ONLPQDC #5 : Dôme de Stephen King

Cette semaine pour le cinquième numéro de On Ne Lit Pas Que Des Comics, j’aborde un auteur que j’affectionne tout particulièrement : Stephen King ! Je ne vais pas vous présenter le maître incontesté de la littérature horrifique mais sachez que j’ai du lire tout ses bouquins, en commençant par « Ça » quand j’avais une dizaine d’années. Je vais vous parler de son avant-dernier opus, ou plutôt de son avant-dernier « pavé » paru en France en 2 tomes chez Albin Michel (le fidèle éditeur de Stephen King en France) : Dôme

Synopsis : Un beau matin d’automne, la petite ville de Chester Mill se retrouve coupée du monde par un étrange champ de force. Ce champ qui suit précisément les contours de la ville empêche quiconque d’entrer ou de sortir et ne laisse filtrer qu’une toute petite quantité d’air, mais pas de pluie ni de vent…

Dale « Barbie » Barbara, ancien militaire ayant servi en Irak se trouve par hasard dans cette ville entre deux vagabondages. Julia Shumway est la journaliste locale, propriétaire du seul journal et « emmerdeuse » à temps plein. Jim Rennie est le politicien véreux, ripoux, incontrôlable qui tient toute la ville dans sa main et qui va vite voir dans cette tragédie un moyen d’asseoir sa position et de s’enrichir encore plus. Rusty Everett est un infirmier qui se retrouve propulsé médecin en chef suite au décès du précédent toubib. Tout se petit monde va devoir cohabiter (ou pas !) car personne ne sait, ni les habitants, ni l’armée, comment ce dôme est arrivé là ni quand ou si il va repartir un jour !

Avis : Alors oui, il n’y a pas que ces 4 personnages décrits plus haut. Ils sont nombreux, très nombreux et au début, malgré un départ digne des plus grande fins de Stephen King, on a tendance a se perdre dans tous les personnages, les lieux, les magasins… Mais bon, avec plus de 1000 pages, je peux vous garantir qu’on a le temps de s’y habituer ! Mais chaque personnage est attachant, enfin presque tous, car comme dans toutes les villes, il y a des pourritures, des fils de pourritures, des copains de pourritures, des héros, des héros qui s’ignorent, des gens normaux, des moutons, bref toute la faune d’une petite bourgade du Maine paisible comme Stephen King nous avait habitué à nous les décrire. Et c’est là, la force (et la faiblesse) du roman. Car il faut nous les présenter ces gens !

Une fois passées les présentations un peu laborieuses, nous rentrons dans le vif du sujet avec la vie qui s’organise sous le dôme. Je ne vais rien spoiler ici car là n’est pas l’intérêt  mais honnêtement c’est l’un des meilleurs romans de Stephen King depuis bien longtemps. On retrouve ici toute sa plume, le crescendo pour arriver à un final de plus de 100 pages en apocalypse totale. Il arrive a nous décrire les personnages dans tout leurs caractères et la magie opère. On a envie de croire que les magouilles de Rennie Sr. vont le faire prendre et qu’il va tomber, on a envie de croire aux plans du Colonel Barbara…

Le final grandiose, Stephen King nous y a toujours habitué, mais là on ne voit rien venir, les évènements prennent une tournure et une ampleur surréaliste mais ô combien imaginable et censée. Seul bémol, la résolution de l’histoire… Je n’ai pas aimé le pourquoi du comment du dôme. Mais ça, je pense, c’est à l’appréciation de chacun. Alors oui, le principe d’une ville isolée par une force mystérieuse et coupée du monde n’est pas nouveau (le film des Simpsons entre autre) mais jamais la psychologie des personnages n’a été autant fouillé. Ça aurait pu durer 500 pages de plus que cela ne m’aurait pas dérangé. L’étrangeté française fait que chez nous, le roman est sorti en 2 tomes, chacun aux alentours de 22€ alors qu’aux USA, il est sorti en 1 tome en 2009 et qu’il est toujours trouvable à 35$ neuf et aux alentours de 20$ sur Amazon.com. Si la lecture de l’anglais ne vous rebute pas version roman, ne vous privez pas ! De plus, J’ai Lu vient de le sortir en livre de poche, donc plus d’excuses !

Mais même en français  comme vous pouvez le voir sur la première image, la présentation est hyper sympa ! Sachez pour finir que Amblin Entertainment a acquis les droits pour une adaptation télévisuelle. Une mini série serait l’idéal car le format, la densité et le nombre de pages ne tiendraient pas sur grand écran. D’ailleurs, lors du Super Bowl de cette année, nous avons pu voir un premier teaser assez énigmatique… Et pour finir, je peux vous annoncer que la série commencera le 25 juin 2013 sur CBS ! Comptez sur moi pour vous en reparler très prochainement !!!

A propos Nonö 101 Articles
Chroniqueur régulier ayant lui aussi un humour à deux balles, il participe principalement au site au travers des Unspoken, et fait également partie de l'organisation du Lille Comics Festival. Il a aussi un chapeau.

3 Comments

  1. Je n’arrive pas à me rappeler si je n’ai jamais lu un seul Stephen King…
    En tous cas le sujet de celui ci me tente bien mais bon 1000 pages avec d’autres romans sur la table de chevet et tout ces comics en retard est ce bien raisonnable ?
     
    Il va falloir que je l’offre à ma femme :p

  2. « jamais la psychologie des personnages n’a été autant fouillé. »
    Je crois au contraire que je n’ai jamais rien lu d’aussi cliché et caricatural que Dôme en matière de développement des personnages. King, loin d’être le maître de l’horreur qu’on nous vante (il est simplement celui qui vend le plus) se rêve en grand chroniqueur de son époque, en Dickens du 21ème siècle mais ses personnages tiennent plus de la mauvaise série B qui ne s’assume pas, que de la grande satire socio-politique qu’il prétend être. Big Jim pourrait sortir d’un dessin animé, il a tous les attributs du méchant, il est bête, raciste, ignorant, intolérant, bigot, égocentrique, menteur, etc. Il cumule à lui seul quasiment tous les crimes possibles: vol, meurtre, manipulation, et pour parfaire le tableau il a tous les attributs physique du méchant de dessin animé à l’exception de la petite moustache. Barbie en face, est lui le cliché du militaire torturé par son passé en Irak, Joe est le cliché du gamin surdoué qui semble sortir d’un film des années 80 l’humour en moins, Julia est le cliché de la journaliste à qui « on ne la fait pas! », etc, etc. J’ai pas trouvé un seul personnage intéressant là dedans. Je ne comprends pas qu’on puisse écrire des personnages aussi peu complexe et qu’on peut se satisfaire de personnage aussi peu complexe en tant que lecteur. Je trouve qu’on mérite mieux.  

    Ensuite comme trop souvent chez King ça part d’une bonne idée dont il ne sait que faire. J’ai aimé les 300 premières pages malgré les personnages inexistant et le sous-texte politique puéril et caricatural (encore…) parce que c’était fun et bourré de rebondissements, mais ensuite c’est 500 pages de remplissage pendant lesquels les personnages ne font rien d’autre que de subir avant de conclure leur « périple » de façon complètement simpliste. La fin de Dôme rentre pour moi dans le Top 5 des fins les plus débiles jamais utiliser. C’est à peine mieux qu’un « il se réveilla et réalisa que tout n’était qu’un rêve! »

    Bref pour moi Dôme c’est le stéréotype du page-turner sans surprise dans sa progression et qui ne compte que sur la frustration suscité par son méchant imbattable pour cacher le fait que l’écrivain n’a rien à raconter. Je recommande davantage la série qui dès le pilot semble gommer beaucoup de défauts du roman (les personnages sont beaucoup moins caricaturaux semble-t-il) et nous promet une fin différente (et vu la fin du roman ça ne peut pas être pire).

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