Unspoken VO : Uncanny X-Men 1

Crédits :

Scénario : Kieron Gillen

Dessin : Carlos Pacheco

Couverture : Carlos Pacheco

Éditeur : Marvel Comics

Avis : il y a quelques semaines s’achevait le premier volume de Uncanny X-Men sur une note assez décevante au vu du palmarès du titre qui a dominé outrageusement les ventes de comics pendant 20 ans, avant de connaître un lent déclin tout au long de la dernière décennie. La semaine dernière, Jason Aaron débutait son run sur Wolverine and the X-Men en nous donnant une magistrale claque, avec un premier épisode tout simplement excellent, loin de son fumeux Schism.

La pression qui pesait sur Kieron Gillen était donc double, d’un côté il devait faire honneur à un titre et une franchise, et de l’autre être au moins à la hauteur de son compère sur ce qui est désormais la série rivale. Malheureusement, comme sur Uncanny 544, le scénario pêche par un manque de substance flagrant.

Scénario : le scénario cherche avant tout à replacer la situation des X-Men après Schism, qui fait quoi et pourquoi. La mission que Scott et de  sa nouvelle équipe de la mort qui tue est simple : sauver la race mutante, tout en remplissant la mission traditionnelle des X-Men d’acceptation par les humains. Mais en attendant autant leur foutre un peu la trouille avec une équipe en grande partie composée d’anciens vilains.

D’ailleurs Storm, dans une scène assez comique, signale cette situation ubuesque en demandant qui n’a pas à un moment été considéré comme un vilain… Dans ces pages de présentation les personnages sont bien replacés, on en profite aussi pour faire un peu de pubs pour les autres titres liés au camp de Cyclope, ça fait jamais de mal.

L’équipe de Cyclope, très poétiquement dénommé Extinction Team (nom qui j’en suis sûr va aider à se faire accepter par la population), glande pendant toute la première partie de l’épisode, car le fait est que quand vous avez des poids lourds comme Namor, Magneto et le Juggernaut (Colossus) de votre côté, il faut vraiment une menace de premier plan pour vous mobiliser.

Donc à un moment il faut bien qu’un gros truc se passe pour que ces messieurs dames se bougent un peu et qu’il se passe quelque chose, ben oui quand même. Donc cette fois c’est Sinister qui prend le contrôle du Celeste qui a élu domicile à San Francisco. Décidemment il faudrait vraiment le surveiller ce gros machin, souvenez vous que Matt Fraction avait commencé son run sur le titre, avec le 500, par une attaque de Magneto qui n’avait que pour but de prendre une partie de l’énergie du Celeste.

Débute alors une vraie grosse baston, avec des scènes franchement spectaculaires, dans lesquelles Sinister a remodelé la tête du Celeste à son image, ne me demandez pas comment ce n’est pas expliqué, et fait péter des trucs tout partout… Certains des trucs cassés en question étant des X-Men…Le tout se finit sur … comment dire …un truc que j’ai pas compris, mais alors pas compris du tout.

Ce qui m’amuse assez, car il y a quelques jours je lisais un article sur le blog de Jim Shooter qui dissertait sur l’art de construire des épisodes de comics-books, avec :

– la présentation des personnages

– de la situation

– et très vite du problème qui se présente, et de comment le résoudre. Il expliquait que lorsque l’on avait un arc en plusieurs parties, il fallait savoir finir sur un cliffanguer de fin qui scotchait le lecteur à son siège pour lui donner envie de revenir le mois suivant. La difficulté avec les longs ars étant bien entendu de finir sur un cliffanguer pour chaque partie.

Là je me suis dit, à quand remonte la dernière fois où j’ai lu un cliffanguer de fin qui m’a vraiment impressionné. Je suis sûr que vous vous posez la même question en ce moment. Il est intéressant de constater que ce sont les séries dont l’auteur à une écriture un peu old school comme Cristos Gage, qui arrive à de vraies bonnes fins ou de vrais bon cliffanguer. Alors que les auteurs au style dit plus moderne, nous laissent sur des fins « mouais ». En fait des fins que l’on aurait pu caser au milieu de l’épisode sans que cela n’affecte en rien l’histoire.

Et bien la fin de cet épisode est entre les deux, c’est à dire que  je me dis qu’il aurait pu coller cette scène ailleurs dans l’épisode, avec une explication ça aurait été encore mieux, et dans le même temps elle est intriguante justement parce qu’il y a pas d’explication et qu’on a envie de comprendre.

Dans l’ensemble le scénario n’est pas exceptionnel, on retrouve ici les grandes forces et les faiblesses de Gillen. C’est à dire qu’il maîtrise bien les personnages, certains ont d’ailleurs de très bonnes répliques. Mais les histoires, sur le fond,  ne sont pas passionnantes et ne renouvellent rien. Il est triste de voir que pour un 1er épisode, le scénariste n’apporte rien, et ne fait que recycler des choses déjà existantes, et parfois sans explication, comme un Sinister qui revient de l’au delà comme ça, alors qu’il est censé être mort depuis un moment.

Donc ce n’est pas mauvais, mais ce n’est clairement, et encore une fois, pas à la hauteur. Mais en même temps, je vous rassure quand même un peu, cela reste meilleur que bien des périodes de la série, … hein Joe Casey ? hein Chuck Austen ? hein Matt Fraction ?

Dessin : alors là par contre, c’est une véritable claque que je me suis pris sur la partie graphique. Pacheco avait déjà fait un petit retour sur le titre à l’occasion de l’épisode 534.1, mais n’avait pas rendu une très bonne copie. Manifestement il a fini les errements graphiques entamés avec son run sur Ultimates aux côtés de Mark Millar, car il s’est complètement lâché sur cet épisode, où il rend parfaitement le côté titanesque du combat, et les répercussions pour certains personnages.

Couverture : classique mais bonne.

Note : 7/10 –  Le scénario est le gros défaut de cet épisode, qui souffre du grand maux des X-men : un manque patent d’idées et de renouvellement. Alors qu’au sortir de Schism j’étais du côté de Scott, et pas qu’un peu, cet épisode fait que pour le moment je préfère largement la série Wolverine and the X-Men.

A propos Sam 1996 Articles
Ce fan de Morrison donne ses conseils dans des guides de lectures

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