Oldspoken : Uncanny X-Men 268

Crédits : 

uncanny268Scénario : Chris Claremont

Dessin : Jim Lee

Éditeur : Marvel

Année de publication : 1990

Avis : alors pourquoi revenir quelques décennies après sur cet épisode d’Uncanny X-Men alors qu’il n’est même pas dans l’actualité ? déjà parce que je fais ce que je veux, ensuite parce qu’à force de le relire je me suis vite rendu compte qu’il s’agissait sans doute de l’un de mes épisodes préférés de la série et surtout l’un des exemples parfaits de comment écrire un comic-book dense. Un exemple que j’aimerais voir plus souvent réitéré surtout à notre époque décompressée à mort.

Scénario : aventures à Madripoor ! dans le passé et dans le présent. Dans le passé au début de la seconde guerre mondiale où Cap et Wolverine se rencontrent pour la première fois et dans le présent, le même Wolverine avec quelques années en plus, accompagné par Psylocke et Jubilee qui essayent de mettre à jour une nouvelle alliance de méchants pas beaux.

Ce qui est admirable dans cet épisode est qu’en à peine une vingtaine de pages Claremont et Lee parviennent non seulement àlee-jim-uncanny-x-men-268-cover-captain-america raconter deux histoires à deux époques différentes, mais ils réussissent en plus à ce que ces récits soient importants tant dans le passé que le présent.

A l’époque, le passé de Wolverine était encore profondément mystérieux, pas comme maintenant où l’on connaît quelle marque de PQ il a utilisé un soir de janvier 67…Alors apprendre que non seulement il avait rencontré Cap durant la guerre, mais aussi Black Widow encore enfant, c’était une information de taille ! Le tout sur fond de complot mystique avec la Main en maître d’oeuvre. Ai-je préciser qu’au passage Claremont, comme à son habitude, en profite pour caser quelques nouveaux personnages secondaires dans une ambiance très Casablanca.

Dans le présent, il revient du coup sur la relation entre Wolverine et Natasha Romanov tout en mettant en place une nouvelle alliance maléfique très intéressante et excitante, en ramenant la Main au passage  et la prééminence de Logan sur Madripoor parce que tant qu’on y est.

On se dit qu’il y a en déjà assez, ben non Claremont en rajoute encore un peu, avec de la baston, des scènes comiques assez marrantes avec Jubilee et un final qui annonce du lourd.

Oui je sais, je suis faible...
Oui je sais, je suis faible…

Et quand on finit l’épisode on se dit, la vache c’était un super bon arc…attends mais ça tient en 24 pages ce machin !!! Alors évidemment on se retrouve parfois avec des pages à 10 cases où les personnages sont dessinés très petits, mais on dispose tout de même de pas mal d’éléments. Ce qui est marquant avec cet épisode également c’est qu’on sent que malgré 15 ans à écrire les X-Men, non seulement Claremont a encore des choses à dire sur les X-Men, mais en plus il continue de s’amuser…là où les scénaristes actuels se prennent souvent au sérieux.

Bref des épisodes comme on en fait plus et comme on devrait en faire plus souvent !!! Ce qui a profondément changer depuis 20 ans, c’est l’abandon de la narration écrite, qui détaillait ce qui passait, au profit des dialogues et de l’image. Du coup comme on s’est privé d’un outil il faut compenser sur les deux autres, ce qui bien évidemment rallonge les histoires, les dilue en quelques sorte.

Par ailleurs comme on s’appuie bien plus sur l’image, les dessinateurs ne passent plus par des pages avec beaucoup de cases, Claremont était un habitué des pages à 10 ou 12 cases, mais à 4 ou 5 maximum. Certes nous avons des comics plus jolis et visuellement plus clairs, mais on peut se demander si nous n’avons pas perdu en densité.

Dessin : que dire à part que c’est du grand, du très grand Jim Lee que l’on voit à l’oeuvre. Certes il a moins d’espace que sur ses Justice League récemment où il enchaînait les splash pages, mais là il a une très bonne histoire à mettre en image à la place…

Note : 9,5/10 – le type d’épisode qui donne envie de lire les X-Men…donc le genre que l’on a pas eu depuis longtemps !

A propos Sam 1791 Articles
Ce fan de Morrison donne ses conseils dans des guides de lectures

11 Comments

  1. Merci pour cet article qui m’a permis de me replonger dans mon enfance.
    Je suis totalement d’accord avec ton analyse sur la densité des épisodes de l’époque. Je regrette que cela ait tant changé d’ailleurs.
    Cet épisode était sorti dans le Special Strange 77 qui contenait 3 épisodes de Jim Lee, et ça restait pour moi l’exemple parfait de l’importance d’un encreur. Il n’y a qu’à comparer les épisodes encrés par Scott Williams et celui par Art Thibert pour comprendre.
    Merci pour vos podcasts qui m’accompagnent lors de tous mes déplacements. Bonne continuation 🙂

  2. J’ai relu moi aussi cet épisode il y a à quelques mois et c’est vrai que niveau dessin comme niveau histoire c’est nettement plus dense que certaines choses qu’on peu lire aujourd’hui.
    Par contre moi je trouve que les dessins de Jim Lee sur justice league moi soignés que ce qu’il pouvait faire à l’époque.

  3. Belle pioche, mon subconscient se souvient encore de la couverture et du tres bon ratio page/narration qui se trouvait derriere. C’est un des rares comics ou la presence de Drapeau-americain-man ne me gene pas entre le sale caractere de Jubilee, une part des origines de miss Romanov, la Madripoor’s touche de Wolvy ….et le fan service de Jim Lee ^^

  4. c’est l’histoire qui m’a réconcilié avec les comics, et c’est vrai que ce spécial strange était exeptionel, et je le relis assez souvent.
    malheureusement, c’est aussi, suite à ces runs que le dessinnateur prends le dessus sur le scénario, et après le départ de claremont, c’est une grosse traversé du désert…

  5. La fin du Run de Claremont (avec Jim Lee) est pour moi excellente, avec des moments d’anthologie: L’affrontement avec le Mandarin, Malicia et Magneto en Terre Sauvage, le petit voyage dans l’espace avec les Shi’ars, la création de Gambit. Même X-tinction Agenda etait pas trop mal. Et bien sur cet épisode est juste géant !
    Après la période Byrne/Claremont, c’est pour moi le meilleur du X-Men !
     

  6. Je ne l’ai pas lu cette histoire, cela fait partie de l’époque Silvestri que je n’aime pas.
    Tu m’as convaincu d’y jeter un oeil. Ce que tu décris de la longueur de l’histoire me rappelle que Days of Future Past ne dure que 44 pages !
    J’essaie sur mon blog de réhabiliter Claremont à chaque fois. Heureux de me sentir moins seul !

    • Oui c’est effectivement dans l’ère Silvestri, mais dessiné par Jim Lee et un Lee qui faisait ce que Claremont lui demandait de dessiner, d’où un découpage très Claremontien avec des pages contenant 8 à 10 cases parfois !!! un truc que l’on voit plus aujourd’hui avec nos pages à 3 ou 4 cases…Pour moi cela reste un de mes épisodes favoris. Tout ce que j’aime lire dans un comic-book, une histoire riche (située dans deux époques), des ennemis intéressants (hydra, la main, Ferris) des complots, des trahisons, des révélations et effectivement tout cela en 24 pages à peine.

      Le scénariste en profite pour créer une nouvelle menace, tout en creusant les relations des personnages. Vraiment très bien mené. Concernant le run en général de Claremont, tu prêches un convaincu !!! je viens de me refaire l’essentiel de son run récemment (merci les essential marvel…) et mon dieu quelle maîtrise !!! la manière dont il a transformé un simple titre de super-héros en une espèce de gigantesque saga étalée sur des décennies constamment évolutives où il prenait régulièrement des risques pour faire bouger les choses, changer les personnages, en apporter de nouveaux, il ne s’interdisait rien.

      Pour moi le personnage qu’il a su le mieux géré est sans aucun doute la pauvre Storm tombée en des mains si médiocres depuis. Tout s’enchaîne logiquement avec lui :
      – la perte de Jean Grey qui la blesse profondément
      – la manière dont elle doit prendre la tête des X-Men et dès lors ne plus penser en soldat mais en leader
      – sa rencontre avec Dracula et Doom
      – la saga des Broods (avec le suicide/avortement…)
      – l’arrivée de Rogue qu’elle rejette alors que ses pouvoirs commencent à lui échapper (l’une comme l’autre)
      – la rencontre avec Yukio et le début de sa période grundge
      – la perte de ses pouvoirs et la rencontre avec Forge et la manière dont Claremont met en avant une relation adulte dans un comic-book pour ado…
      – Lifedeath 1 & 2
      – le mutant massacre
      – la période australienne …

      et j’en passe et des meilleures, il a complètement refondu de manière régulière…

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