits qui émaillent de nombreuses œuvres et que Whedon sublime dans chacune de ces deux œuvres.

Outre la fascination de Joss Whedon pour Kitty Pryde, Days of Future Past exerce sans doute une certaine influence sur la série l’utilisation du concept de réalités alternatives dans deux épisodes, le premier étant The Wish (Meilleurs vœux de Cordelia, épisode 9 de la saison 3). Jugeant que sa vie serait mieux sans l’arrivée de Buffy à Sunnydale, Cordelia se voit accorder par un démon le vœu que la tueuse de vampire ne soit jamais venue dans leur ville. Le reste de l’histoire rappelle beaucoup dans sa substance Days of Future Past mais aussi Age of Apocalypse : suite à la mort de Buffy/sénateur Kelly/Charles Xavier, les vampires/robots/troupes d’Apocalyspe terrorisent la ville/le monde avec seulement une faible résistance constituées des rescapés du gang/des X-Men.

Une rencontre avec un double maléfique digne d'un classique des comics !
Une rencontre avec un double maléfique digne d’un classique des comics !

L’histoire lorgne finalement plus du côté d’Age of Apocalypse avec ses doubles maléfiques de Willow et Alex qui ne sont pas sans rappeler certaines versions perverties des X-Men comme Dark Beast, ou encore le statut de « présent alternatif » plutôt que de futur qui ne remplace que durant un certain temps (ici la durée de l’épisode) la réalité que l’on connaît. Cette comparaison peut être étoffée avec l’épisode 16 de la même saison, Les deux visages (Doppelgangland), qui voit la version vampirique de Willow débarquer dans la ligne temporelle normale de la série, à l’instar des différents visiteurs issus de Days of Future Past ou de l’Age of Apocalypse qui pullulent dans les pages des séries mutantes.

Buffy contre les vampires n’est pas la seule série de l’écurie Whedon sur laquelle Days of Future Past semble avoir déteinte, comme en témoignent les season finale de chacune des deux saisons de Dollhouse. En marge du reste des saisons, ces deux épisodes constituent une vision du futur proche de la série (2019 puis 2020) où des versions à venir des personnages cherchent à trouver un refuge dans un monde qui leur est devenu hostile. On ne peut pas non plus affirmer que Days of Future Past est ici la seule source d’inspiration pour cette dystopie, mais l’influence est indubitable au vu des éléments déjà avancés sur l’amour de Joss Whedon pour le monde des X-Men et les idées présentes dans son œuvres qui en ont découlé.

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Le futur n’est pas de tout repos pour les héros de Dollhouse
Code Quantum, le Days of Future Past des samedi après-midis sur M6 !
Code Quantum, le Days of Future Past des samedis après-midis sur M6 !

On ne peut toutefois pas terminer cet article sans mentionner une série antérieure à toutes celles-ci dont les intrigues de chaque épisode sont basées sur le principe même du voyage dans le temps en envoyant sa conscience dans un autre corps : Corde Quantum (Quantum Leap, 1989-1993). Cette série multi-rediffusée en France sur M6 voyait l’esprit du professeur Sam Beckett (incarné par Scott Bakula, à droite sur la photo) changé de corps et d’époque à chaque épisode suite à un incident survenu lors de ses expérimentations sur le voyage dans le temps. Aidé de son collègue Al Calavicci (Dean Stockwell, à gauche sur la photo) qui le suivait à travers les années sous forme d’hologrammes, Sam a pour mission de corriger des petites erreurs de l’histoire afin d’améliorer leur vie, même si la dure loi de l’audimat qui chute le fera incarner des personnages premiers plans dans la dernière saison comme Elvis Presley ou même Lee Harvey Oswald s’apprêtant à assassiner le président Kennedy ! A de très rares occasions Sam se retrouvera même dans son propre corps plus jeune, à la façon de Kitty Pryde dans Days of Future Past. Aucun lien ne semble vraiment s’établir entre l’histoire des X-Men et cette série, les quelques ressemblances qui se limitent à la façon dont Sam Beckett voyage dans le temps semblant plus tenir du hasard que de la réelle inspiration. Code Quantum aura toutefois une influence dans les comics car la série a toujours été clairement citée par Marvel comme source d’inspiration de la série Exiles qui reprenait non seulement le principe de la correction de la ligne temporelle (ici celles de différents univers par une équipe de mutants issus eux-mêmes de différentes temporalités) avec une figure semblable à Al en la personne du Courtier Temporel qui apparaissait au début de chaque story-arc pour expliquer leur mission aux héros.

Conclusion

S’il fallait trouver une conclusion commune aux deux articles, on pourrait dire que Days of Future Past se révèle être une œuvre précieuse à bien des niveaux, aussi bien par son impact sur les comics qui s’en nourrissent encore aujourd’hui que par la multitudes d’œuvres dans d’autres médias qui s’en sont inspirés. Pour les X-Men en particulier, il s’agit d’une de leurs histoires les plus importantes par le nombre de suites plus ou moins directes qui en ont découlé comme de concepts qui y trouve leurs sources. Ce cas est intéressant car il invite à s’interroger sur la limite à établir ente l’influence et la copie, mais aussi à nuancer le second où dans bien des exemples la ressemblance résultait plus d’influences communes, parfois subconscientes, qui peuvent tendre vers le plagiat (comme dans le cas de Terminator). Il devient donc difficile aujourd’hui de différencier ce qui découle (ou pas) de cette histoire aussi bien dans la bande-dessinée, la littérature, le cinéma, la télévision ou même les jeux vidéos, comme en témoigne Code Quantum qui malgré quelques ressemblances ne semblent n’avoir aucun lien avec Days of Future Past.

[1]Petite piqure de rappel : les univers alternatifs de Marvel sont catalogués suivant une numérotation, la Terre principale étant la 616 tandis que le futur dépeint dans Days of Future Past s’est vu attribué le 881.

[2] Troisième partie de la « Trilogie du Messie », ce crossover voit les X-Men confrontés au retour dans le présent de Cable et Hope Summers dans une histoire étalée sur la plupart des séries mutantes de l’époque.

[3] Ainsi Cable ne vient pas tout-à-fait d’un futur possible puisqu’il est bien né dans l’univers 616 des amours de Scott Summers et Maddelyne Prior, mais sera envoyé dans le futur pour survivre à un virus inoculé par Apocalypse où il sera élevé par Scott et Jean Grey ayant leurs esprits transférés dans d’autres corps par une Rachel vieillissante vaillant dans l’ombre au bon développement de son frère. Devenu adulte, Cable retournera dans le passé. X-Man est quant à lui considéré comme une version plus jeune et alternative de Cable né dans les laboratoires de Sinistre dans l’Ère d’Apocalypse. La filiation de Bishop est elle plus floue, étant selon les auteurs un descendant de Gateway, Monet ou encore Tornade sans que cela ait jamais été éclairci aujourd’hui au moins pour ces deux dernières. Les cas de Nocturne et Kymera sont un peu plus simples, la première étant la fille de Diablo et Wanda Maximoff un temps membre des Exiles et issue d’un futur où Wolverine a remplacé le Professeur X à la fois dans son feuteuil roulant et de directeur de l’école, tandis que la seconde apparue récemment dans Battle of the Atom est la fille de Tornade et, sans doute, de la Panthère Noire. S’agissant ici d’explications plus que simplifiées pour des cas méritant un article rien que pour eux, n’hésitez pas à demander plus de détails ou même à les fournir si le cœur vous en dit dans les commentaires ! Pour que la liste soit vraiment exhaustive (pour juste l’équipe principale), il faudrait aussi rajouté Longshot originaire de la dimension du Mojoverse ou Deathloke Prime qui a lui récemment débarqué d’un futur où les héros Marvel ont été transformés en cyborgs-zombies-assassins.

[5] Pour plus de détails (en anglais), voir ici : http://uk.ign.com/articles/2014/06/18/quentin-tarantinos-django-meets-zorro-in-a-new-dcdynamite-comic

[6] Voir cet article très complet (en anglais) : http://comicsalliance.com/true-detective-comic-books-weird-fiction-secrets-influences-alan-moore-grant-morrison-invisibles-hbo/

[7] Une comparaison plus complète et poussée sur le sujet est consultable ici (en anglais) : http://www.denofgeek.com/tv/joss-whedon/31330/how-buffy-the-vampire-slayer-predicted-joss-whedons-marvel-work

Bonus :

Alors qu’Uncanny X-Men #142 était dans les bacs, les lecteurs d’Amazing Spider-Man #214, de Conan the Barbarian #119 ou encore de Spider-Woman #36 une page présentant une étrange couverture pour The Former X-Men #142 :

Spider-Woman 036-23AD
« Salut les enfants ! Nous sommes de retour… encore ! Et nous avons tué tous les X-Men ! Vraiment ! À part Kitty qui est vraiment petite…»

Dessinée par Jim Salicrup et encrée par Terry Austin (l’encreur attitré des X-Men à cette époque) cette image est une publicité pour Days of Future Past dont elle se moque gentillement, avec comme titre « les anciens X-Men » accompagné du visage de chacun des membres de l’équipe barré, une Sentinelle se moquant allègrement de leur énième retour tout en déclamant qu’ils ont réellement pu tuer tous les X-Men mis à part Kitty. Cette sympathique publicité a été diffusée dans au moins les trois épisodes suscités, et l’auteur de ces lignes fait un appel aux renseignements à quiconque pourra indiquer d’autres numéros où l’image à pu apparaître.

A propos Marti 142 Articles
Lecteur assidu de comics et grand amateur de séries TV comme de cinéma, maître-nageur pour poneys à ses heures perdues.

22 Comments

  1. Maximum Respect Marti. Moi qui me croyais incollable sur les Xmen, voici une belle leçon d’humilité que j’accepte volontiers.
    Je me rends compte que je n’ai pas lu 90 pour cent de ces développements qui donnent mal à la tête rien qu’â la lecture.
    En fait les deux épsiodes de DOFP me satisfont complètement. Tout comme Weapon X de Wolverine . Je n’ai pas envie d’en savoir plus par la suite.
    Je me demande bien comment un Joe Casey par exemple peut marcher dans les bottes de Byrne / Claremont.
    Heroes, Lost sont des séries que j’ai fui finalement pour les mêmes raisons.
    Encore bravo pour cette chronique généreuse.

  2. Merci pour les compliments, je suis sûr qu’en fouillant un peu on peut encore trouver des tonnes de comics ou de séries avec lesquels il y aurait des parallèles à faire.

    Les deux épisodes de DoFP se suffisent à eux-mêmes, mais je ne trouve pas ça inutile non plus d’en savoir plus dessus. Par contre je te rejoins complètement pour Weapon X, l’histoire de Barry Windsor Smith se suffit à elle-même. Par contre la série du même nom écrite par Frank Tieri que j’évoque dans l’article est juste excellente, centrée sur un nouveau programme qui emploie des X-vilains de premier ou deuxième ordre ; jamais achevée en VF, je rêve encore parfois la nuit que Panini nous sorte enfin sa conclusion (il restait peut-être deux arcs et la mini Days of Future Now).

    Heroes est plutôt pas mal pour sa première saison mise à part une conclusion qui manque de spectaculaire (chose que je pardonne quand même aux séries TV quand on sait les problèmes de budget qu’elles ont parfois), la suite est en dent-de-scie avec quand même une plutôt bonne saison 3 pour moi. Lost j’ai été fan jusqu’au bout, même si la série est surtout exceptionnelle pour ses deux (voire trois) premières saisons.

  3. Quatre ans après je ne sais toujours pas si j’ai aimé cette fin ou pas, mais comme à l’époque j’étais parti sur le principe que je serai déçu quoi qu’il arrive je n’avais pas crié au scandale comme beaucoup de personnes. Qu’on aime ou pas la fin de la série, voire la direction qu’elle prend à partir de la saison 4, elle reste un modèle d’écriture tant au niveau des intrigues que des personnages. L’impact de Lost se ressent encore aujourd’hui, il n’y a qu’à voir le nombre de « nouveau Lost » qu’on nous a présenté depuis. D’un point de vue personnel je n’ai toujours pas retrouvé une série qui m’accroche autant que celles de la fin des années 2000 dont Lost était la tête de prou.

  4. Je vais me faire taper sur les doigts par Bruno, mais je suis bloqué au début de la saison 2 depuis genre presque un an, la faute principalement à un énorme manque de temps pour regarder tout ce qui sort mais aussi à un manque d’intérêt pour ma part pour la série… J’ai trouvé la première saison appréciable mais je n’ai pas du tout été estomaqué, j’imagine que je ne suis pas encore arriver au moment où ça devient aussi excellent qu’on me le dit depuis des années…

  5. J’essaierai de m’y remettre alors… un jour ! Mais j’ai vraiment envie d’aimer cette série afin de ressentir cette engouement que je ne retrouve plus que très rarement.

  6. Whoah, quel article ! Une très grande richesse au niveau des références!

    En faisant l’exercice de « creuser davantage » comme l’évoquait Marti dans les commentaires, pour d’autres influences ou parallèles j’ai pu trouver :
    Les New Warriors « Forever Yesterday » un arc avec le Sphinx qui crée une réalité alternative (et où Logan est également membre de la résistance, tué dans une scène très référentielle).
    Hulk : Imperfect Future, où les rebelles du futur viennent chercher le Hulk du présent pour lutter contre son double du futur
    Avengers Forever : influence moins tranchée mais quand même : un futur où les Avengers ont été dévoyés en armée de conquête et une équipe d’Avengers composée de membres piochés à diverses époques pour sauver l’univers…

  7. ‘Faut dire qu’il est assez facile de tomber par hasard sur quelqu’un que l’on connaît dans notre petit monde de passionnés.

    Certains de ces futurs auraient tout-à-fait pu être évoqués dans l’article, même si je pense qu’il ne faut pas non plus trop surinterpréter l’influence que DoFP a pu avoir, après tout ce n’est ni le dernier ni le premier futur post-apo des comics… Mais c’est sûr que vu l’importance de cette histoire, les auteurs y pensent forcément à un moment ou un autre !

  8. Charles Xavier, le type qui fait plus de méfaits une fois mort que vivant ?

    Blague à part, j’ai bien deux mois de retard sur Comic Box, donc si nos articles traitent du même thème ce n’est qu’une pur hasard dû à l’actualité au cinéma de ces derniers temps.

  9. La période écrite par Judd Winnick (#1-25) est juste excellente, ensuite vient Chuck Austen (#26-45) qui est étonnant sympa à lire par rapport aux horreurs qu’il écrivait sur Uncanny X-Men à l’époque (il y a d’ailleurs un petit crossover avec cette équipe), puis la série retrouve un véritable second souffle avec l’arrivée de Tony Bedard au #46, et surtout à partir du #69 jusqu’au #82 où l’équipe effectue le World Tour, soit une série d’aventures dans les univers alternatifs bien connus alors que le titre proposait jusque-là essentiellement des mondes inédits. Au #87 arrive Chris Claremont, ça se laisse au début puis ça empire, je n’ai plus lu à partir du moment où la série est passée au format Monster mais de ce que je sais ce n’est pas très fameux, la série est arrêtée au #100 et relancée pour 18 numéros sous le titre de New Exiles. On a enfin eu un relaunch inédit en France par Jeff Parker qui a juste duré 6 numéros, c’était pas mal il paraît.
    Exiles est une série qui me manque vraiment, j’y étais assez attaché car elle a débuté en France quasiment pile quand j’ai commencé les comics et, plus objectivement, c’est une très bonne série sur les univers alternatifs.

  10. Je viens de finir Future Present que j’ai trouvé très bon pour un annual. Et je suis actuellement sur X-Statix qui est très bon aussi.
    Merci de ces découvertes !

  11. Je suis très admiratif de ton article. J’ai abandonné tout espoir de m’y retrouver dans cette pléthore de futurs parallèles, dès « Days of future present », que j’avais trouvé très mauvais.

    Chris Claremont avait bien identifié tout le potentiel qu’il pouvait tirer de ce concept de futurs alternatifs. En particulier, il revient dans le monde de « Days of future past » dans l’épisode 48 des New Mutants, et il en créée un autre dans l’épisode 49 où les humains sont relégués à l’état de servitude.

    J’avais également régulièrement l’impression que les circonstances (interventions éditoriales ou utilisations non prévues des personnages par d’autres auteurs) l’empêchait de mener à terme le destin de Rachel Summers (ce que tu exposes en détail), ou même le devenir de la sentinelle Nemrod aux apparitions très erratiques, comme s’il n’y avait aucun plan à long terme. Bien sûr le départ de Claremont et la multiplication des séries ont annihilé toute chance d’une structure cohérente.

  12. Il va vraiment falloir que je lise ces épisodes de New Mutants, je ne pensais pas qu’ils touchaient autant aux futurs alternatifs !

    Je pense que Claremont avait des plans à long terme pour Nemrod, mais que les décisions éditoriales l’ont empêché de mener à bien sa barque.

  13. Marti, j’ai enfin fini de lire ton second article et je suis vraiment impressionné par la somme de références que tu accumules et propose à regarder en parallèle… Je suis assez fan de Joss Whedon, et après cela, il me semble évident que Buffy et consorts ont été inspirés par les comics (même si je connaissais l’amour de Whedon pour les comics après avoir lu sa préface pour the Ultimates, qui est grosso-modo le scénario de Avengers qu’il réalisera). Je n’ai pas regardé Dollhouse et n’ai jamais suivi Lost, mais je te rejoins pour la première saison de Heroes (série que j’ai abandonné après la saison 2).

    Quant à Breaking Bad, j’ai eu aussi du mal à accrocher, mais après les derniers épisodes de la saison 2, ça s’accélère et il est quasi impossible de s’arrêter avant la fin de la saison 5. C’est une seule histoire sur plusieurs saisons, comme Lost je pense.

  14. Merci pour le commentaire ! Joss Whedon est loin d’être le seul « geek » à réaliser des films et des séries mais il est maintenant sans conteste l’un des plus emblématiques. Pour les cinéastes et artistes américains (voire des pays anglophones), l’influence des comics est sans doute comparable à Astérix et Tintin chez nous qui ont touché de très nombreux créateurs.

    Je me suis enfin remis sérieusement à Breaking, à raison de 1 à 3 épisodes par weekend suivant le temps libre à ma disposition, et je suis totalement conquis. Je te rejoins tout-à-fait pour dire qu’il faut attendre la saison 2 (à partir de la moitié je dirai) pour que ça s’accélère vraiment. Et puis Saul Goodman quoi !

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