Geexity # 31 : Livre – Coeur d’Acier

Cœur d’acier

livre-coeur-d-acier-118-1Auteur : Brandon Sanderson

Éditeur VF : Orbit

Prix : 14,9€

Nombre de pages : 325

Avis :Et oui, je sais, je sais, je continue de m’enfiler des livres de Brandon Sanderson à un rythme alarmant. Le fait est que l’écriture du monsieur m’a vraiment séduit. Il sait gérer des personnages fascinants, construire des mondes et surtout créer des systèmes de pouvoirs vraiment originaux. Son goût pour insuffler une certaine dose de religiosité me titille un peu parfois, mais étant donné que mes opinions en la matière n’ont pas varié après avoir lu ses œuvres, je ne peux pas dire qu’il a une quelconque influence sur moi en la matière.

Lorsque j’avais commencé  la lecture de la trilogie fils des brumes, Cœur d’acier m’avait été assez vite recommandé, en raison de ses thématiques assez proches du monde des super-héros. En fait Sanderson rend hommage à toute notre petite sous culture, qui devient de plus en plus importante chaque année il faut bien le dire…Soit Sanderson est lui même un fan, ce qui ne m’étonnerait pas, soit il a tout de même fait quelques recherches, car il fait des références assez marquées à la culture des super-héros. Ainsi, les noms de créateurs de Superman ou Batman servent de noms de rues. Cœur d’acier est une pale copie de Superman. Tous les Épiques se sont donnés des petits surnoms…ou portent des petits costumes bariolés…

Le twist ici, est que nous nous trouvons dans un monde où les Épiques, les sur-humains de ce monde, sont apparus il y a une dizaine d’années, à la suite de l’apparition d’une étoile surnommée Calamité. Et si le monde espérait des super-héros, il a vite déchanté. Car tous se sont révélés d’immondes ordures. Si bien qu’ils ont rapidement pris le pouvoir dans une Amérique désormais en morceaux. Tous ont des pouvoirs différents et surtout une faiblesse qu’il leur est propre. Et celle-ci peut être n’importe quoi et peut être souvent complètement ridicule.  L’un des plus puissants de ces Épiques est Cœur d’acier, ersatz psychopathe de Superman. Celui-ci a pris le contrôle de Chicago après avoir tué des centaines de personnes et plongé la ville dans l’obscurité totale. Mais il a une faiblesse, le héros David le sait car il a vu Cœur d’acier saigner.

Autant le dire, à priori, si vous avez déjà lu du Sanderson auparavant, vous ne lirez rien de vraiment inédit ici. Entre la ville plongée en permanence dans les ténèbres (comme le monde des fils des brumes), les super-pouvoirs (comme le monde des fils des brumes), la figure quasi divine et tyrannique (comme le monde des fils des brumes), la présence omniprésente du métal (comme le monde des fils des brumes), le petit groupe de rebelles (comme le monde des fils des brumes). …Sanderson exploite ici des idées avec lesquelles il a déjà joué  abondamment auparavant.

Mais ici, on sent qu’il a lissé les choses car il ne s’adresse pas au même public. Destiné à un public de jeunes adultes, Sanderson rend son écriture plus fluide, lisible…presque facile en fait. Alors que dans ses autres romans, la réflexion et surtout la remise en cause des personnages et de leurs actions est permanente. Ici on est plongé presque en permanence dans l’action sans que les personnages ne soient vraiment développés au delà de leur caractère de base. Même le personnage de David, qui est le héros principal ne se pose guère de questions et ses motivations sont assez basiques. Il veut se venger, connaît ses premiers émois, trouve une autre figure paternelle…et ainsi de suite.

Oh, ne vous inquiétez, le jeune homme est tout de même bien sympathique. On comprend vite son désir de vengeance. On est ravi que Sanderson en fasse un personnage vraiment malin sans en faire un génie. Et on rigole bien devant son sens absolument désastreux des métaphores…Mais Sanderson ne le développe pas plus que cela, préférant faire avancer son intrigue de manière assez rapide. De fait vous ne serez pas surpris d’apprendre que j’ai avalé le livre en moins d’une journée.

Mais il ne faut pas croire que ces quelques défauts en font une mauvaise lecture, bien au contraire. Oui le récit est bourré d’action, mais comme l’a montré ses précédents travaux, c’est un domaine dans lequel cet auteur est à l’aise et il sait faire dans le spectaculaire. Oui, les personnages sont peur creusés, mais malgré tout on s’attache à cette petite bande, à leurs échanges souvent truculents. Même le béguin de David pour Megan est adorable, car au fond s’il est classique, il reste bien amené. Et puis le personnage de Megan se révèle bien vite le plus intéressant du lot, bien plus que David ou Prof. Si une partie des révélations la concernant ne m’ont guère surpris, car on les voyait venir de loin, Sanderson a tout de même réussi à me surprendre par l’ampleur des secrets que le personnage cache. On comprend dès lors qu’elle va jouer un rôle clé dans la suite du récit voire même dans l’ensemble de la trilogie.

Car oui, Sanderson n’a pas pu s’en empêcher. Cœur d’acier s’avère n’être que le premier volet d’une trilogie, dont la suite est annoncée pour l’année prochaine. Et tant mieux car si ce premier tome se lit vite, lorsqu’on l’a terminé, on a grand hâte de lire la suite. Là aussi une marque de fabrique de Sanderson.

Note : 7,5/10 – pas la lecture du siècle, mais très agréable.

A propos Sam 1860 Articles
Ce fan de Morrison donne ses conseils dans des guides de lectures

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