Oldspoken VF : Secret Wars

Crédits : 

LES GUERRES SECRÈTESScénario : Jim Shooter

Dessin : Mike Zeck & Bob Layton

Sollicitation : Le premier méga crossover Marvel revient en format MARVEL GOLD ! Les plus grands héros et criminels de la Terre s’affrontent sur une lointaine planète, dominée par le tout-puissant Beyonder.

Épisodes : Secret Wars 1-12

Prix : 16,30 €/336 pages

Avis : publié dans le milieu des années 80, Secret Wars est le premier vrai crossover Marvel qui réunit les personnages de toutes les branches de l’éditeur : membres des Avengers, des FF, des X-Men, Sidey et leurs ennemis respectifs se retrouvent bombarder sur une planète à l’autre bout de la galaxie avec un objectif clair : vendre des comics..euh je veux dire : se battre !!!

Scénario : la première chose qui frappe à la lecture c’est la longueur du récit au vu du pitch plus que minimaliste et très vite ono_secret_wars01_00 sent que pour rallonger la sauce, le scénario est obligé de mettre en scène des twists qui sont assez capillotractés…

Ainsi au début du récit les gentils + Magneto sont rassemblés d’un côté et les vilains pas beaux de l’autre dans des arènes différentes. Très vite on décide qui qui c’est le chef. Si la discussion chez les héros se conclue assez vite sur le choix de Captain America, chez les vilains le processus sera légèrement plus tordu. En effet alors que tout le petit groupe est prêt à filer le commandement à Doom, celui-ci les envoie balader …pour les provoquer quelques pages plus tard pour prendre de force ce qui lui était offert bien gentiment environ 3 secondes plus tôt…

A partir de là le scénario s’engouffre dans une série de bastons assez rythmées où héros et vilains s’affrontent sans résultat définitif clair. Difficulté supplémentaire pour les héros, ils vont très vite se retrouver diviser. Et là commence le capillotractage susmentionné. Sans véritable raison les X-Men décident de se joindre à Magneto et de quitter les autres héros, tout cela sous le commandement d’un Charles Xavier en mode « gros con c’est moi qui commande et pis c’est tout ». Et par gros con, je veux dire qu’il n’hésite pas à jouer avec les esprits de certains personnages comme Spidey pour obtenir ce qu’il veut ou cacher certaines infos. En outre son rôle de chef est justement contesté par Storm qui a l’époque était le boss des X-Men, à raison puisque les décisions de Xavier sont légèrement…connes. Comme le fait de quitter les héros Marvel pour revenir alors qu’ils perdent la bataille, puis se barrer une fois la baston gagnée tout en laissant Colossus sur le carreau parce que blessé…

Hulk-mountain-Secret-Wars-4Il n’est d’ailleurs pas le seul personnage dont la caractérisation laisse à désirer. On sent sur ce point que le récit à franchement vieilli, notamment au vu traitement des personnages féminins souvent plus obsédées par le fait de se trouver un homme que de …ben vous savez sauver l’univers et tout et tout..Par exemple l’enchanteresse qui bien qu’elle soit une déesse n’est obsédée que par l’idée d’épouser Thor, la guêpe qui décide de s’envoyer Magneto parce que « le regard c’est tout ce qui compte » (et vu comment elle était écrite parce qu’il n’y avait pas d’autre mâle alpha dans le coin), une des sous fifres de Doom qui craque en moins de trois pages pour l’homme molécule parce qu’il est trop mimi.

Les personnages masculins ne sont pas en reste avec Colossus qui passe la moitié de la saga à dire combien il aime Kitty et à toutes les choses qu’ils pourront faire « quand elle aura l’âge !!! », pour finir par se dire que finalement l’amour de sa vie est la jolie alien qu’il vient de rencontrer et dont il ne connaît que le nom.

Bref vous l’aurez compris, à de nombreuses reprises on se demande ce qu’on est en train de lire et s’il faut rire ou pleurer. On sent que la saga vise un public jeune qui ne se pose pas vraiment de questions de vraisemblances et qui veut juste voir pas mal de bastons avec un peu de drama par dessus. De de côté là on est servi. Il faut dire que lorsque l’on a tous les pires vilains de l’univers Marvel rassemblés : Doom, Octopus, Galactus, Ultron, Kang, qui fait plus une apparition qu’autre chose, il faut que ça pète un minimum.

Et bien sûr on a le Beyonder responsable de toute l’affaire, un personnage tellement puissant…qu’il finit par se faire voler son pouvoir par Doom sans qu’on comprenne vraiment comment et qui au final ne montrera jamais son petit visage pour que les héros puissent lui casser la bouche…

Ma couverture préférée !
Ma couverture préférée !

La fin nous donne ainsi à voir quelques scènes d’anthologiques qui m’ont particulièrement marqués comme :

– l’enchanteresse aux toilettes qui invoque un esprit de l’eau et discute avec …sur la cuvette des chiottes !

– les patins à roulettes d’Iron Man !!!

– ou encore un Doom tout puissant, les pieds sur la table presque en caleçon,…que de rire les enfants, que de rire !!!

– et bien sûr la banlieue de Denver perdue dans l’espace sans qu’on sache si elle a pu rentrer sur Terre…

Bref pour lire cette longue, longue saga ponctuée des inénarrables et interminables monologues des vilains, il faut pouvoir la resituer dans son contexte, c’est à dire les années 80 quand les comics étaient encore largement destinés aux ados, voire très jeunes ados.

Dessin : de ce côté là pas de souci, les batailles qui représentent l’essentiel du tome sont bien construites, toujours pleines d’énergies et on est souvent surpris de voir de gigantesques explosions dans des cases de petit taille là ou aujourd’hui on mettrait ça dans des splash pages énormes. Presque 30 ans après je trouve que la partie graphique tient toujours la route.

Edition VF : on le sait les éditions Marvel Gold sont les plus économiques, donc il ne faut pas avoir beaucoup d’attente. On a là le format de base, avec les 350 pages de la saga pour un prix modique, avec une intro, un épilogue qui nous explique les retombées pour chacun des participants de Secrets Wars dans les années qui ont suivi, et enfin les covers entre les épisodes.

Avis : 7/10 – malgré son côté daté, qui lui donne un ton assez humoristique par moment, Secret Wars reste agréable à lire. Ce n’est pas un chef d’oeuvre mais au moins on se marre bien. Par contre attention, avec 12 épisodes dont la plupart chargés en texte, la lecture ne se fait pas en 20 min…

A propos Sam 1791 Articles
Ce fan de Morrison donne ses conseils dans des guides de lectures

8 Comments

  1. Ca a l’air aussi fendard que la Saga de Korvac et ses Vengeurs qui prennent le bus pour aller affronter Korvac dans sa maison en banlieue :p

  2. je vous trouve un peu « dur » avec Secret Wars , ou est passé votre ame d’enfant les gars ? Pour ma part j’avais plutot passé un tres bon moment avec cette saga , certes , c’est peut etre  un peu daté et certains perso ont été vite « torché » mais ça tient la route , et puis les dessins de Mike Zeck et de Bob Layton sont de bonne facture , en particulier ce dernier , et franchement c’est largement mieux ( haut la main ! ) que des bouses du genre :  Avengers vs X-Men ou  Fear it self !

  3. réaliste, mais un peu dur Sam !
    je l’avais lu à la sortie en VF (oui, je suis vieux), et j’avais vraiment adoré.
    j’aime quand les comics ont cette âme d’ado : qu’on peut les lire de manière simple sans être paumé dans des intrigues célestes imbitables.
    C’est effectivement très basique (le « vol » par Doom du pouvoir du Beyonder, je m’en rappelle encore, même gamin je trouvais cela ridicule).
    mais de cette série est né « Spiderman noir » comme dit mon fils : et rien que pour cela, ça en valait la peine !
    En gros, c’est comme Days of the future past : à la relecture, ça vaut pas tripette, mais si on était gamin ou ado à l’époque, c’est que du bonheur de le relire.
    allez, je vais me l’acheter !

  4. J’ai toujours adoré cette série,
    Bien sur, j’étais enfant
    Bien sur, on a de grosses ficelles
    Mais ça tient finalement autant la route que les trucs cosmiques qui cachent les « deus ex maxhina » par de grosses explications tarabiscotées qui n’ont d’autres amibtions que de faire croire à une histoire plus élaborée. J’ai bien aimé Blackest NIght mais bon voilà quoi, les morts ressussitent à cause d’un méchant, on trouve le méchant, on pête le méchant et pouf le soleil se lève comme si de rien n’était. Je trouve pas ça beaucoup plus intello.
    Le truc rigolo à l’époque, c’est que Marvel ne misait pas énormément sur ses vilains puisqu’on a affaire à une bonne grosse bande de losers (Homme absorbant, Homme molécule, titania, Le lézard, klaw les démolisseurs) si on excepte Magneto, Fatalis et Galactus…
    Enfin le fait qu’on ait de la lecture est plutot un plus, j’en ai assez de ces comics que je lis en 5 minutes, et que j’ai oubliés quand le numéro suivant arrive.

  5. C’est vrai que Le Xavier est particulièrement con dans cette saga !
    Avant de tomber JAnet , tu oublies de dire que Magneto se tape un risque de la mort qui tue pour la kidnapper devant les héros !
    Que Hulk se ballade avec un platre à la jambe ( l’homme le plus puissant du monde avec une béquille…) !
    Que Spidey va rencontrer le symbiote en s’étant trompé de bouton sur l’appareil alien !
    Et que Captain América dort en costume mais sans ses bottes…
    Claremont réussira à réduire les dégâts en écrivant la superbe scène où Colossus annonce sa rupture à une Kitty Pryde plus digne que jamais !

    • Oui superbe scène de Claremont qui au fond sauve ses personnages !!! quant à la rupture Piotr/kitty elle aura des conséquences sur le long terme entre eux…On évitera de se dire que le scénariste mettait en scène une relation entre une gamine de 13 ans et un bon rand gaillard presque adulte (du moins dépeint comme tel…)

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