Oldspoken VO : Impaler

Crédits :

Scénario : William Harris

Dessins : Nick Postic, Nick Marinkovich, Francis Tsai

Couvertures : Nick Postic (singles) et John Paul Leon (TPB)

Éditeur : Top Cow (précédemment Image Comics)

La série : Impaler est une mini-série en 6 parties dont seuls les trois premiers épisodes sont parus entre octobre 2006 et février 2007. Les trois derniers ont finalement été publiés directement avec les trois premiers dans un recueil du même nom, en octobre 2008. Depuis, une seconde série « Impaler » est parue mais ce Oldspoken se consacre exclusivement à ce qui est qualifié de « premier chapitre » (les 6 premiers épisodes).

Depuis cette première série, William Harris a scénarisé la mini-série Infamous tirée du jeu vidéo du même nom et Nick Postic a dessiné Secret Invasion: Home Invasion.

Scénario : L’intrigue d’Impaler se déroule de nos jours, en hiver, à New York (malgré quelques flash-backs moyenâgeux). En 1460, alors que les vampires massacrent toute la Valachie, un homme, que l’histoire connaîtra sous le nom de Vlad Tepes, réalise un rituel pour contrer les créatures. De nos jours, alors qu’un blizzard s’abat sur la Grande Pomme, des douaniers portuaires arraisonnent un navire abandonné et tombent sur les corps exsangues de l’équipage.

Bien malgré eux, la macabre découverte va déclencher une vague de disparitions nocturnes et de multiples enquêtes de voisinage par la Police. Ainsi, en à peine 48 heures, on assiste via quelques scènettes à la prolifération de l’ennemi, d’abord via des victimes isolées puis par des attaques de grande ampleur. Les vampires d’Impaler sont des créatures assoiffées de sang, ne se déplaçant que la nuit et, surtout, au corps constitué de tentacules d’ombres (concept qu’on peut étroitement rapprocher de la Fumée Noire vue dans la série Lost).

Quelques policiers (dont un personnage principal récemment veuf) aidés par un Vlad Tepes à la moralité douteuse vont tenter de survivre à cette apocalypse sanguinaire…

Dessins : Difficile d’émettre un avis un tant soit peu définitif sur les illustrations d’Impaler. D’abord parce que plusieurs illustrateurs ont officié : Nick Postic pour les 3 premiers – qui est aussi mentionné comme encreur « additionnel » à ses propres dessins (où Nick Marinkovich est sensé être l’encreur « principal » et le coloriste) – puis ensuite des permutations et des changements notables pour les 3 derniers (Francis Tsai devient d’ailleurs l’unique dessinateur, encreur et coloriste des deux derniers). Bref, un gros bazar.

À première vue, il se dégage une vraie ambiance des pages d’Impaler – quelque chose d’intéressant où l’on cherche ce qui peut se dissimuler dans les ombres contrastées du travail de Nick Postic. Et ça fonctionne si on y regarde pas de trop près. En effet, autant certains persos semblent inspirés de photos et possèdent des proportions réalistes autant d’autres cases sont mal agencées avec des personnages aux raccourcis maladroits. De même, certains éléments sont définis par les contrastés colorés et par leurs ombres tandis qu’à d’autres moments, les personnages possèdent des contours très anguleux, très stylisés et marqués comme si la couleur n’avait pas été prévue pour faire parti du projet initial et n’avait été rajoutée qu’à la toute fin. Pour exagérer, on alterne parfois entre la représentation photoréaliste d’un Tim Bradstreet au trait parfois le plus anguleux de Peter Snejbjerg. J’apprécie les deux artistes mais ces influences se ressentent tantôt sur une case tantôt sur une autre. Et c’est agaçant. Quand bien même d’ailleurs cette instabilité dans le traitement graphique, les compositions sont parfois trop légères, trop vides et parfois très peu lisibles.

Au début, Postic utilise des cases larges qui contribuent par leur 16:9 à la représentation d’un thriller horrifique tandis qu’à la fin, les cadres sont plus carrés et desservent l’histoire telle que racontée jusqu’alors. Dans le même ordre d’idées, Francis Tsai qui débarque sur les deux derniers épisodes ajoute au changement d’ambiance avec un trait crayonné, non encré, aux couleurs douces, des persos légèrement rondouillards et caricaturaux et, surtout, avec des ombres grisonnantes.

Avis :

J’avais lu les trois premiers épisodes à l’époque et ils m’avaient suffisamment fait bonne impression pour que je tente le recueil avec l’ensemble des épisodes. Pourtant, à la seconde lecture, le soufflet est retombé. Les personnages ne sont pas attachants et on se moque de leur destin. Ils ne sont clairement pas aidés par le trait qui ne permet pas toujours de les reconnaître (le premier tiers de l’intrigue met en scène plusieurs personnages avant de se focaliser sur quelques uns en particulier) et la composition de certaines cases qui « permutent » la position de certains d’entre eux via des champs-contrechamps mal gérés perd encore plus l’œil et le lecteur.

Si la seconde partie qui verse dans le survival horror apocalyptique est amusante parce qu’inattendue (je pensais qu’on resterait dans une veine « réaliste » et pas que les vampires déferleraient en masse aux yeux de tous) et que l’idée est amusante, elle n’est pas non plus particulièrement bien mise en scène, que ce soit visuellement ou scénaristiquement. Vlad Tepes est à la limite du ridicule et une scène très « magique » dénote un peu dans l’ambiance de survie glaciale qui était de mise jusqu’alors et malmène encore un peu plus la tonalité globale de la mini-série.

En soi Impaler n’est pas mauvais mais l’ensemble n’est pas non plus particulièrement emballant et est tout à fait dispensable.

Note : 4,5/10 – C’est un Check-it à tendance Pass.

A propos Yno 11 Articles
Auteur de JDR (Patient 13, Notre Tombeau chez John Doe), de nouvelles (chez Rivière Blanche, dans Malpertuis III) et de BD (Silences), pigiste (Casus Belli) et chroniqueur (Comixity), mais avant tout savant fou sur www.misterfrankenstein.com

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