Unspoken VO – Action Comics #897

Crédits:
Scénariste : Paul Cornell
Dessinateur : Pete Woods
Couverture : David Finch
Editeur : DC

Action Comics #897La série : Lex Luthor est la nemesis de Superman depuis toujours, convaincu qu’il est le sauveur de l’humanité, il cherche à tout prix le pouvoir qui lui permettra de détruire l’homme d’acier. A la suite de Blackest Night, évènement au cours duquel il a détenu une bague de l’Orange Corps (l’avarice), il veut retrouver ce pouvoir. Dans sa quête, il est amené à découvrir les restes de pouvoir laissés par les Black Lanterns.

L’épisode : après avoir été confronté à Death, puis Vandal Savage et les Secret Six, Lex Luthor se rend dans l’endroit le plus dangereux de la planète: la cellule du Joker. Convaincu que ce dernier détient l’une des clés qu’il recherche, s’engage alors entre les deux une bataille non sur le plan physique mais bien mental : d’un côté un homme qui croit à la raison mais se fantasme en héros, de l’autre un dément qui se perçoit comme le seul être sain d’esprit dans un monde de fous.

Avis:
La beauté des comics est que souvent les surprises sont là où on ne les attend pas. Ainsi, lors du dernier relaunch créatif de la franchise Superman, tous les regards se sont tournés vers la reprise du titre par JMS, on s’attendait à une merveille du niveau de Thor, on a eu un homme qui marche et le départ du scénariste au bout de 5 épisodes… De l’autre côté, Action Comics dont personne n’attendait grand chose, s’est révelé être une merveille d’inventivité. Cornell avait pourtant devant lui une tâche ardue : faire de Luthor le « héros » du titre, dédié depuis son origine aux aventures de Superman. Le bougre s’est parfaitement acquitté de sa tâche, ne cessant d’aller sur des terrains où ne l’attendait pas. Il y a bien sûr la rencontre avec Death, échappée de l’univers Vertigo et de la tête de Neil Gaiman, puis maintenant cette rencontre avec le Joker qui, comme avec Death, se transforme en joutes verbales et non en échanges de coups de poings.

AC#897 Dylux Le principal atout de la série est la manière dont Cornell dépeint Luthor, celui ci se fantasme comme le défenseur de l’humanité contre les surhommes, et bien sûr en particulier Superman : de part leur quasi perfection, ils représentent des modèles que personne ne peut atteindre. Ainsi convaincus de leur infériorité face à des être quasidivins, les simples humains abandonneraient toute velléité de grandeur : quelle idée de vouloir se surpasser, de dépasser ses limites, lorsqu’on sait que l’humanité ne pourra jamais dépasser les super héros. Luthor serait donc celui qui libérerait la race humaine et lui permettrait de réaliser son destin, avec lui à sa tête cela ça sans dire, car qui est plus grand que Luthor ?

La confrontation qui prend place dans cet épisode est superbement rendue : deux esprits d’exception complètement dévoués à leur vision du monde totalement distordue. Un Joker convaincu que l’univers n’a aucun sens et que des termes comme civilisation ou morale ne sont qu’hypocrisie face à un Luthor persuadé de la puissance de la raison et de la grandeur de son destin.

Dans cette histoire on ne retrouve pas le Joker bouffon, mais bien celui dépeint par Morrison dans Batman RIP, ou dans une certaine mesure par Nolan dans The Dark Knight. Pete Woods ayant d’ailleurs pensé a dessiné les blessures du Joker, notamment la cicatrice sur son front infligé au tout début du run de Morrison.

Il faut cependant noter que les dialogues sont sciemment difficiles à suivre, tant les deux hommes ont l’air de mener deux conversations différentes, Luthor allant droit au but tandis que le Joker parle par image et métaphore, toutes reliées entre elles de manière presque incompréhensible.

L’épisode est sans doute l’un des meilleurs de Cornell depuis son arrivée sur le titre, et tout cela rend le retour de Superman à l’occasion du #900 bien plus excitant, un sentiment que l’on n’avait pas vraiment ressenti en lisant ce titre depuis un moment…

Note : 8,5/10 – Une rencontre au sommet entre deux esprits machiavéliques parfaitement rendue

A propos Sam 1860 Articles
Ce fan de Morrison donne ses conseils dans des guides de lectures

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