Oldspoken VO : Beasts of Burden

Beasts of Burden #1

Crédits :

Scénario : Evan Dorkin

Dessins : Jill Thompson

Couverture : Jill Thompson

Éditeur : Dark Horse

Beasts of Burden #1La série :À l’heure actuelle, Beasts of Burden, c’est neuf publications. Les quatre premières – des histoires courtes de 10 à 20 pages – sont parues une fois par an dans l’anthologie Dark Horse des « Book of » (Hauntings, Witchcraft, The Dead, Monsters). Les quatre suivantes composent la mini-série homonyme sortie fin 2009 et le dernier épisode en date est un cross-over avec Hellboy.

Chaque publication présente une histoire indépendante mais, lues les unes à la suite des autres, l’ensemble forme un feuilleton avec des relations qui évoluent et un mystère de fond qui se développe. Il est donc plus agréable de les lire dans l’ordre de parution (et, étonnamment, ça vaut aussi pour le cross-over).

Les huit premières histoires sont parues dans le recueil « Animal Rites » et, pour se faire une idée, le début du premier épisode de la mini-série peut être lu via ce lien.

Scénario :Beasts of Burden c’est l’histoire de chiens et d’un chat qui vivent avec leurs maîtres dans la mignonne petite ville de Burden Hill. Ces animaux forment un groupe faisant office de protecteurs et d’investigateurs paranormaux. Ils se chamaillent, enquêtent et tentent de repousser le mal qui menace régulièrement la ville.

Ces bêtes de somme forment en quelque sorte le B.P.R.D. de Burden Hill. Souvent contre leur gré, elles enquêtent pour le compte de clients sur les mystères de la ville, poursuivent des démons, les tracas magiques qui s’y rapportent et tentent de venir en aide aux leurs.

Beasts of Burden #2Difficile d’en dire plus sans spoiler chacune des intrigues mais tout au long des différentes « affaires », ils devront résoudre le cas de chiens fantômes, de possessions animales, d’un serial killer animalier, de zombies, de Golems, de loups-garous, et devront même apprendre à utiliser des rituels à leur tour pour ne pas tomber face à leurs adversaires.

Et devinez le plus drôle : ils n’aiment pas les chats noirs. Ils portent malheur.

Dessins :Jill Thompson s’est occupée des illustrations de la totalité des histoires jusqu’alors (même celle avec Hellboy) et, même si son trait a évolué et s’est précisé avec le temps (2003 pour la première histoire, 2009 pour la dernière), ses pages sont restées des peintures proches de l’aquarelle. Ce traitement graphique associé à l’illustration d’animaux donnent un ton « doux » aux premières pages. Le contraste n’en est que plus fort lorsque l’illustratrice met en scène des animaux zombies aux poils couverts de sang, des chiens écrasés et autres imageries horrifiques.

Couvertures :Pas de mauvaise surprise : l’illustratrice des couvertures est l’illustratrice des intérieurs. Les couvertures sont souvent un peu plus noires et sombres que les intérieurs (plus lumineux) mais le trait est le même, et il est beau ! Certaines couvertures (la première et la quatrième de la dernière mini-série en date) mettent parfaitement en scène la dualité entre l’aspect mignon/animalier et le côté surnaturel/horrifique du titre.

Beasts of Burden #3Avis :Habituellement, les illustrations « aquarelle » ne sont pas trop ma tasse de thé mais ici elles participent à un étrange jeu de contrastes. On lit les histoires d’animaux (trop mignons) qui parlent (superrr mignonnnsss), qui se vannent souvent (mignons quoi) mais il faut les voir s’extasier sur des grenouilles en train de copuler et sur le cannibalisme des crapauds suite à une étrange pluie de batraciens. C’est mignon et traître : ça a un goût enfantin mais c’est loin d’être pour les enfants.

C’est d’ailleurs ce coté « Disney dark » qui est séduisant : ces animaux qui ne manquent pas de répartie et de sarcasmes enquêtent sur des morts et vivent des histoires horrifiques. De plus, même si les personnages sont des enquêteurs paranormaux, on a pas l’impression d’avoir lu ça des dizaines de fois auparavant : certaines conclusions d’histoires ont une morale particulièrement… animale. Et c’est ce qui en fait, aussi, son intérêt.

Évidemment, toutes les histoires ne sont pas du même niveau mais elles contiennent toujours une paire de bonnes idées et en ces temps de décompression éhontée, avoir une bonne petite histoire qui se conclut à chaque fin d’épisode est agréable. Ça ne traîne pas en longueur et le dépaysement canin fait le reste. Bref, Beasts of Burden est un très bon comics.

Note : 8/10 – C’est un Buy !

A propos Yno 11 Articles
Auteur de JDR (Patient 13, Notre Tombeau chez John Doe), de nouvelles (chez Rivière Blanche, dans Malpertuis III) et de BD (Silences), pigiste (Casus Belli) et chroniqueur (Comixity), mais avant tout savant fou sur www.misterfrankenstein.com

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