New 52 – It’s a kind of Magic (Feat. Pandora)

Attention cette chronique est riche en spoilers… Elle s’intéresse à des éléments qui concernent la conclusion de Flashpoint et des évènements relatés dans les tous récents Justice League 6 & 7… Vous voilà prévenu !

 

La Magie et DC Comics (avec du Pandora dedans !)

 Flashpoint – vers une nouvelle ère des héros

Août 2011, dans les pages de Flashpoint n°5, nous faisons la connaissance d’une mystérieuse jeune femme. Une capuche rouge, des yeux qui brillent, des tatouages sur le visages, Pandora (on apprendra son petit nom quelques mois plus tard) utilise ce pauvre Barry Allen afin d’altérer et fusionner les timelines des univers DC, Vertigo et Wildstorm. Alors que ce dernier pensait réaliser un de ses habituels sauts temporels pour définitivement effacer le monde selon Flashpoint, cette fille qui sort de nulle part (enfin si de l’esprit de Geoff Johns) vient chambouler tout DC Comics et lance les fameux New 52. Ce relaunch, qui a fait couler beaucoup d’encre numérique, bien qu’étant un plan marketing parfaitement huilé et qui s’est révélé payant (jusqu’à présent), se devait d’avoir une légitimité scénaristique. Et cette idée c’est elle, une nouvelle héroïne mystérieuse dont le rôle sera de faire passer la pilule auprès des fans de la continuité DC. Ainsi malgré un coté « Deus Ex Machina » assez perturbant au premier abord, les lecteurs se mettent à spéculer sur l’importance de ce personnage. Certains cyniques y voit uniquement un moyen pour DC de revenir à la précédente continuité via une pirouette scénaristique si jamais les new 52 se plantaient alors que d’autres, plus optimistes, se disent que l’ami Geoff (qui prend en grande partie les reines des décisions éditoriales concernant les New 52) a un plan bien précis pour elle.

« Car l’histoire des héros a été brisée en trois il y a très longtemps. Éclater pour mieux affaiblir ton monde afin de faciliter leur arrivée imminente. Vous devez tous joindre vos forces. Les lignes du temps doivent ne faire plus qu’une à nouveau. Tu peux le faire, Barry Allen, mais tu devras en payer le prix. » Pandora – Flashpoint n°5

Bien que cryptique, sa tirade se révèle riche en informations. Il y a très longtemps, un événement ou un groupe d’êtres aux pouvoirs immenses a détruit la réalité, l’a affaiblie en la scindant en 3 univers. Cependant alors qu’une menace imminente et mystérieuse se profile à l’horizon, Pandora décide, en utilisant l’énergie véloce de Flash comme catalyseur, de re-fusionner « les mondes » pour re-former ce qu’elle appelle l’histoire des héros. Dc, Vertigo et Wildstorm ne font alors plus qu’un. Le truc qui me chagrinait à l’époque c’est que les univers Vertigo et Wildstorm étaient, depuis la maxi série 52, en fait deux des autres Terres du Multiverse. Pourquoi Pandora n’a pas fusionné tous les 52 univers dans ce cas là? Je pinaille mais avouez que c’est étrange ! Mais ce n’est pas la seule question qu’on se pose à la fin de Flashpoint. À partir de quand la fusion a-t-elle lieu ? Que devient le Multiverse ? Pandora agit-elle de son propre chef ou sous les ordres d’une entité supérieure ? Bref de quoi se gratter la tête en attendant de découvrir les fameux New 52.

Figure mystique, déesse, magicienne suprême qui vit en dehors du temps, de l’espace et du Multiverse ? Pendant six mois, le lecteur reste dans le flou. Tout juste est-il rassuré de voir que ce personnage est voué à un rôle important quand il la découvre dans tous les numéros 1 sortis en septembre 2011. Malheureusement son incrustation se fait avec plus ou moins de réussite, ce qui, au final, fait planer encore plus de doutes. Ainsi, par exemple, dans Resurrection Man n°1 elle apparait avec des mains crochues (Freddy Krueger Style) et on dirait un homme. Erreur du dessinateur ou y’aurait-il plusieurs êtres comme elle ? D’ailleurs son coté observatrice dans tous ces numéros 1 (ainsi que le petit « gimmick » qui consiste à essayer de la trouver façon Où est Charlie?) fait drôlement penser aux fameux et mystérieux Observateurs de la série TV Fringe. Bref, la voyeuse des New 52 est bel et bien au rendez-vous mais tout ça ne fait pas beaucoup avancer le Schmilblick ! Puis, DC commence à communiquer sur elle : d’abord on apprend son nom, Pandora, puis un backup sera publié dans Justice League n°6 centré sur son personnage.

Pandora VS The Phantom Stranger (Round 1)

Février 2012, enfin des révélations ! Justice League n°6 est une belle baffe. Bien sûr il y a la fin du premier arc de la Justice League New 52 (que j’ai d’ailleurs pour ma part trouvé très sympathique et artistiquement sublime… argh Jim Lee, t’es trop fort !), mais il y a surtout ce backup de 6 pages scénarisé par Mr. Johns et dessiné par Carlos D’Anda. On ne nous a pas menti, on retrouve bien Pandora dans le monde des New 52 et, surprise, elle n’est pas toute seule ! Ce, trop court, backup nous relate les retrouvailles entre Pandora et une des figures mystiques les plus secrètes de l’univers DC, le Phantom Stranger. Quand le Phantom Stranger apparait dans une histoire, en général c’est que la « magie » va jouer un rôle primordial dans l’intrigue.

Ce qui est amusant avec ce personnage, c’est qu’il est l’un des rares héros DC dont on a aucune certitude concernant son origine. D’ailleurs lorsqu’il a fallu raconter son histoire dans un numéro de « Secret Origins » (V2 n°10-1987), les scénaristes (dont Alan Moore) ont proposé non pas une mais quatre origines différentes et le pire c’est qu’au final il est sous entendu que peut être aucune de ces origines n’est vraie (pour plus d’infos sur le personnage un petit tour sur sa page wiki). Parmi ses heures de gloires, ce personnage fut l’un des membres de la fameuse Quintessence (j’y reviendrai un peu plus loin) et une figure majeure dès que la magie vient mettre le souk dans l’univers DC (Day Of Judgement de Geoff Johns, Day of Vengeance et Shadowpact de Bill Willingham entre autres).

Qu’apprend on dans ce backup ? Et bien, le Stranger a été envoyé par un groupe d’individus (dont il fait peut être lui même partie) appelé le Circle of Eternity pour récupérer une boîte que Pandora aurait en sa possession. Une boîte? Pandora? On apprend de la bouche du Stranger que des maux tels que la mort, la maladie, le tourment ont été libérés par Pandora. Oui, en fait il s’agit bien d’une nouvelle interprétation du fameux mythe de Pandore. Vous savez, dans la mythologie Grecque, Pandore, la première femme créée par les dieux, qui par curiosité ouvrit une mystérieuse boîte qui contenait tous les maux de l’humanité. Ici Pandora, version DC, essaye de réparer son erreur et tout particulièrement elle cherche à capturer une entité mystérieuse The Strange (l’étrange, le bizarre, l’étonnant… curieux de voir comment ce sera traduit en VF). Or pour luter contre The Strange et la (les) capturer elle a modifié la réalité pour la rendre plus forte et a même dû lui apporter l’aide nécessaire. Cependant comme le lui rappelle le Phantom Stranger cet acte est interdit. Des êtres comme elle ou le Stranger sont censés juste observer, pas intervenir. Une des révélations les plus importantes est donc le fait qu’un certain nombre d’êtres magiques et mythologiques sont encore conscients de la réalité pré-New 52.

« the Circle of Eternity » : la nouvelle Quintessence ?

Que peut donc bien être ce Circle of Eternity ? Un peu plus haut j’évoquais la fameuse « Quintessence », un groupe d’êtres divins et cosmiques qui a été pour la première fois introduit dans le récit « Kingdom Come » avant d’être injecté dans la continuité DC classique. Composé de Zeus, le Highfather (chef des New Gods de New Genesis), Ganthet (le Gardien), Shazam et le Phantom Stranger, ce groupe d’individus mystiques et cosmiques jouait le rôle d’observateur du temps, de l’espace et de la magie. Bien que composé d’êtres que l’on peut considérer comme « ultra-puissants », il existe une entité encore plus importante au-dessus d’eux : The Presence. Il est très périlleux et difficile de faire un résumé de la cosmogonie DC, mais la Présence serait une représentation fictive de Dieu qui serait à l’origine de la création de l’univers DC. Si je l’évoque c’est parce que dans la mini-série Day of Judgement, Geoff Johns évoque à la fois la Présence et son implication dans la création du Spectre et la Quintessence, ce qui montre que le scénariste s’intéresse tout particulièrement au coté mystique de l’univers DC. Or quand je lis Circle of Eternity, je pense tout de suite au Rock of Eternity où vit le sorcier Shazam. Et ce fameux Third Sinner dont parle le Stranger, ce ne serait pas justement le sorcier Shazam dont les origines sont liées aux péchés (World’s Finest 262, 1980) et qui a emprisonné ensuite les 7 péchés capitaux dans son antre.

Le truc qui coince, c’est que dans la continuité pré-New 52, aussi bien le Highfather que Shazam sont décédés. Il est donc possible que Pandora, en changeant la réalité, les a peut être ressuscités. Concernant les New Gods, pour le moment nous n’avons vu que des habitants d’Apokolips (Darkseid et cie) et pas la moindre trace de New Genesis… Wait and See. Quant à Zeus et Ganthet, entre le premier qui s’occupe plus de forniquer à tout va et le second qui a été lobotomisé par ses confrères, il y a de fortes chances que le Circle of Eternity diffère assez grandement de la Quintessence pré-New 52. En outre, Pandora suggère que certains de ces membres pourraient être des femmes (Warlocks and Witches). Finalement, ce groupe serait peut être uniquement d’origine magique et non plus divine et cosmique (adios Ganthet,  Zeus et le High-Father ?). La magie… Est-ce que la magie sera un des thèmes majeurs dans Justice League ? Ça m’en a tout l’air et encore une fois ce sont tous les indices que Johns a parsemés dans JL qui vont dans ce sens… Preuve en est l’ajout d’un backup sur l’ex Captain Marvel, le « superman » magique de DC comics, à partir de JL n°7 !

Magie, Paranormal… « The Strange »

« Pendant des siècles, la science a gouverné le monde. Maintenant la Magie est de retour. Et un Mal ancien, brutal est revenu avec… » Backup Justice League n°7

La semaine dernière, la sortie de JL n°7 aura fait débat au sein de Comixity (pour s’en rendre compte rendez vous sur le weekly). Mais le backup a eu plutôt un bon écho. Il faut dire que Gary Frank fait un très joli travail coté dessin. Coté scénario, Johns revisite le processus de sélection qui a conduit à ce que le jeune Billy Batson deviennent SHAZAM : le vieux sorcier a convoqué devant lui de nombreuses personnes avant de choisir Billy. On fait aussi la connaissance d’une version bodybuildé de Dr Sivanna qui, soi-disant pour aider sa famille, cherche à comprendre l’origine de ses enlèvements mystiques. Il se réfère à un livre qui conte la légende de Black Adam. Dans ce livre, le Rock of Eternity serait un lieu secret où « sorciers et sorcières partageraient leur secrets ». Cela ressemble beaucoup aux termes employés par Pandora quand elle décrivait le Circle of Eternity. Or comme le sorcier Shazam a l’air bien seul dans son rocher, cela confirmerait aussi les dires de la femme à la capuche rouge sur la possible mort des membres du Cercle. Enfin, un détail qui m’a frappé c’est l’emphase de Sivanna sur le mot « strange » qui est en gras dans la bulle de texte. A mon avis ce n’est pas innocent et c’est probablement pour faire le lien avec le fameux The Strange du backup sur Pandora.

Dans JL n°7, on découvre aussi l’identité d’une des futures grosses menaces de la Justice League : son nom, David Graves. Introduit petit à petit par Johns dans les numéros précédents, Graves est l’auteur d’une série de livres traitant des phénomènes surnaturels et magiques. Dans JL n°3, on trouve en backup un extrait d’un de ses livres, The Secret History of Atlantis. Dans JL n°6, on découvre qu’il fut présent lors de l’attaque de Darkseid. Sauvé in-extremis par les super-héros, on le retrouve à la fin du numéro en train d’écrire le premier livre qui traite des super-héros et c’est aussi lui qui trouve le nom, Justice League, pour décrire cette nouvelle équipe.

On ne sait pas encore ce qui a pu se passer en 5 ans, mais d’adorateur de la Justice League, il semble être devenu l’un de ces plus fervents opposants. D’ailleurs son but est leur destruction, ni plus ni moins. C’est lui qui vole L’orbe de Râ dans ce numéro d’ailleurs. Il semblerait ainsi à la recherche d’artefacts magiques pour réaliser ses desseins. Quand sur la dernière page de JL n°7, il écrit « J’ai eu tort », il y a un zoom sur le titre de son ouvrage et sur le terme « Dieux ». Peut-être s’est-il rendu compte pendant les 5 ans qui sépare JL n°6 de JL n°7 que ces super-héros ne sont pas d’origine divine mais juste des êtres venu d’ailleurs (alien) ou ayant obtenus des pouvoirs d’origine extra-terrestre, des hommes ayant dépassés les prouesses humaines grâce à la technologie ou l’entrainement… Peut-être pense-t-il qu’ils ne sont plus dignes d’être considérés comme des dieux ? Vivement JL n°9 avec le retour de Jim Lee et le début de l’arc : « The Villains Journey » pour en apprendre plus sur ce mystérieux David Graves !

Le but de cette chronique était d’évoquer (sans être exhaustif !) avec vous tous ces nombreux détails que vous avez aussi probablement découverts lors de vos lectures. Bien sûr les quelques suppositions que j’ai faites se révéleront peut-être complètement à coté de la plaque dans quelques temps, mais il faut avouer que ce jeu de piste auquel nous invite Johns dans Justice League m’amuse et m’intrigue beaucoup (et cela joue beaucoup dans mon appréciation de la série). À mon avis il pose ici les pierres d’un très gros évènement qui sera centré sur le monde de la magie. Je suis aussi de ceux qui pense (contrairement à Steve) qu’il a prévu de grande chose pour Pandora. Enfin pour terminer avec les indices et autres clins d’œil, que pensez-vous de ça : jetez un œil aux symboles des super-vilains et à ce que tient Batman sur la couverture du Free Comic Book Day qui sort le 5 mai 2012… le tout avec Pandora dans le fond… « Tout est lié ? »

À la fin de Justice League n°6
Cover du numéro gratuit pour le Free Comic Book Day qui sort le 5 mai 2012

 

 

A propos Bruno 41 Articles
Évangéliste de l'univers Ultimate Marvel, fervent lecteur DC Comics et amateur de "perles" Indés. Sériephile, Cinéphile, Vidéoludophile et Mangaphile a ses heures perdues. Libraire chez Pulp's Bordeaux... le Comicshop qu'il vous faut !

6 Comments

  1. N’étant pas un érudit ès DC je ne connais pas la majorité des références mais tes recoupements sont intéressants. Beau boulot pour un article bien écrit, chapeau.

    J’espère qu’on en apprendra un peu plus dans la publication du free comic book day. 

  2. Merci pour ton commentaire Kaostorm et oui j’attends avec impatience la publication dans le « Free Comic Book Day ». Je vois poindre de grandes choses pour Pandora!

     

  3. J’ai enfin pu lire cet excellent article à tête reposée après la lecture du FBCD… J’y ai appris des choses, et cela me donne à présent envie de m’intéresser un peu plus à cette intrigue, car jusque là, j’avoue que ça ne m’avait pas particulièrement captivé. 

    « Erreur du dessinateur ou y’aurait-il plusieurs êtres comme elle ? D’ailleurs son coté observatrice dans tous ces numéros 1 (ainsi que le petit « gimmick » qui consiste à essayer de la trouver façon Où est Charlie?) fait drôlement penser aux fameux et mystérieux Observateurs de la série TV Fringe. »

    Moi ça m’a surtout fait penser aux Scriers du temps de la clone saga dans Spider-Man ! 😉

    « et tout particulièrement elle cherche à capturer une entité mystérieuse The Strange (l’étrange, le bizarre, l’étonnant… curieux de voir comment ce sera traduit en VF). »

    Ce sera traduit par : « Le magazine de l’araignée ». 🙂

     » Quand sur la dernière page de JL n°7, il écrit « J’ai eu tort », il y a un zoom sur le titre de son ouvrage et sur le terme « Dieux ». Peut-être s’est-il rendu compte pendant les 5 ans qui sépare JL n°6 de JL n°7 que ces super-héros ne sont pas d’origine divine mais juste des êtres venu d’ailleurs (alien) ou ayant obtenus des pouvoirs d’origine extra-terrestre, des hommes ayant dépassés les prouesses humaines grâce à la technologie ou l’entrainement…  »

    Ou peut être tout simplement sait-il ce que la Ligue va provoquer : le conflit avec la Magie etc… Et du coup estime que sans la Ligue, le monde serait au contraire meilleure. 

  4. D’ailleurs, plus directement que les Observateurs de Fringe, y’a tout simplement les Monitors de chez l’ancien DC. Le nom même y fait penser avec ce concept d’observer la civilisation et les différents univers dans leur ensemble (Monitors qui ont disparu à la fin de Final Crisis).

  5. Merci King Ed pour ces éclaircissements !
    Je viens de commencer Justice League en VF et j’avoue que j’étais un peu perdue avec ce personnage de Pandora, ainsi que le Phantom Stranger que je ne connaissais pas du tout.
    Pour info, en VF  » The Stranger » devient « les étrangers » (ce qui a l’air d’être complètement con après avoir lu ton article !).
    Vivement la suite ! au moins pour voir si tes prédictions s’avèreront justes !

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