Unspoken VO : The Walking Dead 100

Crédits :

Scénario : Robert Kirkman

Dessins : Charlie Adlard

Coloriste : Cliff Rathburn

Couvertures : Une multitude de variantes et d’auteurs dont Charlie Adlard, Marc Silvestri, Frank Quitely, Todd McFarlane, Sean Phillips, Bryan Hitch et Ryan Ottley.

Éditeur : Image Comics

Pour son centième numéro, The Walking Dead se devait de marquer le coup. Robert Kirkman et Charlie Adlard s’y sont attachés à leur façon…

Synopsis : Quatrième partie de l’arc « Something to fear » où après le décès d’Abraham, Glenn a convaincu Maggie, enceinte, de déménager jusqu’à l’importante et paisible communauté croisée quelques épisodes plus tôt – l’occasion de sortir enfin de cette spirale infernale de morts à répétitions qui entoure Rick et ceux qui le suivent. Ce dernier a d’ailleurs attiré l’attention de Negan et de ses hommes en n’hésitant pas à venger Abraham en abattant certains d’entre eux. Ce 100ème numéro est ainsi l’occasion pour Rick et les siens de rencontrer le chef ennemi en personne.

Avis : Pour un numéro « notable » de The Walking Dead on est toujours en droit de s’attendre à un mort. Voire à une hécatombe. Pour un numéro 100 d’une série, on peut espérer une redistribution des cartes, une redéfinition des forces en présence, un changement dans l’univers ou le concept-même de la série. Rien de tout ça ici. Enfin si, en fait, il y a bien un mort et c’est bien malheureusement l’unique chose notable de cet épisode.

Kirkman a un vrai savoir-faire pour ça : la menace monte en puissance en quelques pages de dialogues faussement détendus et cools (bien aidé par notre envie perverse que ce numéro 100 soit mémorable) et Adlard ne se fait pas prier pour y aller à fond dans les détails et les gros plans quand l’heure de la sentence a sonné.

Le moins que l’on puisse dire est que l’effet est puissant : particulièrement bien mis en scène, dégoutant au possible, énervant par sa complaisance, psychologiquement « parfait » (le lecteur se retrouve dans la peau des personnages : obligé de subir l’horreur sans pouvoir faire quelque chose s’il veut continuer d’en être à la fin de l’épisode) mais… il y a un mais.

Si l’effet est indéniable, c’est surtout dû à un attachement affectif envers un personnage qui disparait sans pitié, sans crier gare et ce n’est pas du à l’excellence du scénario. De même si l’émotion ressentie à la lecture est forte, une fois le fascicule refermé, on a quand même l’impression que The Walking Dead tourne de plus en plus à vide. En quelques pages, Kirkman utilise le fond de commerce d’Ennis dans Crossed, de la barbarie frontale, et ne semble plus capable de créer la surprise autrement que par l’identité du prochain mort à venir. Negan s’annonce comme une redite du Gouverneur (le nouveau « grand méchant » pour quelques épisodes) et le scénariste n’a (encore ?) pas pris le temps de réellement le particulariser, de le rendre réellement original, pour le faire sortir du lot des tarés déjà rencontrés.

Certes, on pourra concéder que Negan a un certain recul sur lui-même, désabusé comme les personnages et les lecteurs par le monde de The Walking Dead, mais l’impression de lire un Kirkman un peu trop conscient de ce qu’il écrit, mi-blasé mi-petit malin, parler au lecteur est forte et ce n’est pas le teaser pour ce numéro 100 – Lucille is coming – qui contredira cette impression. De même, là où le précédent arc « A Larger World » annonçait un nouvelle voie dans l’univers de The Walking Dead, une fédération de communautés pour un nouveau monde, cet arc ne fait que proposer un méchant, certes très « vilain », mais pour l’instant sans autre originalité que d’avoir tué des personnages connus.

Pour résumer : The Walking Dead reste une série très lisible, totalement profilée pour le format TPB et qui garde une certaine constance de niveau (et qui est malheureusement victime d’une certaine redite) mais ce numéro anniversaire n’est pas particulièrement excitant ni mémorable…

Note : 5,5/10.

Si vous avez acheté tous les numéros de The Walking Dead jusque là, vous n’avez pas besoin de moi pour vous dire : Buy !
Si vous avez décroché depuis quelques temps et/ou que vouliez vous prendre cet épisode pour célébrer l’anniversaire : Check it à tendance Pass.

A propos Yno 11 Articles
Auteur de JDR (Patient 13, Notre Tombeau chez John Doe), de nouvelles (chez Rivière Blanche, dans Malpertuis III) et de BD (Silences), pigiste (Casus Belli) et chroniqueur (Comixity), mais avant tout savant fou sur www.misterfrankenstein.com

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