Mangas à lire pour se détendre !

En ces temps de confinement qui constitue une période relativement anxiogène pour tout le monde, je voulais vous proposer quelque chose pour vous faire penser à autre chose. J’ai alors pensé à un type de lecture qui me fait toujours du bien, les mangas tranches de vie. C’est un genre dans lequel beaucoup de mangakas excellent et c’est d’ailleurs pour cela que c’est même un genre à part entière au Japon. Donc, pas de gros manga de baston, mais quelque chose de plus calme cette fois, qui vous remontera le moral et vous fera vous sentir mieux.

Bien évidemment je sais que les librairies sont fermées (et que nos libraires prennent soin d’eux, nous en avons besoin !!!), mais si vous pouvez mettre la main dessus d’une manière ou d’une autre, allez y ! 

Et je n’oublie pas le débat comics que j’ai lancé, je le poursuis lundi…Demain, si j’ai le temps,  on devrait parler animé !

LE MAITRE DES LIVRES 

Auteur :  Shinohara Umiharu

Editeur : Komikku 

Nombre de volumes : 15 ( série terminée en VF)

Sollicitation : Mikoshiba est un jeune homme qui aspire à une vie simple et saine. Bibliothécaire de métier, il travaille dans une librairie spécialisée dans la littérature pour enfants. Au fil des chapitres, Toshokan no Aruji suit le quotidien de Mikoshiba et les relations qu’il entretient avec ses divers clients.

Avis : on commence par une série dont j’ai déjà parlé par le passé, dans des tops et flops et des what’s up, mais qui continue d’être une de mes séries préférées. Le maître des livres narre la petite vie d’une bibliothèque dirigée par un bibliothécaire particulièrement doué…sauf pour le contact humain. 

Ses connaissances dans un peu tous les genres, mais surtout la littérature enfantine, sont encyclopédiques et bien évidemment les livres qu’il conseille vont aider les personnages, clients, enfants qui viennent emprunter des bouquins à résoudre leurs problèmes. 

C’est assez simple comme principe, avec comme fil rouge le passé du bibliothécaire en question, ses relations difficiles avec sa propre famille, et son incapacité à vraiment avancer dans sa propre vie. 

C’est un bouquin qui parlera à tous les amoureux de bibliothèque et de librairie et des livres en général. Je précise que si la littérature pour enfants est au centre du manga, l’auteur et son personnage insistent régulièrement sur le fait que ce type de livres contient souvent des messages et thèmes très adultes et qu’ils sont donc pour tous les âges. 

Cela permet aussi de découvrir ou redécouvrir des œuvres, car nous voyageons dans la littérature pour enfants mondiale et nombre d’oeuvres japonaises, qui nous sont inconnues en occident, sont présentées. 

Dans le même genre : libraire jusqu’à l’os qui vient de débuter chez soleil et qui narre la vie quotidienne d’une libraire. C’est bien déjanté et ne compte que 4 volumes. Le titre a été adapté en anime et je vous le recommande si vous voulez le découvrir !

FAMILY COMPO

Auteur : Tsukasa Hojo 

Editeur : Panini Manga 

Nombre de volumes : 14 pour l’édition originale – 12 pour la dernière version  ( série terminée en VF)

Sollicitation : Après le décès de sa mère alors qu’il n’avait que six ans, Masahiko perd son père lors d’un accident. Le jeune étudiant se retrouve donc orphelin et sans ressources. Sa tante Yukari Wakanae lui propose de venir vivre avec elle, son mari et sa fille. D’abord réticent (il ne l’avait encore jamais rencontrée), il accepte finalement son invitation et emménage dans sa nouvelle famille. Il ne tarde pas à découvrir qu’il ne vit absolument pas dans une famille traditionnelle, bien loin de là ! Sa tante est en fait un homme et son oncle est une femme ! Sa cousine serait-elle son cousin en réalité ?

Avis : voilà une autre série dont vous nous entendez parler de manière régulière et pas seulement par mon entremise ! en effet, Steve est également un gros fan et…comme le titre vient d’être réédité par Panini (avec des offres promotionnelles à venir si je ne me trompe pas) c’est pile le moment pour  embarquer ! si Hojo est plus connu pour ses oeuvres plus tournées vers un mix action / comédie comme Cat’s eye et City Hunter, il s’est essayé régulièrement, dans des séries plus courtes (comme le très bon sous un rayon de soleil) au récit tranche de vie. 

Et avec Family compo, il a su partir d’un pitch casse gueule pour au final développer quelque chose de réellement prenant, alors que l’on découvre la vie de Masahiko et de la famille dans laquelle il va vivre. Une famille très particulière, où père et mère ont échangés leur rôle de mari / femme.. et où leur enfant est d’un genre..qui reste à définir il/elle même s’interrogeant beaucoup sur cette question. 

À la base, je ne vous cache pas que j’ai commencé à lire la série à l’époque de sa première édition, soit il y a presque 20 ans (oui, je sais, je suis vieux !!!) pour Hojo et uniquement Hojo…mais je suis resté pour les personnages car on s’attache très vite à cette petite bande très particulière. Hojo nous propose un récit tranche de vie dans le plus pur sens du terme, on suit ces personnages au quotidien et leurs petites aventures. 

Rien de spectaculaire, mais juste des petits moments qui touchent au coeur. Et c’est justement un crève coeur de laisser ces personnages à la fin de la série, si bien que suite à sa conclusion, l’auteur a reçu de nombreuses plaintes lui demandant de continuer l’histoire encore un peu et Hojo de répondre. que c’était le propre des récits tranche de vie de pouvoir suivre les personnages presque à l’infini…

C’est aussi une histoire importante dans la carrière de Hojo. Il l’a produite au moment de la naissance de sa propre enfant et c’est à ce moment que l’on voit son oeuvre mettre plus en avant le thème de la famille qui va devenir aussi important pour lui par la suite, notamment dans Angel Heart. 

BARAKAMON 

Auteur : Yoshino Satsuki

Editeur : Ki-oon 

Nombre de volumes : 18 ( série terminée en VF)

Sollicitation : Seishu Handa est un maître de la calligraphie japonaise. Collectionnant les prix et la reconnaissance éternelle de ses semblables, il semble avoir tout pour lui : beauté, jeunesse, talent… À un détail près, il est d’une arrogance sans faille. Lorsqu’un conservateur de musée critique son art, il n’hésite pas à l’assommer, mettant ainsi sa propre carrière en danger… Seishu est alors envoyé sur une petite île japonaise afin d’expier son crime.

Là, au beau milieu de la campagne nippone, le jeune Seishu espère être tranquille et enfin pouvoir laisser parler sa créativité. Mais il est bien loin du compte… Qui a dit que la campagne était un lieu reposant ?

Avis : ou sans aucun doute l’un des meilleurs mangas de comédie de ces dernières années, qui malheureusement est passé un peu sous le radar de la plupart des lecteurs mais qui globalement est resté un coup de coeur pratiquement jusqu’au bout en ce qui me concerne. Ma seule déception est sans doute que certains points d’intrigue restent non résolus à la fin, et que la fin soit un tantinet anti-climatique…mais étant donné que le reste du bouquin est excellent, cela restera un de mes mangas préférés chez Ki-oon, qui sort pourtant certains des meilleurs bouquin du marché !

Au centre du jeu, les personnages de Handa, calligraphiste qui se cherche un peu après avoir pété les plombs et la petite Naru, enfant de 7 ans sur l’île où le jeune homme est parti se réfugier et faire profil bas. Commence alors une nouvelle vie pour le jeune héros qui va découvrir l’île, ses habitants et au travers de sa relation (qui devient très vite paternelle) avec Naru, infléchir la direction qu’il veut donner à sa vie. 

Chaque tome est une bouffée d’air frais, d’humour, de petits moments hilarants, alors que les habitants de l’île et les quelques ados du coin commencent à prendre pour habitude d’aller squatter chez lui…mais l’auteur ne néglige pas non plus le développement de son personnage, qu’il va progressivement faire mûrir. Bref, Barakamon est tout simplement excellent et à recommander dans la période actuelle !

À noter que si la série est terminée, Ki-oon publiera bientôt (quand la période actuelle sera terminée puisque le tome en question était prévu pour le 18 mars…) un tome bonus …ainsi qu’en 2021 la nouvelle série de l’auteur !!!

Dans le même genre : je dirais Yotsuba – je ne suis pas à jour sur le titre, mais il y a quelques similarités dans le ton. 

MA VIE DANS LES BOIS

Auteur : Morimura Shin

Editeur : Akata 

Nombre de volumes : 10  – (8 tomes en VF )

Sollicitation : Cela fait bientôt trente ans que Shin Morimura est auteur de mangas. S’approchant de la cinquantaine, et tandis qu’il vient de mettre un point final à sa dernière série fleuve, son éditeur lui demande de trouver une nouvelle idée originale pour son prochain titre. D’abord en manque d’inspiration, le dessinateur va finalement se lancer dans un projet « un peu » fou : partir vivre dans la montagne, sans eau courante ni électricité, et raconter son nouveau quotidien en manga ! Sa femme le suivra volontiers, malgré quelques appréhensions… De la construction de leur maison passive en bois jusqu’au difficile apprentissage de l’autonomie alimentaire, suivez l’incroyable vie de ce couple plus tout à fait comme les autres !

Avis : autre petite série dont j’entends peu parler et qui n’a pas rencontré beaucoup de lecteurs, ma vie dans les bois est pourtant le bouquin qu’il vous faut pour vous remonter le moral. Après 30 ans à vivre à Tokyo, l’auteur, mangaka de son état, décide sur un coup de tête, d’aller vivre avec sa femme au milieu de nulle part…et presque en autarcie complète…alors qu’il n’y connaît rien en méthodes de construction et de survie de base !

Le bouquin est une véritable ode à la débrouillardise complète, alors que l’auteur nous présente comment peu à peu, il a appris les ficelles…comment il a appris à construire …sa maison avec une grande partie de matériaux trouvés sur place, à cultiver la montagne, à vivre au fil des saisons. Si les parties sur la pêche m’ennuient un peu, tous les moments passés à apprendre comment construire quelque chose ont tendance à me passionner ! 

C’est une série courte qui montre bien toutes les épreuves à traverser pour réussir un tel défi, l’auteur n’étant pas vraiment dans la ligne “la nature va tout nous donner”…non, faut se casser le cul ! mais tout est fait avec une telle bonne humeur que l’on est emporté par son enthousiasme. D’autant plus que le manga présente les photos réelles de ses réalisations ! ce n’est donc pas une invention !

SILVER SPOON

Auteur : Hiromu Arakawa 

Editeur : Kurokawa

Nombre de volumes : 15 (14 en VF – le tome 15 qui est le dernier est sorti il y a quelques semaines au japon)

Sollicitation : Yugo Hachiken est un collégien qui vient du prestigieux établissement de New Sapporo. Il est ce qu’on appelle un génie quand on en vient aux mathématiques et aux autres matières cérébrales. Lorsqu’il arrive au lycée d’agronomie de Dai-Ezo, situé sur l’île d’Hokkaidô, il croit que sa vie sera facile : avec tous ces fils de fermiers incapables d’aligner deux équations, devenir premier de la classe sera du gâteau ! Mais c’était sans compter les cours d’élevage, de sciences de la nutrition, de gestion agricole et les clubs de sport épuisants… Comment va-t-il faire pour survivre dans cet enfer ?! Mais surtout, pourquoi est-il entré dans ce lycée qui semble ne pas du tout correspondre à son profil scolaire… ?

Avis : ahhh, autre titre dont j’ai parlé par le passé mais qui est parfait pour la période actuelle ! après le manga d’aventure dans Full Metal alchemist (qui ressort dans une version deluxe en ce moment !!), Arakawa s’attaquait il y a quelques années au récit tranche de vie en balançant Yugo, un rat des villes pur jus au fin fond de la campagne dans un lycée agricole pour fuir une vie qui lui est devenu insupportable. Il va là découvrir un monde qui lui est inconnu…

Et s’il va se rendre compte que la vie n’est pas rose non plus à la campagne…il va aussi rencontrer des gens qui vont changer sa manière de voir la vie et vont lui faire reconsidérer pas mal de choses. S’il y a par moment des passages un peu plus adulte, alors qu’Arakawa parle des difficultés de la vie d’agriculteur, il y aussi énormément d’humour en grande partie venant du décalage produit par la présence de Yogo dans un univers qui au départ est très éloigné de ses repères habituels. 

C’est vraiment une perle d’humour et de développement de personnage et je vous recommande beaucoup plus le manga que l’anime (que vous pouvez tout de même trouver sur le net facilement si vous voulez tester) car je trouve que le bouquin gère bien mieux les effets comiques. Dans l’ensemble un très bon manga pour retrouver la patate !

Dans le même genre : Nobles paysans…de la même autrice ! qui est un peu un récit autobiographique de sa vie chez avant de devenir une mangaka, quand elle vivait avec ses parents et participait aux travaux de la ferme familiale. C’est toujours fait avec beaucoup d’humour et de tendresse, notamment pour ses parents, et on comprend bien à la lecture de ce titre qu’elle s’est beaucoup inspirée de sa propre vie pour écrire Silver spoon. 

MITSURU ADACHI 

Avis :  et on finit avec le maître du genre tranche de vie, un monsieur en activité depuis plus de 40 ans et dont j’adore le travail. Je parle de l’artiste directement, ses séries étant très nombreuses mais aussi car trouver ses travaux à l’heure actuelle en VF est devenu assez difficile. 

Bien que toutes ses oeuvres majeures aient été publiées en France, elles sont devenues assez difficiles à trouver de nos jours, en raison de réimpressions assez rares, voire tout simplement arrêtées. Je pense notamment à Touch chez Glénat, H2 et Cross Game chez Tonkam, ou encore Katsu chez Pika. Sa dernière série Mix est encore en cours de publication par Tonkam mais à un rythme très lent, d’un tome par an, preuve de faibles ventes…et je suis toujours religieusement chaque sortie. 

À ce stade, je pense avoir tout ce qui a été publié de cet auteur en VF, soit plus d’une centaine de volumes…et j’en veux encore ! certains de ses titres sont encore inédits, comme Slow Step, Miyuki, ou l’un de ses premiers succès comme Nine. Il faut dire que le monsieur a été incroyablement productif toute sa vie. Le grand public un peu âgé le connaît surtout pour un titre, Théo et la batte de la victoire (Touch en VF). Mais mon oeuvre préférée de sa part restera sans doute H2, son titre le plus long où il a pu développer les personnages et leurs relations de manière bien plus approfondie. 

Adachi dispose d’un style assez particulier, qui joue beaucoup sur les effets de mise en scène, le monsieur maîtrisant le découpage à la perfection et ses oeuvres se situent la plupart du temps toujours à la même période : l’adolescence au lycée, avec des thèmes récurrents : romance, sur fond de sport avec un décès qui pèsent sur les personnages principaux et leurs relations.

 

Cela a l’air sérieux, je sais, sauf que l’essentiel de ses mangas se situent plutôt dans la veine comique (de situation et jeux de mots), avec un chouia très léger de fan service.  Et malgré ton souvent très léger, il y a des passages…notamment dans Touch et H2 qui me font chialer comme un bébé à chaque fois que je les relis. Je sais que ça va arriver mais je craque à chaque fois !

C’est une formule un peu magique qu’il a trouvé et alors que l’on a l’impression qu’il écrit toujours la même histoire…il apporte suffisamment de variations pour que l’on en demande encore et encore. Et c’est parfait pour la période actuelle. Croyez moi, on se retrouve à s’attacher à tous les personnages au point de plus vouloir les quitter. 

Adachi est un de mes mangakas préférés et j’espère que l’on pourra continuer de le découvrir en VF encore longtemps.

A propos Sam 1955 Articles
Ce fan de Morrison donne ses conseils dans des guides de lectures

5 Comments

  1. Hello !

    Merci pour tous ces articles qui vont bien nous occuper quelque semaines…

    Family Compo est très sympa même si j’ai trouvé cela répétitif sur la longueur et que l’humour n’a pas toujours fonctionné sur moi. Néanmoins, comme tu le dis, on s’attache aux personnages. Et niveau dessins, c’est superbe !

    Barakamon était sympa mais je n’ai pas poursuivi au-delà du 6 je crois, trop de lectures et puis perdu le fil.
    Yotsuba, par contre, je n’ai pas accroché du tout.

    Dans le genre qui détend, par son côté décalé, il y a la Cantine de Minuit aussi et dont tu as déjà parlé en podcast. Ce n’est pas un manga humoristique à proprement parler mais il y a de sacrés bons moments.

    • Oui, et cantine de minuit s’inscrit vraiment bien dans la veine tranche de vie, puisque l’on suit le quotidien d’une petite buvette du quartier chaud de Tokyo.
      J’en suis au volume 3, je sais que le volume 7 était prévu ce mois-ci. Je reprendrai quand les librairies rouvriront.

  2. Merci beaucoup Sam ! Pour ma part c’est Yotsuba qui me remplit de joie comme aucune oeuvre ne le fait alors que je suis passé à côté de Barakamon. Sinon excellent guide, très atypique et des oeuvres de qualité qui méritaient un éclairage ! Etant souvent de ton avis, je fais mes petites fiches d’achat pour plus tard. Hier j’ai lu fleurs de l’ombre de Kamimura et Project Tsugumi de chez KiOon : tous 2 excellents ! Bon courage à toute la communauté

    • Pour Yotsuba, j’en suis resté au vol 2 de mon côté, j’avais commencé la lecture mais j’avais fait l’erreur de lire ce second volume assez tard le soir alors que j’étais très fatigué et en le refermant je me suis rendu compte que je n’avais rien retenu, mon cerveau étant parti en vacances ou plutôt ayant déjà pris le chemin du pays des rêves, du coup je n’ai pas encore vraiment d’avis dessus.

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