Oldspoken VO : The Light

Crédits :

Scénario : Nathan Edmondson

Dessins : Brett Weldele

Couverture : Brett Weldele

Éditeur : Image Comics

La série : The Light est une mini-série de 5 épisodes parue entre avril et août 2010 chez Image Comics. Depuis, l’ensemble a été compilé dans un recueil du même nom.
Nathan Edmondson est le scénariste de la récente mini « Who Is Jack Ellis ? » et est à la tête de la série « Grifter » dans le cadre du relaunch The New 52 de DC.
Brett Weldele est l’illustrateur de la mini-série « The Surrogates » qui a donné lieu à un film du même nom avec Bruce Willis (« Clones » en français dans le texte).

Scénario : The Light débute par le licenciement d’un employé au grand soulagement de ses collègues. Cet ancien soudeur, alcoolique, violent, notoirement connu pour frapper sa femme, c’est Coyle, le protagoniste principal de The Light. Et puis il est roux. Un vrai anti-héros.

Après cette dernière journée, Coyle se morfond donc dans le fauteuil familial sans avoir réussi à mettre la main sur la bouteille que sa mère et sa fille ont cachée. Ce n’est qu’à la nuit tombée qu’il est tiré de ses pensées par une coupure de courant et les appels à l’aide qui s’en suivent. À l’extérieur, son ancien employeur court dans la rue qui jouxte sa demeure. L’homme tient des propos délirants et met en garde Coyle lorsque celui-ci passe à sa hauteur : il ne faut surtout pas regarder la lumière ! Comme pour confirmer la folie qui s’est emparé de l’illuminé (ah ah), le lampadaire proche se met à grésiller. Notre protagoniste principal a juste le temps d’enfiler les lunettes de soudeur qui lui pendent autour du cou qu’il assiste à la mort du DRH, brûlant de l’intérieur, crachant de la lumière et devenant un vrai… feu d’artifices.

Impressionné et surpris, Coyle rentre chez lui au pas de course et prévient sa fille qui se montre particulièrement méfiante. Ils se retrouvent immédiatement confrontés à la « contamination » via la mère de Coyle qui se met à s’éclairer comme un abat-jour vivant. Le père et la fille parviennent à quitter les lieux juste à temps pour découvrir que le voisinage est entièrement touché par l’étrangeté : des feux sont allumés un peu partout dans la nuit.

Ils s’organisent alors dans l’urgence : ils doivent masquer leurs regards, fuir la région et toute source de lumière…

Dessins : Brett Weldele officie dans un style qu’on peut qualifier de « Templesmithien », avec une utilisation importante de l’ordinateur et des effets de matière. Ses cases sont plus définies par les couleurs que par ses traits. Des couleurs qui ne changent pas tout du long : de l’orangé, du bleuté et des teintes métallisées. L’ensemble est parfois paresseux avec un abus de grandes cases et d’images particulièrement vides et grossières. Par contre, les couleurs et les textures sont maitrisées et sont le réel point fort de l’ensemble. Elles possèdent une certaine élégance et ajoutent nettement à l’ambiance.

Les couvertures : Tout comme l’intérieur, elles sont l’œuvre de Brett Weldele. Pour peu qu’on apprécie ce style – économique en traits, riche en textures – les couvertures sont assez belles et un peu plus travaillées que l’intérieur. Elles intriguent et proposent quelques beaux cadrages, là encore avec une approche « cinématographique ».

Avis : Car oui, tout au long de la lecture, un sentiment ne quitte pas le lecteur : c’est un comics qui a tout de la série B fantastique. Une série B un peu classe, pas portée sur les monstres en plastique et à l’approche relativement minimaliste mais un film tout de même. Cette impression est renforcée par des phrases chocs notées en 4ème de couverture de chaque épisode comme tout autant de taglines sur une affiche de film : « Ne vous arrêtez pas de courir ! », « Ne faites pas demi-tour ! », « Ne regardez pas la lumière ! ».

The Light se lit particulièrement vite. Visuellement et scénaristiquement. Les cases véhiculent une réelle ambiance mais sont très simplement composées et manquent de détails pour fixer l’œil. Ce reproche peut aussi être apporté à l’histoire.

J’ai lu cette mini-série deux fois. Ma première lecture fut légèrement décevante. La faute à un manque d’ambition et de densité dans la narration. Et de réponses. Ne vous attendez pas à savoir « Pourquoi ? », vous n’aurez rien à vous mettre sous la dent de ce côté là. Au contraire, ma seconde lecture fut bien plus enthousiaste. Bien que rares, les quelques idées esquissées sont sympathiques et l’ambiance crépusculaire de fin du monde reste accrocheuse. De même, bien que trop rapidement caractérisés, la relation père-fille est intéressante tout comme le fait que le père ne soit pas le héros typique (en celà, le personnage s’inscrit justement dans des codes assez typiques de films fantastiques).

Pour résumer : j’aurais apprécié que cette mini-série dure plus longtemps, que la trame soit plus développée mais l’ensemble reste tout de même intriguant et le moment de lecture agréable.

Note : 6/10 – C’est un Check-it.

A propos Yno 11 Articles
Auteur de JDR (Patient 13, Notre Tombeau chez John Doe), de nouvelles (chez Rivière Blanche, dans Malpertuis III) et de BD (Silences), pigiste (Casus Belli) et chroniqueur (Comixity), mais avant tout savant fou sur www.misterfrankenstein.com

1 Comment

  1. J’avais vraiment été séduit sur le début de cette mini et tout comme toi, la fin m’a laissé un goût de trop peu, voire même d’inachevé. Un bon petit check-it en TPB pour les mois un peu creux où on n’a pas grand chose à se mettre sous la dent.

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