Tops et Flops de la semaine

TOPS DE LA SEMAINE

3 – Lazarus 17, de Greg Rucka et Michael Lark. Et bien on ne pourra pas reprocher à Greg Rucka de ne pas avoir bien conçu sa série, alors qu’il ramène dans cet épisode pas mal de de sous intrigues et personnages secondaires qu’il avait posé auparavant dans la série de manière presque innocente…

LAZARUS #17

Des personnages que l’on pensait secondaires prennent une importance clé alors que dans le même temps les tensions au sein de la famille Carlyle menacent de la déchirer. Privé de son chef historique, elle est en train de perdre la guerre qui l’oppose aux autres familles,  alors que dans le même temps Forerer essaye d’assimiler les informations concernant sa soeur…

La guerre est cependant bien au centre de cet épisode, alors que le clan de de l’héroïne semble bien être en passe de la perdre complètement et qu’ils doivent se lancer dans une mission de la dernière chance !…Malgré ce contexte, Rucka sait comment garder son attention sur ses personnages et leur évolution.

Le tout dans un équilibre subtil parfaitement mené qui fait que l’on dévore les pages !

Note :   9/10

2 – THORS 1, de Jason Aaron et Chris Sprouse. De manière assez étrange, les comics ont un mal de chien à représenter des histoires dans le genre polar…Seuls quelques auteurs y sont parvenus ces dernières années …et encore, leurs projets ne sont  ressortis que parce que le genre est sous exploité dans les comics.

THORS #1

Je pense que c’est en grande partie dû à la présence énorme de cop-show à la TV américaine.  Après tout, pourquoi suivre un comics pendant 5 ou 6 mois pour résoudre une seule enquête, alors que l’on peut en trouver racontées et résolues en moins de 45 min sur n’importe quel network.

Alan Moore avait déjà montré que l’on pouvait échapper au problème en faisant ce que la TV était incapable de produire, à savoir un cop show traditionnel mâtiné de super-héros dans une ville où tous le monde a des pouvoirs. C’était Top Ten, une série mineure pour Moore mais qui reste une des mes préférées à ce jour.

Nous avons aussi et bien entendu  Powers de Bendis, qui depuis 15 ans nous régale d’enquêtes bien tordues livrées par un scénariste qui maîtrise les codes de ce genre (un genre dont il  n’aurait jamais dû  sortir …)

Jason Aaron se situe ici plus dans la veine de Top Ten alors qu’il s’intéresse aux Thors de l’univers Secret Wars, chargés de maintenir l’ordre dans tous les domaines et surtout de s’assurer que personne ne franchisse les frontières entre chaque univers.

Ce qui devient assez compliqué quand ils découvrent qu’un tueur se balade dans les différents territoires…pour tuer la version d’une seule et même personne dans chaque domaine. Du point de vue du polar, Aaron maîtrise si bien  les codes du genre que l’on en oublie que l’on suit une histoire de gens qui aiment fracasser les gens avec un marteau magique…

Entre le Thor raciste avec les mutants (qui aime balancer ses commentaires à côté de la Thor Storm…), le chef de brigade irascible, la référence à des informateurs, le bar de flics ou encore le médecin légiste …dans une version batracienne inoubliable, Aaron manie tout cela d’une main de maître tout en rendant hommage à toutes les versions déjantées de son personnage.

Enfin, bravo pour le final de l’épisode, si l’identité de la victime est facile à deviner, Aaron sait achever son épisode sur un rebondissement qui va animer le reste de sa mini.

A se demander pourquoi nous n’avons pas eu cette série plus tôt…

Note :   9/10

1 – Alex + Ada 15, de Sara Vaughn et Jonathan Luna. Tout d’abord, je tiens à nier une rumeur insistante selon laquelle j’aurais chialé comme une gamine de 8 ans en lisant cet épisode. Non c’est un mensonge éhonté que je peux nier avec d’autant plus de force qu’en réalité j’ai chialé comme un gamin de 4 ans qui regarde Bambi pour la première fois …

ALEX + ADA #15

Dire que nous avons là un épisode émotionnel pour ceux qui ont lu le titre depuis le début serait sous-estime la vérité. Comme depuis le début de la série, la relation entre Alex & Ada est au centre de tout…mais les auteurs ne négligent en rien les conséquences du final du dernier numéro.

Au contraire, une grande partie de l’épisode est consacré aux répercussions terribles et marquantes qui en résultent. Je ne révélerais rien à part dire que tous les personnages payent pour les choix qu’ils ont fait et que c’est parfois difficile à encaisser…

Mais heureusement il y a les 10 dernières pages qui viennent d’une part relever notre humeur proche de “purée c’est un monde merde, filez moi une corde, des comprimés, un flingue, un livre de BHL,  n’importe quoi pour en finir” et d’autre part explique le choix de la couverture.

Un choix à priori énigmatique mais en réalité parfaitement bien choisi, particulièrement malin…comme toute cette série. On ne le redira jamais assez, mais voilà un titre peu commun, plein de finesse, incroyablement bien conçu, pensé et réalisé…qui devrait en plus débarquer en VF l’année prochaine ! (en principe).

On ne peut qu’être tristes de laisser ces personnages derrière nous, mais on ne peut qu’être satisfaits de la conclusion qui leur a été offerte…bien que j’aurais aimé quelques centaines de milliers de pages supplémentaires avec eux…

Note pour l’épisode :  9.5/10 –

Note pour l’ensemble de la série : 10/10

LES BONNES SURPRISES DE LA SEMAINE

Note : /10 –

Note : /10

DÉCEPTIONS DE LA SEMAINE

Il est parfois difficile de qualifier un titre de flop car il a tout de même des qualités.. Des titres qui ne sont pas des bides monstrueux mais qui clairement ne sont pas exceptionnels.

OLD MAN LOGAN 2, de Brian Michael Bendis et Andrea Sorrentino. Comme malheureusement je m’y attendais presque, Bendis rate le coche sur ce second numéro. Après un premier épisode de haute volée qui reposait bien les bases, montrait que l’auteur maîtrisait bien cette version du personnage et semblait avoir une direction…il perd celle-ci presque immédiatement.

OLD MAN LOGAN #2

Pour faire simple, Bendis reprend son Logan là où il l’avait laissé alors qu’il franchissait la frontière entre deux domaines…pour tomber sur une Thor très particulière qui garde cette limite. Je ne spoile rien ici, c’était dans les previews.

Ensuite, Logan rencontre un groupe très particulier….sans que l’on comprenne véritablement l’intérêt de la dite rencontre. Par là je veux dire que l’on ne comprend pas bien comment cela s’intègre dans l’histoire qu’il veut raconter à part faire gagner du temps et faire faire un caméo à certaines versions de personnages bien connus…et permettre que Sorrentino s’amuse.

De ce point de vue, assez clairement, le scénario lui sert la soupe, en particulier les dernières pages qui sont un petit festival avec une dernière page visuellement impressionnante. Mais uniquement visuellement…

L’ensemble se lit très vite et on ne retient vraiment que l’aspect graphique qui continue d’en mettre plein les yeux aux lecteurs…

– Note : 7/10 . pas à la hauteur des promesses du numéro 1

FLOPS DE LA SEMAINE

Note : /10 –

Le débat de la semaine

Justice League of America 1, de Bryan Hitch : BIEN OU BOF ?

C’est un peu la question que je me suis posé à la lecture de ce numéro à la taille plus que respectable puisque Hitch a eu le droit de nous présenter un épisode de plus de 40 pages pour ses débuts.

JUSTICE LEAGUE OF AMERICA #1

De fait il a vraiment la place pour poser ses intrigues, ce qui est plus que pas mal d’auteurs arrivent à faire de nos jours. Vraiment. Je veux dire qu’il est vraiment nécessaire que tous les numéros 1 fassent plus de 40 pages, car avec 20 pages ils ont à peine la place de faire quoi que ce soit …

Mais je m’égare…

Comme je l’ai déjà dit dans mon guide VO de la semaine dernière,  mes craintes pour cette nouvelle série Justice League of America étaient et sont toujours multiples. Ce premier épisode devait répondre à l’une d’entre elle : Hitch en tant que scénariste qu’est-ce que ça donne ? Nous avions un exemple récent peu concluant avec Real Heroes, creator owned toujours inachevé lancé par l’auteur en 2014.

Alors étudions cela d’un peu plus prêt.

En termes de maîtrise de personnage tout d’abord. De ce point de vue, Hitch se débrouille assez bien. D’une part en ce qui concerne la caractérisation de chacun. Il ne nous fait pas une Bendiserie en tordant ses personnages pour qu’ils aillent dans le sens de l’histoire qu’il veut raconter. Non. Chacun, de Superman à Wonder Woman en passant même par Cyborg respecte sa caractérisation historique.

En fait on peut même dire que Hitch fait plus appel à leur caractérisation intemporelle, classique, celle inscrite dans l’inconscient collectif, et moins à celle des New 52. C’est ainsi un petit plaisir de retrouver les petits échanges acides entre Lois Lane et Clark, le ton passablement supérieur de Batman (qui donne le sentiment que tous les autres sont des crétins arriérés…) ou encore et toujours cette impression “mais qu’est-ce que Cyborg fait dans la Justice League ?…”.

En termes de développement, Superman est clairement celui qui est le plus mis en avant, même si Hitch essaye de faire en sorte que chacun ait son petit moment, d’Aquaman qui plaide devant l’ONU, de GL et sa splash page…Seule WW semble un peu moins mise en avant …mais je pense que même là Hitch a une petit idée derrière la tête comme l’indique ce qui arrive à ce personnage dans cet épisode.

Donc de ce côté je dirais que c’est assez équilibré entre chacun.

En termes d’intrigues, Hitch propose des nouvelles idées, concepts et personnages qui changent clairement de ce que fait Johns par exemple dans JLA. De ce point de vue, c’est peu être là une chance pour l’auteur de justement se différencier et gagner une légitimité propre.

Même si pour le moment et dans l’ensemble, je ne suis pas passionné par ce qui est proposé.  Car même s’il y a de la nouveauté, ce n’est pas non plus follement original ni particulièrement enthousiasmant . Au fond, Hitch ne dévoile pas encore grand chose. Il aiguise plus nos appétits de manière plus ou moins habile.

De ce point de vue, il faudra sans doute se montrer plus rentre dedans dans les prochains numéros pour réellement susciter l’intérêt. Ce premier numéro a des qualités clairement indéniables, mais il reste encore du boulot à Hitch pour réellement convaincre.

Au delà de ces réserves, je dirais que j’ai pris plaisir à lire ce premier numéro sans être encore complètement “conquis” en tant que lecteur par ce qui était proposé…

Note : 8/10

LIVRES

La voie des Rois – Les archives de Roshar partie 2 de Brandon Sanderson.

Le Livre de poche a donc sorti courant juin la seconde partie du premier tome du long cycle de la Voie des Rois. En effet Sanderson a déjà annoncé une dizaine de tomes pour compléter son récit…et donc sans doute une vingtaine en VF car il semblerait bien que les prochains volumes soient aussi long que le premier (plus de 1200 pages…). Je ne reviendrais pas sur ce choix de couper le premier tome en deux, pratique fréquente pour les éditeurs VF, d’autant plus qu’avec ce que l’on a là, il y a déjà de quoi faire.

VOIE DES ROIS

J’avais abordé le sujet de ce tome 2 dans mon what’s up du Comixity 101 vendredi dernier. J’évoquais notamment le fait que j’avais du reposer le machin et lire autre chose tellement  l’intrigue avait tendance à stagner de manière plus que frustrante…

J’ai bien évidemment repris la lecture depuis, lors du week-end…et achever le machin à grande vitesse car fidèle à son habitude, Sanderson a fait remarquablement redécoller son intrigue dans son dernier quart !

Comme je l’ai expliqué dans la dernière chronique sur la partie 1, le livre suit plusieurs personnages et l’intérêt porté à chacun est variable selon les séquences. En ce qui me concerne j’étais un peu désœuvré de voir l’histoire revenir sur Dalinar et Kaladin…Bien que les deux personnages soient les favoris de la plupart des lecteurs, je dois bien avouer que leurs atermoiements continuels me les avaient aliénés.

L’autre problème avec ces personnages était le caractère peu évolutif de leurs intrigues. En fait en presque 1000 pages leur situation avance très peu. Dalinar lutte contre ses doutes sur l’état de sa santé mentale et sur les choix qu’il doit prendre tandis que Kaladin passe son temps à se reprocher ses échecs continuels à sauver ses hommes….

Et bien je suis heureux de dire que ce dernier quart m’a fait grandement changer d’avis sur ces deux personnages qui enfin commencent réellement à bouger et surtout …se rencontrent !!! car c’est là le gros atout de cette dernière partie, le début ou l’annonce du rassemblement des différents personnages qui dans le prochain tome seront tous sur le fameux site des pleines brisées.

A partir d’un twist particulièrement pervers dans la dernière partie de son récit, Sanderson renoue avec ce que l’on aime chez lui : de l’action bien menée, avec des moments humains forts, des relations qui évoluent (oui un brin de romance comme Sanderson aime en faire avec des personnages féminins comme on aime en lire, bien construits, souvent brillantes et encore plus souvent bien plus en phase avec leurs émotions que nos chers héros masculins…)  des scènes tout simplement épiques qui font que les pages ne se tournent pas assez vite !!! tout d’un coup alors que j’avais du mal à reprendre la lecture quelques heures plus tôt, je ne pouvais tout simplement plus reposer le bouquin !!!

Et c’est encore sans compter sur les révélations et les découvertes par chacun des personnages !!! entre les capacités de Kaladin ou Shallan, les visions de Dolinar qui trouvent une explication, la vraie identité de celui qui envoie Szeth assassiner tous les hauts princes ou encore l’histoire des Néantifères !!!…on passe 200 pages à s’en prendre plein le ciboulot et à hurler un cri de douleur arrivé à la dernière page.

Le tome suivant n’est pas encore annoncé en VF (bien qu’il soit sorti en VO et que Sanderson en vraie machine soit bien avancé sur le tome 3 tout en ayant sorti  2-3 autres bouquins entre temps…) mais XXX vivement la suite !!!

Note : 8/10 – j’aurais aimé que Sanderson fasse plus vite, voire coupe certains passages, mais la dernière partie est tellement bien troussée qu’on lui pardonne aisément les longueurs…

ROOK

Pour être tout à fait honnête si j’ai repris la lecture c’est que l’autre livre que je lisais commençait à m’assommer …Après avoir lu un premier livre, le très bon au service surnaturel de sa majesté avalé en l’espace de 2 jours !!!, j’ai enchaîné sur le lecteur de cadavres attiré par les promesses d’un récit de type polar dans le cadre de la Chine Impériale.

LECTEUR DE CADAVRES

Les habitués de cette chronique, se souviendront que c’est cette même appétence qui m’avait poussé à m’envoyer l’intégralité des enquêtes du Juge Ti de Van Gulit l’année dernière. Et croyez moi que je regrette le Juge Ti !!!

Au moment où j’écris ces lignes j’en suis rendu vers la page 500 (sur 750) et je n’ai guère envie de continuer tant le récit a perdu toute crédibilité pour moi. Mon principal problème réside dans le flux continu de merdes sans nom, tragédies, trahisons, souffrances que le personnage subi à chaque XXX de page !!! je ne plaisante même pas !!! chaque page est une suite continue d’horreurs pour le “héros” qui essaye tout de même de faire ce qu’il peut pour s’en sortir tout en étant affligé de manière régulière par le désespoir !

Or à mon sens, si le drame est bien entendu indispensable dans toute histoire, si vous en fourrez un peu trop, voire dans le cas présent en permanence, partout, tout le temps, au point que cela déborde, le récit perd toute crédibilité. Il devient juste impossible de croire qu’une seule personnage puisse subir tout cela et continuer à avancer…au point que cela en devienne presque comique ! A la lecture je me disais que même notre bon vieux Wolverine se serait enfoncé ses propres griffes dans la cervelle plutôt que de continuer !!!

Le drame perd en effet assez vite toute emprise sur le lecteur, puisqu’on sait en permanence qu’en tournant la page, un autre truc bien dégueulasse,  qui vous fait perdre tout espoir en l’humanité qui décidément est bien pourrie jusqu’à la moelle, va lui arriver sans faute aussi régulier qu’un train allemand ou une horloge suisse de l’horreur.

A propos Sam 1978 Articles
Ce fan de Morrison donne ses conseils dans des guides de lectures

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