Unspoken VO : Undying Love 1 (sur 4)

Crédits :

Scénario : Tomm Cocker & Daniel Freedman

Dessin : Tomm Cocker

Couverture : Tomm Cocker

Éditeur : Image Comics

undying-love-coverLa série : John aime Mei, et Mei aime John. Petit souci  Mei est un vampire, ce qui n’est pas sans poser de problème. Pour libérer sa bien aimée, il part dans une quête au travers de la Chine pour trouver le vampire qui l’a engendré et le tuer. Seule sa mort peut en effet permettre de faire de Mei une humaine.

Avis : la première fois que j’ai entendu parler de ce comic book, je me suis dit, comme beaucoup je pense, « oh non pas encore une histoire de vampire ». Je ne vous apprendrai rien en vous disant que depuis quelques années nous sommes cernés par les canines. A la télé, au ciné, et maintenant dans les comics. Et quand c’est pas des vampires c’est les zombies. Bref nous vivons dans une bulle romantico fantastique où de beaux éphèbes blafards tentent de s’envoyer toutes les jeunes filles qui passent. Nous mêmes avons finis par traiter cette invasion dans un podcast. Bref j’étais pas bien parti sur ce bouquin. J’ai décidé de tenter le coup après avoir lu l’interview des créateurs qui manifestement eux aussi exècrent ce phénomène et ont tenté d’aborder le genre avec originalité. Si le pari n’est pas entièrement réussi, l’œuvre reste de qualité.

Scénario : le genre vampire en raison de sa sur exposition est sans doute l’un des plus difficiles à réinventer aujourd’hui. En général on est coincé entre trois poncifs eux-mêmes appartenant à des univers différents. D’un côté ce que nous subissons depuis des années, c’est à dire le vampire amoureux ou pris dans une intrigue amoureuse. Le tout est dégoulinant de romantisme et de jeunes adolescentes qui manifestement se sont données le mot pour nous vriller les tympans par des cris longs et stridents qui forment un langage qu’elles seules comprennent . En général si vous êtes pourvus d’organes masculins et que vous regardez ce type de film, deux choix s’offrent à vous : la castration ou le suicide…

L’autre poncif est le vampire sanguinaire, qui appartient à l’univers horrifique. Certains auteurs  se sont rendus maîtres de ce type d’histoire, je pense bien entendu à Steve Niles et ses 30 days of Night. Le dernier  représentant du genre est en fait un mélange des deux premiers, dans la plupart des cas il s’agit d’une réappropriation par la culture mainstream du vampire pour le mettre en couverture. Le vampire est ici avant tout un prétexte, pour essayer d’attirer le lecteur avec un genre populaire tout en mettant un peu d’action dans une série à la dérive, comme récemment dans les X-Men.

Ce comic book est un peu à la croisée des chemins. Nous avons une pointe de romantisme, avec l’histoire entre John et Mei, à laquelle on a rajouté un brin de mysticisme, et enfin un peu d’action. Mais les rôles sont inversés,3031448-5174 Mei est ici plus victime qu’acteur de sa condition. En effet c’est John qui assume tous les rôles, et prend toutes les décisions. Il la défend, la nourrit avec son propre sang, et pourchasse tous les vampires qu’il croise espérant trouver le bon. Ce déséquilibre dans les relations entre les deux amants est le point le moins satisfaisant de ce premier épisode.

En réalité l’originalité vient avant tout du décor utilisé. L’ensemble de l’action se déroule en Chine, et les deux auteurs s’amusent à utiliser le folklore de ce pays en faisant appel à des représentations traditionnelles de la magie dans cette contrée. Ainsi l’épisode débute par une rencontre avec un renard capable de se changer en humaine. En outre ils ne nous montrent pas une Chine de carte postale, puisque les deux visages du pays sont montrés, entre une campagne où les vieux temples subsistent et les villes où se côtoient modernité et pauvreté. Il y a de fait une vraie confrontation entre la chine ancestrale et la Chine moderne. De ce point de vue Mei et son peuple apparaissent comme appartenant au passé, à l’ancienne tradition, vouée à disparaître, voire en l’espèce que l’on cherche à faire disparaître.

Mais cette interprétation n’engage que moi, et n’est qu’un détail de l’intrigue. Assez rapidement John va se trouver un informateur … inattendu, c’est le moins que l’on puisse dire. Individu qui va lui indiquer qui est le « père » de Mei et on comprend alors que les problèmes ne font que commencer pour lui.

Pour le moment nous disposons de peu d’éléments sur l’histoire, juste de quoi comprendre le pitch général. Dans les prochains épisodes j’espère que seront abordés l’histoire entre John et Mei, la transformation de Mei, et ses rapports avec son père vampire. Je souhaite avant tout que l’histoire ne sombre pas dans un romantisme dégoulinant, ce qui n’en prend pas le chemin et tant mieux, ni dans un combat simpliste uniquement tourné vers l’action.

Dessin : sans doute l’autre point fort ce comic book. Tomm Cocker avec des couleurs de Daniel Freedman, a un trait qui me rappelle beaucoup Alex Maleev lors de ses débuts sur Daredevil. Donc autant dire que j’ai beaucoup apprécié et que j’ai hâte de voir son évolution dans les années à venir.

Couverture : la couv présente bien l’histoire, mélange de romantisme et d’action. La composition est par ailleurs très belle.

Note : 7,5 – U bon premier épisode, j’espère que le second épisode développera plus l’univers.

A propos Sam 1886 Articles
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