Unspoken VO : Jennifer Blood #1

Scénariste : Garth Ennis
Dessinateur : Adriano Batista
Couverture : A – Tim BradStreet
B – Jonathan Lau
C – Ale Garza
D – Johnny Desjardins
Éditeur : Dynamite comics

Histoire : Jennifer est en apparence une gentille mère au foyer  sans histoire. Sauf que la nuit tombée elle laisse tomber les tabliers de cuisine pour enfiler des tenues en cuir moulant, avec décolleté plongeant, armée de la tête au pied pour aller dessouder du gangster de manière assez sanglante .

Avis : Après The Boys, Garth Ennis sort un nouveau titre chez Dynamite, avec Jennifer Blood il revient à ses premiers amours c’est à dire du sexe (drôle) et beaucoup de violence, là aussi drôle. Dans la postface de ce premier épisode Ennis explique qu’il a voulu revenir à une ambiance un peu plus légère et surtout moins sombre, il faut donc prendre le titre comme un grand défouloir.

Scénario : Ce premier épisode pose le cadre de la série sans pour autant nous donner l’ensemble des clés du récit. En effet cet épisode est un peu une journée banale dans la vie de Jennifer. L’humour et le fun ici  ont pour  base la coexistence entre le deux vies de Jennifer entre d’un côté sa vie paisible et normale et de l’autre sa vie de tueuse impitoyable. Tout l’épisode repose sur ce postulat, et pour tout dire se fatigue assez vite,

J’ai tout de même esquissé un sourire à la lecture de la première page dans laquelle Jennifer explique le contenu de sa journée, entre s’occuper des gosses, du choix de la lessive avant de  se plaindre de la mode des 9mm dans les magazines de flingues …Encore une fois ressort l’obsession de Ennis pour les flingues de toute sorte et on peut sentir que le bougre n’a pas à se forcer pour partir dans des explications sur les différents 9mm sur le marché

L’autre marotte de Ennis c’est bien sur une certaine représentation de la violence et de ce côté là on est bien servi, puisque après avoir couché les enfants, Jennifer s’en va zigouiller une réunion de vilains pas beaux,. On devrait plutôt dire massacrer que zigouiller, car très vite la jeune femme marche dans une marre de sang (pas le sien), sans que le grotesque de la scène, ou la cruauté dont elle peut faire preuve ne l’émeuve à aucun moment.

Enfin le dernier penchant de Ennis dans ses histoires est aussi présent, je parle bien sur du sexe, qui le plus souvent est représenté de manière assez comique.  A la fin de l’épisode, épuisée la belle Jennifer rejoint son très normal mari, qui est totalement ignorant de la double vie de sa femme, et la pauvre se rend compte qu’il a « envie ». Bref je vous passe les détails, sauf qu’en lisant la scène je me suis dit que la situation a du rappeler des souvenirs à beaucoup de femmes, puisque alors que le mari tache, à grand peine, de faire son affaire Jennifer elle mate le plafond en se disant qu’il faudrait le retaper. En gros on sent qu’elle a vraiment la tête à ce qu’elle fait.

On peut donc dire qu’avec Jennifer Blood Garth Ennis est en terrain connu, voire reconnu, si ce n’est déjà rebaché mille fois., et il faut bien avouer  que le scénariste n’innove pas beaucoup dans cet épisode, ni même qu’il se lâche. De ce point de vue on a déjà vu Ennis beaucoup plus féroce, si bien que l’on peut se demander si il ne s’agit pas ici d’un boulot de commande ou il aurait fait le minimum syndical.

Jennifer Blood n’est pas une mauvaise lecture, mais ce n’est pas à la hauteur des précédents travaux de Ennis comme Preacher, Punisher ou The Boys, du moins pour le moment.Il faudra voir si le titre ne se révèle pas plus complexe au fur et à mesure que le scénariste construira son histoire. Malheureusement pour le moment je ne peux pas dire que je me suis beaucoup amusé à la lecture de cet épisode, qui est sympathique mais sans plus. Il faudra aussi voir si Ennis évitera le poncif du Punisher au féminin quand  il décrira avec plus de précision les origines du personnage et comment elle en est arrivée à mener une telle

Dessin : Adriano Batista rend une copie honnête, qui sert bien le scénario de Ennis, mais certaines planches mériteraient d’être plus travaillées et l’encrage retravaillé. On retrouve, malheureusement, ici la pâte Dynamite avec de très belles couvertures mais des intérieurs qui demande à être plus travaillé

Couverture : là on a du lourd, puisque Ennis retrouve son compère de Punisher et Hellblazer : Tim Bradstreet qui peint de très belles couvertures. Les autres couvertures sont plus inégales, celles de Bradstreet restent très au dessus de lot.

Note : 6,5/10 – une lecture agréable pour une série pas prise de tête

A propos Sam 1801 Articles
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