Tops et Flops de la semaine

VO – Sorties  du 1er avril  2015

Voilà une semaine bien morne où rien n’est vraiment sorti du lot. Il y a quelques bons trucs, mais rien de vraiment exaltant. Il faut espérer que cette semaine (du 8 avril) plus riche en sorties sera plus intéressante.

TOPS DE LA SEMAINE

3 – Avengers 43, de Jonathan Hickman et Mike Mayhew. Comme je l’ai déjà dit, Times Run Out s’est montré particulièrement inégal au fil des épisodes. Certains numéros furent tout simplement épiques et d’autres où l’on pouvait se demander où était le scénario ou simplement si Hickman n’avait pas besoin de vacances…

Avengers 043

La bonne nouvelle est que ce numéro appartient à la première catégorie alors que le scénariste exploite enfin nombre d’éléments mis en place au cours des dernières années. Le résultat est vraiment emballant. Les races aliens de l’univers Marvel ont décidé de détruire la Terre pour mettre fin aux incursions qui les menace tous.

Sauf que les humains ne sont pas vraiment d’accord et sortent pas mal de surprises de leur chapeau…Le résultat est époustouflant…ou du moins le serait si la partie graphique était à la hauteur. Mayhew connu pour son style fin et élégant est ici grandement desservi par un encrage lourd et une colorisation assez malhabile ou du moins pas adaptée à son style.

Le problème est d’ailleurs récurrent sur les titres Avengers ces derniers temps et j’ai comme l’impression que l’éditeur a décidé de sécuriser ses artistes stars pour le post Secret Wars et s’est résigné à bâcler l’avant…

Note : 7/10

2 – Lady Killer 4, de Joelle Jones. J’avais évoqué ma fascination pour cette mini série dans le guide de lecture VO de la semaine dernière et ce 4e épisode (sur 5) n’a pas démenti mon engouement.

LADY KILLER

Cependant une inquiétude commence à poindre, est-ce que l’auteure pourra achever toutes ses intrigues en cours dans le prochain épisode ? car de toute évidence le monde qu’elle a construit autour de sa tueuse /mère de famille/ femme au foyer dans les années 60 peut soutenir bien plus que 5 épisodes.

Le bon côté de ce format court est qu’au final, Jones aura fait avancer son histoire de manière très rapide, sans vraiment de pause ou de temps mort. Cela a permis de faire monter la tension avec succès d’épisode en épisode. Reste à voir désormais si la conclusion sera à la hauteur.

Note : 7,5/10

1 – Avengers, Rage of Ultron, de Rick Remender et Jerome Opeña. Comment traiter une histoire qui a déjà été faite mille fois sans donner l’impression de se répéter ? c’est un peu le dilemme de Remender dans ce graphic novel qui oppose pour la milliardième fois les Avengers à un Ultron pas content qui aurait vraiment besoin à ce stade d’une bonne thérapie….

AVENGERS RAGE OF ULTRON OGN HC

Pour se tirer de ce mauvais pas, voire de cette impasse créative qui pourrait pousser un scénariste paresseux à juste ressortir 120 pages de baston décérébrée, Remender revient aux racines mêmes de ce conflit.

Pour cela il revient aux origines du mythe et aux personnages les plus impliqués : Hank Pym/Vision/Ultron et développe tout du long cette relation père/fils destructrice. Rarement les motivations d’un super-vilain auront été étudiées d’aussi près, avec autant de justesse. Au final c’est la relation héros/vilain qui y est auscultée sans la moindre pitié.

Car comme souvent Remender se montre sans tendresse, le scénariste ayant toujours été doué pour explorer les traumatismes à vif et les retranscrire le plus fidèlement possible aux lecteurs, qui ne peuvent que souffrir avec leurs héros.
Reste cependant la question de l’intégration de ce très bon Graphic Novel, servi par un Jérome Opeña vraiment exceptionnel, dans la continuité Marvel. Car sans rien spoiler certains personnages en sortent …transformer et cela n’a pas l’air d’avoir vraiment été pris en compte par le reste des titres Avengers…

Note : 9/10

LES BONNES SURPRISES DE LA SEMAINE

Note : /10
DÉCEPTIONS DE LA SEMAINE

Il est parfois difficile de qualifier un titre de flop car il a tout de même des qualités.. Des titres qui ne sont pas des bides monstrueux mais qui clairement ne sont pas exceptionnels.

– Note : /10 .

FLOPS DE LA SEMAINE

– Convergence 0, de Jeff King et Dan Jurgens et Ethan Van Sciver. Grand dieu des comics, mais qu’est-ce que c’est que machin ???? En général, les auteurs essayent de faire un minimum d’efforts pour rendre leur comic-book accessible. Et quand ils s’en cognent le haricot, ils essayent au moins de faire un truc compréhensible. Ici, nous avons un comic-book allergique à ces deux notions dès la XXX de première page !!!

CONVERGENCE

Avant de commencer la lecture, je n’avais qu’une vague idée de ce en quoi allait consister Convergence. En gros je savais que le Multiverse et Brainiac étaient impliqués. Et bien voici la bonne nouvelle …j’avais l’impression d’en comprendre encore moins quand j’ai tourné la dernière page de ce machin.

C’est bien simple, j’ai rarement lu un truc aussi mal narré, construit, amené et présenté et surtout complément incohérent et incompréhensible du début à la fin. Et je lis du Grant Morrison depuis presque 15 ans !!! même avec lui, je n’ai jamais était aussi perdu !!!

De manière ironique au niveau du staff édito il y a deux extrêmes à éviter : l’ultra contrôle qui frise l’inceste, où l’éditeur dit au scénariste de fermer sa boîte à camembert et de faire ce qu’on lui dit.

Et le cas présent, où l’on se demande, s’il y a eu ne serait-ce qu’ un effort de relecture…Personnellement je pense que non. Que les éditeurs DC sont tous partis en vacances et ont découvert cette semaine le machin « ah bon on sort des titres dans les deux prochains mois ??? mais moi j’ai besoin de déménager, alors démerdez vous !!! ».

Je ne parle même pas de la caricature de Superman que nous avons ici, réduit à sa caricature de mec sans cervelle qui tabasse en balançant des discours lénifiants …Bref c’est un gros SANS MOI, pour le reste du truc.

Note : 1/10

 

LIVRES

HAUT Royaume  Tome 1- le Chevalier – de Pierre Pevel. Acheté il y a quelques semaines, j’ai enfin pu trouver le temps de tourner les premières pages de la saga initiée par Pierre Pevel et avant que j’ai pu dire quoi que ce soit, je me trouvais 600 pages plus loin, j’avais fini le volume et l’auteur me laissait avec un farouche désir d’aller lire la suite …

Très sincèrement, je ne sais pas trop ce qui s’est passé au cours de ces quelques heures où j’ai littéralement dévoré ce livre. De fait sur le fond, il n’y à priori pas grand chose d’original. Faussement accusé de trahison, le héros Lorn est condamné à être enfermé dans une prison, où l’obscure (en gros le mal)  s’amuse avec les prisonniers. Soit elle les rend fous, soit ils subissent d’ignobles transformations physiques jusqu’à ce que mort s’en suive.

HAUT ROYAUME

Lorn tiendra 3 ans avant que son innocence ne soit prouvée et qu’il soit libéré de l’enfer. Mais celui qui autrefois était la fierté du Haut Royaume est désormais un homme marqué, hanté par son désir de vengeance…Du moins un peu en filigrane. Alors que la 4e de couverture promet un récit à la comte de Monté Christo, Pevel met les plans de vengeance de Lorn au placard assez rapidement alors que celui-ci se trouve vite dépassé par les évènements.

Le Haut Royaume est en effet dans un état de crise sans précédent. Le roi mourant s’est retiré et a laissé les commandes à une reine à priori uniquement obsédée par la gloire. Les caisses du royaume sont en outre vides et pour éviter la ruine, le gouvernement décide de céder  une des cités franches à un royaume ennemi dans le cadre d’un accord de paix. Mais personne n’est dupe, la guerre couve entre les deux puissances.

Donc comme je l’ai dit, d’une part le pitch est trompeur car Lorn n’a guère le temps d’exercer une quelconque vengeance dans ce premier tome et d’autre part l’intrigue de fond, est assez classique, avec en outre un peu de Dragons sur l’ensemble pour assaisonner. Pourtant ce classicisme ne porte pas atteinte à la lecture d’un récit qui se révèle d’une incroyable efficacité.

Pevel échappe à la malédiction de notre époque qui veut que les auteurs essayent de faire le plus long possible à coup de descriptions qui n’en finissent pas  et/ou de digressions qui en fait ne mènent nulle part et n’apportent tien au récit. Pevel livre un récit doté d’une narration concise, ciselée  qui va droit au but et ne fait pas de détour pour décrire un bouton de porte, passer 20 lignes sur un costume ou la taille d’un cheval.

Il se concentre essentiellement sur les personnages qu’il amène progressivement dans son histoire, Lorn et Alan dominent ainsi la première partie, puis le haut roi avant que Lorn ne commence à recruter dans la 3e partie (sans doute la plus intéressante). Enfin, le récit s’emballe dans la dernière partie dans un style que n’aurait pas renié David Gemmell…Mais au final, c’est sans aucun doute les dernières pages que l’on retiendra.

Pevel a parfaitement compris les codes narratifs des séries TV qui aiment nous laisser sur des seasons final haletants. Ainsi, dans les dix dernières pages, il enchaîne énorme twist, révélation, retournement de situation pour nous laisser sur une scène finale qui fait hurler le lecteur : « à moi le tome 2 » !!! ou alors un autre Pevel en attendant,  puisque entre la trilogie de Wieldstadt et les lames du Cardinal, il y a de quoi lire…(donc ça va sur LA LISTE).

Bien évidemment, tout n’est pas parfait et bien que j’ai vraiment apprécié ce premier tome, je pense que je vais lire autre chose que de la Fantasy dans les prochains jours…En fait, deux éléments m’ont dérangés. Deux choses qui reviennent souvent dans les bouquins que je me suis envoyé ces derniers temps :

– le grand amour inaccessible. Dans le cadre des héros tragiques, les auteurs aiment mettre en scène une figure féminine  inaccessible, aimée par le héros. Je ne conteste pas le recours à ce truc. C’est classique et on le retrouve bien ailleurs que dans la fantasy.

Non ce qui commence à me XXX les XXX c’est le passage de description de la jeune femme en question. En général on a droit à des pâtés de texte sur la couleur de ses cheveux, la forme de son visage et ça s’étale encore et toujours jusqu’à plus soif.

De fait dans ce cadre, la femme cesse d’exister en tant que personnage à part entière, pour simplement incarner « l’objet des désirs » du héros au sens strict du terme. La source de frustration qui va animer un peu plus le récit. Et comme personnellement, j’aime lire des personnages vivants et non la projection de fantasmes, j’ai de plus en plus tendance à abhorrer cette figure de style…

Mon autre problème concerne encore le traitement des femmes :

– le viol dans la fantasy…c’est bien simple, dans les 3 ou 4 derniers livres que j’ai lu, je crois qu’il y avait quasi systématiquement une femme violée…Ce n’est pas que le goût de mon propre vomi avec remontée de bille en bonus  me fatigue plus que ça, mais je commence à trouver cela un peu facile.

Allez regardez je fais du sombre et violent, regardez cette scène bien dégueu !!! Intellectuellement je comprends que le cadre s’y prête assez bien. En général, la fantasy préfère un cadre historique proche du haut moyen âge où grosso modo, les femmes n’ont aucun pouvoir propre.

Elles servent soit de monnaie d’échange entre familles nobles, soit font partie du petit peuple et en général, ça finit mal pour elles, puisque la guerre vient assez vite frapper à leurs portes avec son cortège de soldats qui se croient tout permis…

C’est assez ironique car je sais que c’est un débat que nous avons également dans les comics, avec des auteurs comme Mark Millar qui ont tenu des propos peu amènes sur le sujet, ce dernier n’ayant jamais hésité à y avoir recours (Wanted, Kick Ass) pour pouvoir choquer. Et dans les deux cas, j’ai le sentiment que le viol dans la fiction en est réduit à ça. Une ficelle usée pour choquer le lecteur et non une vraie dénonciation de l’horreur.

On a là deux approches, celle de Paul Kearney dans les Monarchies Divines qui va passer plusieurs pages sur un viol collectif, non pas avec en tête l’objectif de choquer son lecteur, mais plutôt de le faire réagir sur le sort des femmes dans les zones de guerre…Et celle de Millar dans Wanted par exemple qui l’utilise pour montrer que son personnage est un connard et un monstre mais ne va passer dessus qu’une case au détour d’une phrase…

Or Pevel navigue en eaux troubles ici, puisque le viol d’un des personnages est justement balancé au détour d’une phrase sans être exploré et n’est plus mentionné jusqu’à la fin de ce premier tome…Donc on peut se demander ce que cela vient faire là…Je suspecte que cet élément viendra jouer un rôle ultérieur dans le récit, en tout cas je préfère pour l’instant accorder le bénéfice du doute à l’auteur.


Note : 9/10 –

A propos Sam 2018 Articles
Ce fan de Morrison donne ses conseils dans des guides de lectures

7 Comments

  1. C’est toujours étonnant de voir les différences d’avis sur le site concernant le GN Rage of Ultron. Alors, du coup? Buy ou Pass?

      • Je te conseille d’attente la VF.
        Je doute que Panini attende longtemps pour le sortir celui-là.
        En fait je suis même surpris que l’éditeur n’ait pas organisé une sortie très proche de celle US…Il y a certes quelques éléments à caser, notamment du côté de Thor et Cap, mais le truc pourrait sortir dès juin juillet en VF sans problème une fois les nouveaux statut quos en place.

  2. salut,

    de la fantasy pour sortir des clichés de la fantasy :

    – Gagner la guerre de Jaworski. Si tu n’as pas déja lu, fonce je suis sur que tu va adorer (tout le monde adore)

    – Le 7eme fils Chronique d’Alvin le faiseur de Orson Scott Card

    – Les neufs prince d’ambres de Zelazny

    – Perdito Street Station de China Mieville

    – Le dragon griaule de Lucius Shepard

    – tout les bouquins de Guy Gabriel kay

    – Cycle de Lyonese de Jack Vance

    – Intégrale Terre mourante Jack Vance (ca devrait te plaire)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.